09.03.2007

présidentielle - 44 - résumé du jour

Des hommes et des femmes‎

‎- Jacques Chirac nomme « à tout va » avant la fin de son quinquennat. Pas moins de 18 ‎nominations en conseil des ministres ce mercredi. Parmi les plus importantes A. de Romanet ‎‎(ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée ‘2005-2006’, et directeur des cabinets de A. ‎Lambert, J.-L. Borloo et directeur-adjoint du cabinet de J.-P. Raffarin ‘2004-2006’) à la tête ‎de la Caisse des dépôts et consignations. Il est présenté par le ministre de Finances comme un ‎‎« très bon financier », « un excellent connaisseur de la chose publique ». Encore heureux pour ‎diriger cette institution ! Il est vrai que sa nomination sera moins conflictuelle qu’une autre ‎plus « chiraquiste » dont il avait un temps été question. Mais A. de Romanet n’en reste pas ‎moins un homme politiquement marqué comme son parcours l’indique, nommé à la tête d’une ‎des principale institutions financière du pays. Certes médiatiquement il n’est pas aussi connu ‎et donc l’opinion ne se formalisera pas. Il s’agit en tous les cas moins de recaser un « ami » ‎avant le naufrage annoncé de la « Chiraquie » que dans le cas des autres nominations : A. ‎Lhéritier, chef de cabinet du Président depuis 1995, à la présidence du conseil ‎d'administration de l'Office national des forêts (ONF) ; S. Lepeltier, ancien ministre, au ‎conseil général de la Banque de France. A quoi s’ajoute sept nominations de préfets et trois ‎d'ambassadeurs.‎

‎- L’opération parrainage suscite toujours les mêmes critiques. M. Miguet en garde à vue dans ‎les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), est ‎suspecté de « détournement de parrainages ». L'adresse mentionnée sur ces envois était "RF ‎République Française - Opération parrainage 63 rue de Courcelles 75008 Paris" et non celle ‎du Conseil constitutionnel. Il a été mis en examen des chefs de « tentative de détournement ‎d'acte ou de titre remis en raison de ses fonction à une personne dépositaire de l'autorité publique » et ‎‎« fabrication, vente, distribution d'imprimés officiels de nature à causer une méprise dans l'esprit du ‎public ».‎
J.-M. LePen cherche toujours « 88 ou 90 parrainages ». O. Besancenot proteste contre les ‎pressions qu’exerce le parti socialiste sur les élus (socialistes mais aussi à ceux qui reçoivent ‎des subventions de la part d’élu socialistes) pouvant accorder leur signature. Le candidat de la ‎LCR dit avoir des preuves et ne plus obtenir aucune signature alors qu’il lui en manque ‎encore quelques unes. N.S. va devoir encore appeler à signer pour O.B ? Bref, ni pour l’un ni ‎pour l’autre l'intervention de N. Sarkozy ne semble avoir eu un effet alors qu’elle suscite les ‎critiques de P. De Villiers comme celles de C. Lepage. F. Nihous s'est montré lui aussi très ‎critique vis-à-vis de cette initiative tout en s'estimant sûr d'être candidat.‎

‎- Les prélèvements obligatoires ont augmentés de 1,3 % sous le quinquennat de J. Chirac et de ‎‎0,4 en 2006. Selon M. Sapin, « Le bilan de la majorité UMP, et donc de son candidat, est en ‎totale contradiction avec ses projets passés et à venir ». Quant à D. Migaud, il indique que ‎‎« les baisses d'impôts sont un véritable mensonge d'Etat. Un tel décalage entre les promesses ‎et la réalité doit inciter les Français à la plus grande méfiance » ‎

‎- L’Europe revient encore au centre du débat alors que l’on voit mal comment ce sujet peut ne ‎pas faire perdre des voix aux différents candidats. Deux partisans d’un nouveau référendum ‎sur un traité plus social (S.R) ou plus clair (F.B.) ; un partisan d’une autorisation ‎parlementaire sur un mini traité institutionnel. F.B. indique qu’il ne serait pas politiquement ‎correct de passer par la voix parlementaire : seul le peuple peut défaire ce que le peuple a fait.‎

‎- Les jeunes de 18 à 29 ans éliraient S.R. de peu (51% contre 49%) devant N.S. au second tour ‎de la présidentielle, selon un sondage Opinion way. N.S. est lui en tête chez les 18-24 ans ‎avec 32% contre 30% à S.R., selon un sondage Ipsos. Au second tour, N.S. l'emporterait avec ‎‎54% contre 46% à S.R.. A chacun ses jeunes.‎

‎- Le suspens est à son comble : on annonce que J. Chirac s’adressera aux français dimanche. Il ‎semblerait qu’il prenne à cette occasion position sur sa non candidature à sa propre ‎succession, non candidature qui ne fait plus de doute. Voilà donc bien une mise en scène du ‎dernier acte du quinquennat. La seule inconnue est de savoir si c’est dimanche qu’il ‎annoncera qu’il soutient N.S. ou s’il laissera le suspens encore planer un moment.‎

‎- N.S. s'est prononcé pour une révision du « modèle d'armée 2015 » bâti à partir de ‎conclusions datant de … 1994 et qui selon le candidat est financièrement hors d’atteinte. Il a ‎réaffirmé qu’il maintiendrait l'effort de défense de la France à « son niveau actuel, soit de ‎l'ordre de 2% du PIB » comme l’avait fait avant lui S.R. N.S. entend créer auprès du président ‎de la République un « conseil de sécurité nationale » à la place des actuels Conseil de sécurité ‎intérieure et Conseil de défense. Ce nouveau Conseil serait « un lieu d'échange entre ‎responsables gouvernementaux, grands subordonnées et experts et non pas d'une chambre ‎d'enregistrement d'arbitrages préparés par un cercle restreint ». La dissuasion nucléaire restera ‎selon N.S., comme il s’y est engagé auprès de M. Alliot-Marie avant qu’elle ne renonce à sa ‎candidature, « un impératif absolu ». Il a confirmé que la France se doterait d'un second porte-‎avions, dans le cadre d'une coopération industrielle avec la Grande-Bretagne ce qui semble là ‎encore un point de convergence avec S.R..‎
N.S. a assuré que son projet de service civique obligatoire « ne sera pas mis à la charge ‎exclusive, ni même principale, des armées ». MAM est intervenue en disant : "Je tiens à t'en ‎remercier et à dire que c'est sur des initiatives comme celle-là que l'on mesure réellement les ‎hommes d'Etat"‎
Mais même sur ces sujets, la campagne devient longue et on retrouve toujours les mêmes ‎formules toute faite. N.S., sur le dossier du second porte-avions, met en doute la ‎‎"cohérence"de S.R. : « Il est quand même curieux de dire aux Français: choisissez soit ‎l'éducation, soit la sécurité. C'est un raisonnement étrange qui doit certainement correspondre ‎à une logique, peut-être même une cohérence, mais je n'ai trouvé ni l'une ni l'autre ». et ‎d’ajouter : « Je veux dire aux Français qu'ils ont le droit et à la sécurité et à l'éducation ». ‎Phrase déjà prononcée il y a quelques semaines.‎

‎- L’arme anti Bayrou est sortie : S. Veil, ex membre du Conseil constitutionnel et donc ‎jusqu’alors tenue à un devoir de réserve (mais on le sait favorable au « oui » au référendum de ‎‎2005, au point de se mettre en « congès » de Conseil pour pouvoir faire campagne pour le ‎traité établissant une Constitution pour l’Europe). Elle devrait montrer en quoi l’idée de ‎référendum de F.B. est mauvaise ! S.R. propose aussi un référendum mais n’a pas droit au ‎foudres de S.V. Mais on sait aussi que S.V. est typiquement une représentante du centre. Elle ‎fut la ministre de la santé de V.G.E. et réussit à faire voter une loi sur l’interruption volontaire ‎de grossesse. Son arrivée près de N.S. montre encore que certains centristes rallient le ‎candidat UMP et devrait conduire, selon les espoirs de N.S., à « dégonfler » le candidat ‎centriste. C’est d’autant plus nécessaire que F.B. continue de rester haut dans les sondages. ‎Deux sondages (voir le billet précédent) le donnent même au coude à coude avec les deux champions de tête. Les trois ‎candidats seraient dans un mouchoir de poche (BVA : FB 21 ; S.R. 24 ; N.S. 29. CSA : F.B. ‎‎24 ; S.R. 25 et N.S. 26 % des intentions de vote). Mais même si ces chiffres sont les premiers ‎qui donnent ainsi, non plus deux duos séparés par environ 7 points, mais un trio séparé de 7 ‎points du candidat FN, il faut remarquer que plusieurs sondages de suite montre que F.B. ‎arrive dans la zone des 20 % ce qui est de toute façon une situation inquiétante pour les deux ‎autre candidats si elle se confirme sur le long terme. De même l’écart entre les trois candidats ‎se réduit notablement. Il était de environ 15 points entre S.R. et F.B. il y a un mois et est ‎actuellement inférieur à 5 points ; il était de 20 points entre N.S. et F.B. il est maintenant ‎inférieur à 10 points). Il faut donc une réaction de la part des deux candidats encore en tête ‎pour l’instant.‎
N.S. c’est donc tourné vers une femme (journée de la femme oblige, au moins au plan du ‎timing ?) populaire et du centre, pour lancer une offensive plus forte encore que celle de ‎Santini, contre F.B. Là encore, le message passera-t-il et ne sera-t-il pas contre productif ? S. ‎Veil, malgré toute l’estime que l’on peut avoir pour elle et le fait qu’elle est la personnalité la ‎plus populaire chez les français, n’a peut-être plus l’aura d’antan et peut en effrayer plus d’un ‎qui aurait voté « non » au référendum de 2005. On dira que ces « nonistes » n’iront pas chez ‎F.B. certes mais peuvent-ils rester chez N.S. qui ne fera pas de référendum sur la question ‎européenne et qui donc les empêchera de donner leur point de vue. L’idée de nommer S.V. ‎lors de la journée de la femme avait au départ une signification féministe. Elle a maintenant ‎une autre signification : Ce n’est plus la « femme » qui est mise en scène mais l’ancienne ‎UDF car il faut faire baisser F.B. par tous les moyens et donc tirer à boulets rouges sur lui. ‎S.V. a d’ailleurs immédiatement commencé en disant que F.B. « ne représente pas du tout le centre. ‎‎… Il ne représente que lui-même. Regardez les gens qui sont avec lui, ce ne sont pas du tout des ‎gens qui étaient à l’UDF autrefois ». Le terme « autrefois » n’est guère heureux ; c’est vrai qu’il ‎y a longtemps que S.V. n’est plus à l’UDF. Là encore, est-ce la bonne stratégie ? Il faudra ‎bien au second tour rallier certains centristes en même temps que des électeurs « frontistes » ; ‎l’écart risque d’être d’autant plus grand que les critiques auront été fortes à l’encontre de F.B. ‎Elle est en tous les cas radicalement différente de celle du PS.‎
S.R. également s’inquiète même si, officiellement, on estime que F.B. se dégonflera tout seul. ‎Le principe c’est de dire qu’il est de droite et restera de droite (« On sait qui il est »). La ‎négation du « centre », la négation de la représentation du changement que F.B. pourrait ‎représenter (« Le changement que certains prétendent incarner ») et de son caractère ‎‎« antisystème » est l’autre aspect de la contre offensive. Il faut « dégonfler l’illusion » selon ‎les termes du PS. L’indécision de l’électorat de F.B. est également mis en avant (« un électeur ‎de F.B. sur deux est encore indécis »). Enfin l’idée est de dire que les sondages se trompent : ‎J.-M. L Pen serait en fait le 3° homme (« Le Pen est très sous-évalué dans les sondages »), ce ‎qui devrait conduire les sympatisants socialistes au un réflexe de vote utile pour éviter un ‎nouveau « 21 avril ». Bref, on le voit c’est un stratégie ne minimisation du phénomène F.B. et ‎se gardant de toute attaque frontale pour ne pas « victimiser » le candidat centriste. ‎Parallèlement, le PS va faire mieux connaître les propositions et le projet de société de S.R.. ‎Pour « dégonfler » F.B., le PS estime qu’« il faut faire une campagne positive », développer ‎ses idées « sur des points qui semblent aujourd'hui poser question à des gens qui hésitent » ‎avec l'UDF, comme l'éducation ou la laïcité.‎
Or S.R. ne semble pas avoir créé de dynamique dans sa campagne même après ses dernière ‎interventions télévisées. Les sondages montrent des intentions de votes toujours inférieures à ‎celles de N.S. Mais les deux candidats baissent alors que F.B. qui monte régulièrement. C’est ‎cependant S.R. qui est la plus menacée par la montée de F.B. « Il faut absolument que ‎j'explique, que je fasse comprendre aux électeurs -qui commencent à le comprendre- la ‎cohérence des choses, et la vision de la France que je leur propose, les valeurs sur lesquelles ‎je vais m'arc-bouter. Ça n'a pas encore totalement imprégné et c'est ça qui va faire la ‎différence » indique S.R.‎
La journée de la femme est une excellente occasion pour ce faire. S.R. se dit parfaitement ‎sereine et sûr de sa compétence et de sa victoire devant un parterre de femmes tout acquis à sa ‎cause, à la « panthéonisation » d’Olympe de Gouges et la « sororité » qui viendrait compléter ‎la fraternité. Le meeting, en présence d’Y. Roudy qui avait transformé la journée du 8 mars, ‎célébrée par les seules organisations féministes depuis le début du siècle, en journée officielle ‎de la femme en France (mais après qu’elle soit devenue une journée internationale), était ‎présente.‎

‎- Une pouliche de F.B. « Alix road » a gagné une course à Saint-Cloud. Cela n’a aucun intérêt ‎mais le fait que les radios en parle. C’est significatif du fait qu’il faille à tout prix parler de ce ‎candidat qui surprend. Il monte dans les sondage, l’un d’entre eux le crédite de 24 % et il faut ‎donc augmenter la couverture médiatique alors que le candidat a déjà était largement mis au ‎premier plan les deux semaines précédentes. Cette pouliche annonce-t-elle de nouveaux ‎succès ?‎

‎- F.B. détonne incontestablement dans le paysage politique et c’est peut-être ce qui plait. A-t-‎il une campagne de retard ou une campagne d’avance ? A côté de meetings bien rodés de N.S. ‎ou s’assènent les certitudes du candidat UMP qui, comme on l’a vu hier, utilise un style ‎développant encore son ego ; à côté des réunions participatives et des meeting où S.R. lit un ‎discours programmatique sans l’élan des orateurs politiques mais avec la volonté de ‎convaincre, il y a le style Bayrou, hésitant mais ferme et combatif. A coté des sites Internet ‎clinquants des deux candidats encore premiers dans les sondages, il y a le site classique et ‎sobre d’un candidat qui se découvre lui-même semble-t-il à chaque réunion et qui veut ‎convaincre qu’on peut gouverner sans l’appareil d’un parti. A côté de mécanismes ‎publicitaires que des spécialistes des campagnes développent, il y a un candidat qui publie un ‎livre. La méthode est ancienne, elle était classique il y a 20 ans. En 1995 encore, J. Chirac l’a ‎utilisée et a déclenché avec son ouvrage le fameux « effet pommier » rappelant l’arbre qui ‎symbolisait l’éditeur sur la couverture. Ici F.B. trouve un titre « Projet d’espoir » pour le ‎Président rassembleur et impartial qu’il souhaite être. Et il continue de jouer la partition de la ‎modestie et la proximité. Il développe ses thèmes de campagne et en particulier sa ‎‎« démocratie sociale » qui fait furieusement pensait au « projet de nouvelle société de J. ‎Chaban-Delmas. Et F.B. affirme ce style : « Je ne leur (aux français) ferai aucune promesse ‎que je ne tienne. Je le dis à l'avance : si je suis élu, il n'y aura pas de grand soir. Et pas, le ‎lendemain, de matins qui chanteront tout de suite … Je dirai tous les jours la vérité aux ‎femmes et aux hommes qui forment mon pays … Je ne m'enfermerai pas à l'Elysée, mais j'irai ‎à leur rencontre. Je serai proche, mais non familier. Je n'ai pas l'intention de renoncer à la ‎solennité de la fonction (...) Mais la solennité peut aller avec la simplicité ».‎
Nous développerons, comme nous l’avons fait pour S.R. quelques points institutionnels tirés ‎de ce livre dans des billets séparés‎

‎- F.B. propose de transformer l'ISF en impôt sur le patrimoine (« fortune »étant selon lui ‎subjectif) avec un taux unique de 1/1.000 à partir de 750.000 euros hors outil de travail et ‎oeuvres d'art. Pour en finir avec les niches fiscales, il propose de plafonner progressivement ‎leur montant global.‎
F.B. se dit favorable au maintien du nucléaire tout améliorant la transparence en matière de ‎sécurité. Il considère « comme une mission de premier plan du nouveau président de la ‎République de défendre devant les instances internationales une action stratégique sur le ‎climat ».‎

‎- A L’IEP de Lyon, F.B. a animé un débat sur le thème « comment dépasser le clivage droite-‎gauche? ». Les étudiants étaient nombreux, il a fallu ouvrir une seconde salle. Les questions ‎pointues et critiques des jeunes, notamment sur la réalité de sa conversion au principe d'un ‎gouvernement regroupant des personnalités de droite et de gauche, n’ont mas manquées : ‎‎« Vous avez toujours été l'allié de la droite par le passé. Je me demande s'il ne s'agit pas d'une ‎forme de racolage électoral ». F.B. réplique : « Ma réponse, vous la connaissez. Si j'accepte ‎l'idée que je ne suis pas au second tour, j'ai perdu la bataille. Je suis là pour gagner. Je voterai ‎pour moi au 2e tour, je vous le promets ».‎

‎- L'UDF veut mettre des « petits Bayrou partout ». Quelque 4.500 correspondants locaux sont ‎chargés d'organiser la campagne dans chacun des cantons et quartiers. Ils recevront un "kit de ‎campagne" et un DVD contenant des fiches d'argumentaires et expliquant l'art du porte-à-‎porte ou de la distribution de tracts sur les marchés sans importuner. Ces ‎‎« correspondants »organiseront des « réunions tupperware" (sic, en espérant pourtant que ce ‎sera un peu plus drôle), avec entre 6 et 12 personnes, chez l'habitant.. Une « carte interactive » ‎sur le site de F.B. permet de localiser et de contacter le correspondant local le plus proche. ‎

‎- F.B. regrette mais ne s’étonne pas de la position prise par S.V. (voir plus haut) qui se lance ‎dans la guerre contre lui : « C'est une manoeuvre. Tout le monde sait depuis longtemps que ce ‎groupe balladurien des années 1990 est en effet engagé dans cette campagne, il n'y a selon moi ‎aucune surprise ». Pour lui cela fait parti d’un plan d’ensemble. Ce personnalités (S.V., A. Santini et ‎autres ralliés) « vont se liguer pour défendre le système (...) Ils ont depuis 25 ans eu alternativement ‎le monopole de toutes les responsabilités, de toutes les fonctions, de toutes les dignités, de toutes les ‎places possibles dans la République et ils vont défendre ce monopole bec et ongles ». Victimisation !‎

08.03.2007

présidentielle - 45 - Résumé du jour

Janus

‎- S. Royal se prononce à son tour en faveur d’un changement du système des « parrainages » ‎pour les candidats à la présidence de la République. « Il serait normal que des organisations ‎politiques qui ont déjà, lors de scrutins précédents, obtenu un nombre de suffrages ‎significatifs puissent à nouveau présenter des candidats ». Elle ajoute : « Je m'étonne que le ‎ministre de l'Intérieur, qui est aussi le ministre des élections, découvre ce problème ‎aujourd'hui. Il aurait pu en réformer la règle. C'est en tout cas ce que je ferai ».‎
Le Mouvement national des élus locaux (MNEL) présidé par A. Santini, a demandé mardi aux ‎maires et élus d'apporter leur parrainage aux candidats à l'élection présidentielle « dont la ‎présence dans la compétition correspond à un véritable courant d'opinion » et juge nécessaire ‎une réforme du système des parrainages. On rappellera que A. Santini soutient N.S. C’est ‎donc un appel déguisé à donner à J.-M. Le Pen. les signatures qui lui manquent que lance ‎l’ancien membre de l’UDF. L’idée est clair, il faut envisager la question du report des voix du ‎second tour : pouvoir dire aux électeurs FN « si vous avez pu voter pour J.M.L.P. c’est grâce ‎à moi ; renvoyez l’ascenseur, s’il vous plait ! ». Par ailleurs J.M.L.P. prenant surtout des voix ‎dans l’électorat populaire, c’est autant de voix en moins pour S.R. La ficelle est vraiment un ‎peu grosse. C. Lepage ne dit rien d’autre lorsqu’elle affirme : « Nicolas Sarkozy s'arroge le ‎droit de choisir les candidats qui l'arrangent, Le Pen parce qu'il en a besoin, et Besancenot ‎parce qu'il grappille des voix à Royal »‎
Quant à M. Alliot-Marie, elle indique que l’appel de N.S. n’a pas de signification : « Les maires sont assez grands ‎pour savoir ce qu'ils ont à faire, c'est à chacun de se déterminer: il n'est pas question pour moi ‎de dire ‘on doit influencer les maires dans tel sens ou dans tel autre’ ». Comment souffler le ‎chaud et le froid !‎
C. Lepage elle ne décolère pas : « Je dénonce en particulier l'attitude de Nicolas Sarkozy qui ‎s'arroge le droit de donner des instructions, avec on ne sait quelle casquette, à des maires ‎indépendants pour parrainer M. Le Pen et M. Besancenot. C'est une honte sur le plan de la ‎démocratie ».‎
Les cambriolages se développent dans le monde de la campagne électorale. On pique les ‎disques durs et les ordinateurs ou ont les pirates. J.M.L.P. et S.R. en ont été victime. L’avocat ‎du PS et de S.R. était reçu par le procureur général de Paris afin de demander qu’une seule et ‎unique enquête soit diligentée sur la série de cambriolages ou de tentatives qui frappent ‎l'entourage de Ségolène Royal, y compris celui de son appartement personnel qui a été ‎constaté l'été dernier. S’y ajoute maintenant, semble-t-il, des cambriolages chez des candidats ‎plus « petits » comme N. Miguet ou R. Nekkaz. A chaque fois, il semble bien que se sont bien ‎les listes de parrainages qui sont la cible. N. Miguet, de son coté est soupçonné d'avoir détourné ‎des parrainages présidentiels et a été placé en garde à vue. Le maire de Noron-la-Poterie, village de 300 ‎habitants dans le Calvados, met sa signature « aux enchères ». L’affaire des parrainages tourne au mauvais polar ‎à moins que ce ne soit un vaudeville.‎

‎- Le Conseil constitutionnel est obligé de s’en mêler. Il « indique qu'il lui revient que des ‎maires subiraient des pressions pour remettre leur formulaire de présentation vierge à des ‎tiers, voire pour obtenir un deuxième formulaire s'ils ont déjà adressé le leur au Conseil ‎constitutionnel … Le Conseil recommande la plus extrême vigilance aux services des ‎préfectures, appelés, avant de donner un deuxième formulaire, à en rendre compte ‎conjointement au Conseil constitutionnel et au bureau des élections du ministère de ‎l'Intérieur ». Il indique s'être « mis en mesure de contrôler l'authenticité de la signature et du ‎sceau" des maires et se dit prêt « à aviser le Parquet » s’il a découvre un faux en écritures ‎publiques ou usage frauduleux de sceaux. La vérification risque d’être longue et difficile. Les ‎derniers formulaires devant arriver avant le 16 mars 18 heures, il faudra encore attendre le 18 ‎mars au plus tôt pour connaître la liste officielle.‎

‎- N. Sarkozy continue de critiquer la politique monétaire de la BCE. Il souhaite l'abandon de ‎la « politique de surévaluation de l'euro ». « A force de confondre l'euro et la manière dont il ‎est géré, on va détourner de l'Europe, qui est une grande idée », a-t-il ajouté en indiquant qu’il ‎était aussi européen que d’autre. N.S. a l’intention de proposer aux autres états de la zone euro ‎‎« que la politique de surévaluation de l'euro, qui accélère la désindustrialisation de l'Europe, ‎soit abandonnée pour être mis au service de l'emploi et de la croissance ». Il poursuit ses ‎comparaisons avec les autres état (USA, Grande-Bretagne, Japon et même Chine) qui utilisent ‎leur monnaie pour doper leur économie, leur croissance et assurer le plein emploi. Reste, ‎comme nous l’avons déjà dit, que nos partenaires ne souhaitent pas abandonner l’euro fort et ‎que l’euro fort ne semble pas nuire à la bonne santé de l’économie allemande ou espagnol. Il ‎n’y a guerre que la France et l’Italie qui disent pâtir de l’euro. Mais il faut dire que nous ‎avions, avant l’euro, pris l’habitude de voir notre monnaie régulièrement baisser alors que le ‎Mark en son temps était déjà une monnaie forte. C’est donc une question d’habitude et de ‎conception de la monnaie qui nous séparent de nos partenaires européens. Du reste, présentant ‎une idée assez voisine à A. Merkel, S. Royal n’a pas réellement convaincu. Selon S.R., la ‎Chancelière a, sans s’y opposer, « pris bonne note du souci qui était le mien de faire en sorte ‎que la BCE s'occupe aussi de la croissance et de l'emploi ». S.R., pourtant, a ajouté qu’elle ‎avait garantie à A. Merkel « que cela ne se faisait pas contre la stabilité monétaire sur laquelle ‎elle est très soucieuse ».‎

‎- N.S. se déclare pour un Etat protecteur. Oui oui, voilà le libéral N.S. qui se transforme en ‎interventionniste : « Je le dis, moi le libéral : un ministre des Finances ça ne sert pas ‎exclusivement à rester les bras croisés, assis sur son fauteuil, pour voir les trains passer devant ‎lui ». Mais attention le discours dérape bien vite. L’état interventionniste est-il réellement ‎destiner à intervenir dans le domaine économique ? : « Je n'accepte pas l'idée que l'Etat ne ‎peut plus rien faire. Je n'accepte pas l'idée d'un Etat qui devrait s'excuser de vouloir agir. Je ‎vous propose de refonder l'Etat, je vous propose de lui rendre son autorité, sa volonté, sa ‎dignité. ». Cela est-il seulement économique ? Certes c’est dans un discours sur l’économie ‎que N.S. fait cette sortie mais on avouera que le texte laisse penser à d’autres domaines. Alors ‎laissons le bénéfice du doute au ministre de l’intérieur qui fut lui-même ministre de ‎l’économie pendant quelques temps et qui explique que le ministre de l’économie doit se ‎battre contre l’Europe. « J'ai dû aller me battre à quatre reprises devant la Commission pour la ‎convaincre … qu'Alstom c'était pas fini. C'est quand même un comble : la Commission aurait ‎dû m'aider au lieu de me combattre… Nous n'avons pas fait l'Europe pour empêcher une ‎politique industrielle mais au contraire pour la favoriser ». Et c’est donc reparti pour un tour, ‎tout est de la faute de la Commission et de l’Europe dont il dit qu’elle « est la seule région du ‎monde où les lois de la concurrence livrent les entreprises aux prédateurs du monde entier ‎parce qu'elle les empêche de fusionner et parce qu'elles interdisent aux Etats de les aider… ‎Même aux Etats-Unis, l'Etat a plus de marge de manoeuvre pour intervenir dans l'économie ‎que n'en n'ont les Etats en Europe. Je n'accepte pas cette réalité. Je la dénonce et je la ‎changerai ».‎
Avec le sens des formules qui caractérisent ses discours, une utilisation permanente des « je » ‎et surtout d’expressions comme « je n’accepte pas … », « je n’admet as », « je ne crois pas », ‎il poursuit : « Je ne crois pas à la doctrine de l'Etat minimum. Je ne crois pas à la doctrine du ‎laissez-faire. Je ne crois pas qu'en France l'Etat puisse être réduit à un rôle secondaire. Je ne ‎crois pas que la nation puisse conserver son unité avec un Etat faible. Je ne crois pas que la ‎République puisse continuer d'exister sans un Etat fort. Je ne crois pas que le capitalisme ‎puisse survivre si le marché est tout et l'Etat rien ». Le discours est bien rôdé avec ces ‎formules qui donnent le sentiment d’une rupture avec les gouvernements précédents, rupture ‎que l’on retrouve ici dans la phrase : « Il y a deux catégories de responsables politiques, ceux ‎qui se sentent une obligation de résultat et ceux qui s'estiment quittes, quel que soit le résultat, ‎dès lors qu'ils ont essayé. Ce que je propose aux Français c'est un engagement de résultat ». ‎Or, sur bien des points, l’Etat ne peut agir et l’on sait que le Président quel qu’il soit ne pourra ‎rien faire. Bref beau numéro qu’équilibrisme entre le libéralisme et son principe de base : ‎‎« laisser faire laisser passer », donc l’état minimum et l’état interventionniste. C’est ce que ‎l’on appelle les discours « attrape-tout ». Mais cela ne risque-t-il pas de faire dans quelques ‎mois, bien des déçus du « Sarkozysme » ?‎

‎- F. Fillon lance une belle diatribe contre F.B. qui « fut parfois plus à droite que lui » et qui ‎propose une solution qui, niant la différence entre la gauche et la droite « ne peut qu'ouvrir un ‎boulevard aux extrémistes de tout poil. Lorsqu'il n'y a plus de différence entre la gauche et la ‎droite, alors il ne reste plus qu'à choisir entre Le Pen et Laguiller ». Pourtant, il n’est pas ‎certain que N.S. Serait contre un combat entre lui et J.M.L.P. ! Il poursuit sa diatribe contre ‎F.B. au risque de le placer encore plus au « centre du débat » : « Je ne vois pas pourquoi ‎droite et gauche se pacseraient comme par enchantement pour gouverner ensemble… ‎Mélanger la droite et la gauche, c'est refuser de choisir un projet, une voie pour notre pays, ‎c'est le consensus mou, le contraire de l'action. A ne choisir ni la droite ni la gauche, on ‎aboutit à une politique qui ne décide de rien ».‎

‎- S.R. indique qu’il y a des convergences entre elle et Angela Merkel sur la manière de ‎relancer l'Union européenne mais des divergences persistent sur le sauvetage d’EADS. Ni la ‎participation des région ni la recapitalisation ne semble pourtant avoir la côte à Berlin puisque ‎le ministre allemand de l'Economie de la RFA, s'est formellement opposé à toute modification ‎de la structure de l'actionnariat d'EADS dont la structure doit, selon lui, « rester telle qu'elle a ‎toujours été jusqu'à présent ».‎

‎- S.R. répond aux critiques du « Canard ». Elles estime que l’administration fiscale aurait ‎procédé à un redressement si elle avait pensé qu’il y avait fraude dans l’évaluation de ses ‎biens. Il faut dire qu’elle a l’habitude de la question puisque ce fut un argument de campagne ‎il y a quelques mois. Il faut dire aussi qu’elle a déjà réalisé la publication de son patrimoine, ‎ce qui n’est pas le cas de l’autre candidat caracolant en tête des sondages même si on le ‎connaît finalement assez bien. Mais ce qui est frappant dans le « Canard », c’est la photo de la ‎villa du couple S.R. F. Hollande ! On doit en déduire que l’immobilier n’est pas cher sur la ‎côte d’azur car, à moins que l’immeuble ne soit pas entretenu et entièrement pourri de ‎l’intérieur, il s’agit, à ce prix là d’une bonne affaire.‎

‎- N. Hulot, est de plus en plus dépité et regrette que l’écologie soit devenu un sujet comme les ‎autres. Il va, une fois connue la liste officielle des candidats, évaluer leur programme sur le ‎plan écologique. Il tente donc de se remettre en scène et avec lui son « pacte écologique » qui ‎aura eu le mérite, une fois que les candidats sont venus le signer dans une cérémonie ridicule, ‎de leur permettre de ne plus avoir à parler de cette question puisqu’ils avaient presque tous le ‎‎« label Hulot » garantissant, en quelque sorte, la qualité du produit. C’est sans doute cela qui ‎explique aussi le faible écho de la campagne de D. Voynet : pourquoi voter écolo alors que les ‎autres candidats ont un label identique à celui de la candidate « verte ». C’est un peu comme ‎lorsque l’on a plusieurs produits « bio » en rayon, plus personne ne regarde la composition. ‎Dur de ne pas être candidat.‎

‎- L’Ipsos du jour ne change rien !‎

07.03.2007

présidentielle - 46 - résumé du jour

Opérations de sauvetage.‎

‎- C’est parti. L’opération « sauver Le Pen » a été lancée hier par N. Sarkozy. Il faut dire que ‎ne pas avoir J-M. Le Pen comme candidat risque éventuellement de fragiliser la droite au ‎premier tour et de favoriser encore un peu F. Bayrou. Or la montée de ce dernier qui semble ‎maintenant acquise vers 18 % des intentions de vote inquiète non seulement au P.S. mais ‎surtout, surtout à l’UMP. Donc donner des signatures à J.M.L.P. est avant tout un moyen de ‎s’assurer une réserve de voix pour le second tour et de ne pas risquer de se retrouver en face ‎de .F.B. Pourtant il fallait camoufler cet appel lancé aux Maires de France pour donner des ‎signatures aux candidat d’extrême droite. Alors l’opération « sauver Le Pen » est ‎accompagnée d’un opération de diversion d’un leurre, l’opération « sauver Besancenot ». En ‎disant qu’il faut signer pour l’un ou pour l’autre, le candidat de l’UMP se pare des vertus de la ‎démocratie et du pluralisme : « On ne peut pas dire que M. Besancenot soit proche de moi ; il ‎représente l'extrême-gauche. Eh bien je trouve qu'il serait dommage qu'un homme comme M. ‎Besancenot ne puisse pas participer à la compétition présidentielle ». Personne n’est dpe mais ‎les apparences sont sauves. Et il est alors possible de dire, tel un « Saint-Just » à la tribune de ‎la convention : « L'idée que je me fais de la démocratie (...) c'est que les candidats puissent ‎exprimer leurs idées » « Moi, je combat les idées de M. Le Pen. Mais je me battrai pour que ‎M. Besancenot comme M. Le Pen puissent les défendre. La démocratie ne doit pas être ‎confisquée par un petit nombre de gens ».‎

‎- J.-L. Borloo, lui lance l’opération « cherche ministère (premier ministère) désespérément ». ‎Profitant lui aussi de la relative stagnation de N.S. dans les sondages, il monnaye son ‎soutient : « Mon engagement dans la campagne présidentielle repose sur la prise en ‎considération de ces propositions indispensables pour l'avenir de notre pays ». Certes, il n’y a ‎aucun suspens, il soutiendra N.S. et non F.B. comme certains l’avaient pensé, mais il faut ‎entretenir le doute suffisamment pour se rendre indispensable et pouvoir négocier le ‎ralliement au bon moment au meilleur prix. Il y va alors d’un « petit programme » qui ‎pourrait bien s’apparenter à un programme de gouvernement : « le principal sujet du pays est ‎d'avoir des ressources humaines qualifiées (...) L'emploi crée de ‎la croissance au moins autant ‎que l'inverse. Or, je rappelle que 150.000 jeunes sortent hélas aujourd'hui sans qualification ». ‎‎« Une autre donnée tient à l'existence d'un bloc formation et d'un bloc emploi dissocié: ‎d'abord on se forme et ensuite on va travailler. … Ce que nous avons réussi sur ‎l'apprentissage, nous devons le faire ‎dans d'autres domaines, c'est la nouvelle méthode que je ‎propose ». « Les entreprises ont besoin de souplesse. On doit pouvoir introduire un peu de ‎dynamisme et de liberté et tourner le dos à l'idée qu'on peut découper et partager le travail ». ‎On le voit, il y a des idées à prendre en même temps qu’un soutien. La bataille de Matignon à ‎droite est déjà commencée.‎

‎- F.B. continue d’être sur son petit nuage. Il serait, on l’a dit à 20 % des intentions de vote et ‎donc il poursuit sa campagne. Il a proposé lui aussi un changement dans le capital d’Airbus, ‎ironisé sur l’arrivée des régions dans le capital de la société, il est aujourd’hui au salon de ‎l’agriculture et indique que 2007 devrait être « la grande année du changement ». A droite ‎l’opération TSB (tout sauf Bayrou) est poursuivie. P. Douste-Blazy, ancien de l’UDF, est à ‎son tour en première ligne pour dire : « Si je respecte l'homme, j'avoue ne pas très bien suivre sa ‎démarche: après avoir dit que ni la droite ni la gauche n'était capable de gouverner, voilà qu'il propose ‎de le faire, et avec la droite et avec la gauche ». P. D.-B. est toujours égal à lui-même et ajoute que ‎Bayrou conduirait donc à « l’impasse ou la crise de régime ». C’est donc toujours le haro sur F.B. et ‎on devrait voir de plus en plus d’ancien UDF dire du mal du candidat … Le retour de A. Santini et de ‎ses blagues ? Mais plus on dit du mal de F.B. plus il monte … n’est-ce pas exactement le contraire de ‎l’effet recherché ? Indiquons que, à cette même époque en 2002, J.-P. Chevènement était crédité de ‎‎10 % des intentions de vote et avait déjà commencé à baisser.‎

‎- Airbus encore. L’opération « sauvons l’avionneur » continue et S. Royal va tenter de vendre son plan ‎à A. Merkel. Apparemment le courant est bien passé entre les deux femmes même si, sur l’affaire ‎d’Airbus, il n’est pas certain que la Chancelière soit très favorable au plan de S.R ; elle a préféré ne ‎pas prendre position. S.R. souhaite que les état s’engagent tous dans le sauvetage de l’avionneur : ‎‎« Je souhaite que les Etats concernés puissent se retrouver, puissent converger pour recapitaliser ‎l'entreprise, pour la remettre debout ». S.R. ironise dans un meeting : « J'étais la première à ‎demander à l'Etat actionnaire d'assumer ses responsabilités… et recapitaliser l'entreprise » … ‎‎« J'observe aujourd'hui que tout le monde s'aligne sur cette prise de position ». O. Besancenot a ‎participé aux manifestations des employés d’Airbus qui ont défilé dans différentes villes de France.‎

‎- S.R. défend ensuite le couple « franco allemand » et là, la Chancelière ne peut que se réjouir : « Je ‎voudrais renouer avec le volontarisme politique de F. Mitterrand et de H. Kohl pour avancer dans la ‎construction de l'Europe politique et sociale » a dit la candidate socialiste. C’est donc maintenant ‎l’opération « sauvons l’Europe » qui vient compléter celle relative à Airbus : « Nous réussirons à ‎refaire une réforme des institutions si l'Europe fait la preuve qu'elle est capable de faire reculer le ‎chômage, de se protéger contre les délocalisations ». C’est donc encore le retour du traité : S.R. ‎propose que la III° Partie du traité établissant une Constitution pour l’Europe soit remplacée par ‎‎« protocole traitant des politiques nouvelles, du progrès social, des services publics et de ‎l'environnement ». Elle estime qu’un nouveau référendum pourrait avoir lieu en 2009. Mais elle ajoute ‎qu’elle est « favorable à l'ouverture d'une réflexion et à l'élargissement des statuts de la Banque ‎centrale européenne pour que son objectif ne soit pas seulement le taux de change ». Bref, haro sur ‎l’euro fort que pourtant les allemands apprécient. Les choses seront donc difficiles. La principale ‎difficulté sera sans doute de convaincre les français que le nouveau traité est différent du précédent ‎‎… Est-ce en changeant le nom ? En changeant la troisième partie … ? Il faudra une forte dose de ‎conviction. Mais on le sais N.S. se trouve face aux mêmes difficultés même si la voie parlementaire ‎qu’il compte utiliser est sans doute moins risquée.‎

‎- M. Alliot-Marie dit du bien de S.R. Une fois n’est pas coutume. Mais évidemment c’est pour sitôt ‎critiquer la cohérence du PS. « Il y a un énorme progrès entre l'engagement que Mme Royal prend de ‎consacrer 2% du produit intérieur brut à la défense, si c'est respecté, par rapport à ce qu'a fait M. ‎Jospin lorsqu'il a sacrifié 20% de la précédente loi de programmation militaire ».‎

- FB est passé au salon de l’agriculture : « Je me sens chez moi ici ». Il n’a pas croisé P. de Villiers qui ‎pourtant visitait le salon en même que lui. Eleveur de chevaux et fils de paysan, F.B. est ‎incontestablement dans son milieu. Les agriculteurs l’ont vu sur son tracteur. F.B. réalise donc un ‎parcours à la Chirac. Il connaît lui aussi les vaches : « C'est un homme de la terre. Il a parlé de notre ‎race, on voit qu'il s'y connaît ». Le nombre de journalistes l’entourant montre qu’il s’affirme bien ‎comme le troisième homme. J.M.L.P. a lui aussi visité le Salon et promis un nouveau « matin de ‎l’agriculture ».‎

- Comme prévu le « Canard » se penche sur le patrimoine de S.R. Il estime qu’il est largement sous-‎évalué et donc que le couple S.R F. Hollande n’a pas assez payé d’ISF. Que va donner cette nouvelle ‎participation du volatile dans la campagne en attendant que F.B. et J.M.L.P. ne soient eux-mêmes ‎sous le feu du journal satirique. En fait, comme pour les attaques contre N.S. la semaine dernière, il ‎me semble tout à fait exagérer que ces questions deviennent essentielles. Il faut reconnaître d’ailleurs ‎que l’affaire de l’appartement de N.S. n’a pas réellement tenu le devant de l’actualité de campagne. ‎Les éléments donnés par le « Canard » étaient déjà largement diffusés sur Internet et n’apportent pas ‎grand-chose de nouveau. Il est probable que le même « flop » suive les révélations du jour.‎

06.03.2007

présidentielle - 47 - résumé du jour

Envol

- F. Bayrou a rendu visite à Airbus et a rencontré les syndicats de l’avionneur Airbus à 12 ‎heures. Il estime qu’il serait nécessaire que les actionnaires participent tous à une ‎augmentation du capital d’EADS. Il était suivit à 14 heures par N. Sarkozy qui estime que ‎‎« L'Etat français pourra évidement participer à une augmentation de capital » sans re-nationaliser ‎cependant. Il propose donc de refaire ce qui a déjà été fait pour Alsthom. Il estime nécessaire de « ‎repenser clairement l'actionnariat d'EADS. Certains partiront, d'autres viendront. Il faudra renégocier ‎le pacte d'actionnaires » Les syndicat manifesteront demain avec la présence annoncée de J. ‎Bové. N.S. a annoncé qu’il se rendra à Meaulte et reverra les syndicats d’Airbus dans une ‎mois. On note qu’on a moins de détail sur la visite de F.B. que sur celle de N.S. !‎

- S. Royal a participé à Paris à une réunion des présidents des régions intéressées par l’aéronautique. Elle réaffirme sa proposition d'une ‎entrée des régions dans le capital de l'avionneur. F. Bayrou estime cette idée « totalement irréaliste » et N.S. estime qu'elle ne constitue ‎pas une solution.‎

- N.S. profite de ses intervention sur la crise d’Airbus pour lancer une nouvelle offensive contre ‎l’Euro. Même si « sa parité avec le dollar, n'est certes pas la cause de cette crise » elle est ‎selon lui « un phénomène aggravant » « Je suis pour l'euro, mais pas pour ce qu'on en a fait ‎sous prétexte d'une peur de l'inflation ». « Les Américains, les Chinois ou les Anglais, par ‎exemple, se servent de leur monnaie comme d'une arme. Pas l'Europe ! On a quand même pas ‎fait l'Euro pour aller fabriquer nos avions hors de la zone Euro ! », a-t-il ajouté, précisant : ‎‎« Si les Français décident de me donner leur confiance, mon premier réflexe sera d'envoyer ‎mon ministre des Finances à la première réunion Ecofin pour dire cela ».‎

- La question de l’immigration divise les français. Ils sont 49 % à penser que l’immigration est ‎une bonne chose pour la France et évidemment 51 % à penser le contraire. Et le principe de ‎l’immigration choisie remporte l’adhésion d’une majorité de français, ils sont plus nombreux ‎à penser que c’est S.R. plus que N.S. qui peut faciliter l’intégration des immigrés déjà sur le ‎sol national. N.S. en profite pour faire de la politique d’immigration « la question centrale pour ‎l'équilibre de la société française ». Il indique : « La politique de l'immigration doit être au premier rang ‎sur notre agenda national, sur notre agenda européen, sur notre agenda méditerranéen, sur notre ‎agenda international. Pour ma part, j'entends bien m'y employer » et propose un « vaste ministère de ‎l'immigration, absolument indispensable à la France ». Mais c’est bien sûr aussi le ministre qui s’est ‎exprimé devant les préfets et les consuls, jouant encore de ses deux casquettes. Il a fait un bilan ‎positif de son action au ministère de l’intérieur : « La procédure de demande d'asile n'est plus une ‎fabrique à clandestins », en disant que les demandes adressées à la France ont considérablement ‎diminuées (-10% en 2005, -35% en 2006). Il a aussi indiqué avoir permis le refoulement de 35.000 ‎migrants illégaux avant leur entrée sur le territoire national en 2006, grâce aux contrôles aux frontières ‎dans les ports et aéroports. S’agissant de la question du regroupement familial, il a indiqué vouloir ‎mettre en place d'un "test d'intégration" des candidats à l'image de ce qui existe déjà aux Pays-Bas.‎

- J.-P. Raffarin a estimé qu'il serait « profondément regrettable » que des candidats comme J.-M. Le ‎Pen, D. Voynet, O. Besancenot ou‎‏ J.‏B. ne puissent se présenter à la présidentielle faute des ‎parrainages nécessaires. Un bruit agite le microcosme parisien selon lequel J.M.L.P. s’arrangerait ‎pour ne pas avoir les 500 signatures nécessaires pour pouvoir être candidat. Il y aurait certes là un ‎‎« coup » particulièrement astucieux pour déstabiliser la campagne dans les derniers jours de mars et ‎provoquer une redistribution des cartes. Mais cette rumeur parait difficile à croire quand on sait ‎l’argent déjà engagé par le FN pour la campagne. Ne pas être présent c’est renoncer au ‎remboursement des frais de campagne qui me semble indispensable à l’équilibre financier des ‎comptes du FN. Il se confirme qu’une partie du système informatique (liste des maires apportant leur ‎parrainage à J.M.L.P. à la présidentielle a bien été piratée au siège du FN.‎

- J.-L. Borloo a annoncé dimanche qu'il allait rencontrer N.S., et passer un « pacte » avec lui ‎pour lui apporter son soutien « Je ne vois pas pourquoi nous ne serions pas d'accord sur le ‎fond, ceci dit ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué », a-t-il poursuivi tout en ‎précisant qu’il ne quitterait pas sa famille politique. Rappelant qu’il incarne « la droite sociale ‎et le centre » il n’a pourtant pas l’intention de rejoindre F.B.‎

‎- Le sondage attendu de TNS Sofres vient de paraître. Il confirme les grandes lignes des sondages ‎précédents et en particulier l’ordre des quatre premiers candidats. IL montre aussi que l’écart entre ‎S.R. et N.S. continue d’être assez large au second tour. Un autre sondage (LH2) donne F.B. à 20 % ‎des intentions de vote. Ces deux sondages sont commentés dans un précédent billet mais ne ‎pourront pas être mis en ligne sur le site actuellement du fait un disfonctionnement de celui-ci : on ‎s’emploie à réparer mais, l’informatique à ses mystères.‎

06.09.2006

Une question aux candidats à la présidentielle

Une question aux candidats à la présidentielle
Le Monde, daté de demain, s’interroge sur les candidats à la présidentielle. Combien y en aura-t-il et surtout qui seront-ils ? Va-t-on retrouver un nombre élevé de candidats comme en 2002, ou au contraire, les leçons du 21 avril de cette année là ayant été tirées, n’aura-t-on que quelques candidats issus des seuls grands partis politiques ?

Dans un cas comme dans l’autre la situation n’est pas heureuse ni même saine pour la démocratie.

Imaginons un instant que seul les partis représentés à l’Assemblée nationale parviennent à obtenir les 500 signatures fatidiques. Quelle sera la réaction des électeurs ? Si vous jetez un petit coup d’œil sur mon site vous verrez que le taux de participation à la présidentielle ne cesse de baisser depuis 1988 pour être, en 2002, inférieur à 70 %. On peut se demander si, déçus de ne pouvoir voter pour leur candidat, les électeurs de Messieurs Le Pen et Besancenot et ceux de Mme Laguiller, n’auraient pas envie de réfugier dans l’abstention. Si l’on additionne les voix de ces trois candidats ils représentent environ 20 % de l’électorat. Ajouté aux abstention et au blancs et nuls, cette attitude conduirait à ce que à peine la moitié des électeurs se prononce au premier tour de la présidentielle. Est-ce satisfaisant ?

Imaginons à l’inverse que l’on retrouve un même nombre de candidat qu’en 2002 au premier tour et que, par le jeu des « dissidences » de gauche et de droite, les deux candidats arrivés en tête fasse un score voisin de celui de messieurs Chirac et Le Pen en 2002 soit au total un peu plus de 25 % des inscrits. Est-ce satisfaisant ? Quel est dans ce cas la représentativité de l’élection.

Un ouvrage de politique fiction va même plus loin, il pronostique (comme je l’avais moi-même fait dès le mois de novembre 2005, sous forme de boutade) que le second tour pourrait renvoyer à un affrontement Le Pen –Besancenot …

Ajoutons qu’ensuite que doivent avoir lieu les élections législatives et que se sont en fait elles qui déterminent qui gouverne en France. On imagine alors les possibilités d’enchainements incontrôlables. Le candidat battu au second tour (que ce soit celui de gauche ou celui de droite en estimant que ces deux tendances sont effectivement représentées) sera peut-être immédiatement tenté de vouloir prendre la tête d’une campagne législative de « revanche ». Difficile, me direz-vous ! Oui si l’écart de voix au second tour est large. A l’inverse, si quelques milliers de voix seulement séparent les deux (disons 50.000 voix), pourquoi ne le ferait-il pas ? Ne peut-on pas penser que le résultat des 577 élections « locales » que sont les législatives donnent un résultat opposé à celui de l’élection présidentielle. Dans ce cas, quelle pourrait être l’attitude du nouveau Président qui, moins de six semaines après avoir été acclamé pour sa victoire par ses partisans se verrait obligé d’appeler son adversaire battu à l’Hôtel Matignon ? Imaginons un instant un certain Nicolas obligé de nommer une certaine Ségolène ou l’inverse ! Est-ce satisfaisant ?

Ne devient-il pas évident que c’est le principe même de l’élection du Président au suffrage universel direct qui, dans notre pays, pose problème. Pourquoi élire un Président qui ne pourra pas gouverner que si les électeurs envoient à l’Assemblée nationale une majorité opposée et provoquent une cohabitation. Mais, me direz-vous, jusqu’à présent le mécanisme a fonctionné. Certes. Mais un élément nouveau est venu perturber le système : le quinquennat doublé de l’inversion du calendrier. Que le Président et l’Assemblée nationale soient élus en même temps à quelques semaines près et pour une même durée, voilà bien qui bouleverse définitivement ce que le référendum de 1962 avait déjà passablement chamboulé.

Bref, les mois qui viennent vont obliger à poser aux candidat les vraies questions.

Que ferez-vous en cas de victoire de votre adversaire à la présidentielle ?

Conduirez-vous la campagne législative ou laisserez vous votre camp orphelin ?

Et si vous remportez les législatives accepterez vous le poste de Premier ministre pour gouverner ?

Ce qui peut se résumer à une question plus drôle mais que j’aimerai poser à tous les candidats avant le second tour de la présidentielle et ensuite après : « Que pensez-vous de la cohabitation ? ».