17.04.2007

présidentielle - 5 - résumé du jour

- F. Bayrou affirme : « Quel est le seul candidat qui devance Nicolas Sarkozy dans tous les sondages du deuxième tour? Quel est le seul candidat qui va faire bouger les lignes? C'est parce que je réunis ces deux assurances que je serai dimanche prochain le vote utile. … Ma proposition de majorité, c'est celle qui a été défendue par Michel Rocard et Bernard Kouchner, qu'on puisse dépasser ce vieux clivage pour faire ensemble des choses positives et constructives ». Il présente maintenant sa volonté de rassemblement en faisant référence aux dernières prises de positions : « Pendant des semaines, les Français se sont dit ‘cette idée est intéressante et novatrice, mais est-elle possible?, François Bayrou va-t-il trouver des partenaires ?’ Aujourd'hui, ils savent que des personnalités compétentes, expérimentées, disent qu'il va falloir travailler ensemble. … A droite, des gens responsables et compétents disent la même chose. Par exemple, François Goulard, l'actuel ministre de la Recherche qui m'a reçu dans sa ville de Vannes, des personnalités écologistes comme Corinne Lepage ou Antoine Waechter, donc ce rassemblement est désormais crédible.

- N. Sarkozy indique clairement qu’il souhaite attirer l’électorat FN : « Ce n'est pas Le Pen qui m'intéresse, c'est son électorat ». Il égratigne du reste J.-M. Le Pen : « Je ne vois pas où est le courage d'aller à Argenteuil deux ans après moi. Ceux qui ont écrit que j'instrumentalisais la banlieue en y allant voudraient aujourd'hui que j'y retourne. … Je suis certainement l'homme politique qui s'est le plus rendu dans les quartiers populaires ». N.S. estime qu'il lui est possible d’élargir sa majorité au-delà du centre (S. Veil, A. Santini) : « on peut aller plus loin. Un certain nombre de personnalités de gauche pourraient être membres de mon équipe. … Je pense à des noms que je ne gênerai pas en les citant maintenant ».

- D. Voynet indique que N.S. l’« inquiète par sa personnalité qui me paraît agitée et brutale. Il m'inquiète aussi par son projet néo-conservateur au sens américain du terme ». Elle ajoute : « Le pire serait sans doute pour notre pays d'avoir Nicolas Sarkozy comme président de la République ».

- F.B. dénonce l’attitude de N.S. : « Lorsqu'il s'agit de faire dériver le camp républicain vers des mots, des phrases, des affirmations, des comportements qui sont en réalité ceux de l'extrême droite, là je trouve qu'il y a une chose inquiétante pour la démocratie française ». F.B. rappelle que « aucun des responsables du pays, et en particulier Jacques Chirac, n'a accepté cette dérive là. … On ne peut pas gouverner si on creuse perpétuellement le fossé, si on attise perpétuellement l'affrontement entre les Français ».

- S. Royal accuse l'UMP de négocier avec le FN en proposant une dose de proportionnelle aux législatives : « Quand on entend tout d'un coup l'UMP changer d'avis sur le mode de scrutin pour proposer une part de proportionnelle, on sait que c'est parce qu'il y a des contacts ou des tractations supposés avec le Front national. Sinon comment expliquer un tel revirement par rapport au programme de l'UMP ? ».

- M.-G. Buffet revient sur la position de M. Rocard : « Je pense que beaucoup d'hommes et de femmes, membres du Parti socialiste, ont envie d'un rassemblement de la gauche pour une politique qui soit vraiment apte à changer les choses. … J'ai envie de leur dire: 'soyez de gauche, soyez de gauche'. .. Ségolène Royal, si elle veut battre la droite, il faut qu'elle porte une politique de gauche ; il ne faut pas qu'elle court après les idées de la droite ». Elle dénonce aussi les interventions de F. Hollande sur une possible absence de S.R. au second tour : Il « veut faire jouer le vote utile, soi-disant utile à plein. … Moi j'appelle les électrices et les électeurs de gauche, au contraire, à se rassembler sous ma candidature au premier tour, parce que c'est peut-être cela qui fera que la gauche sera bien ancrée à gauche, bien ancrée dans le monde du travail. … La gauche, ce n'est pas quelque chose d'homogène (...) Donc il faut donner des couleurs à la gauche si on veut battre la droite

- N.S. en pélerinage à Colombey-les-deux-Eglises sur la tombe de Charles De Gaulle t devant la croix de Lorraine : « Le général de Gaulle incarnait la passion de la France, la passion au service de l'intérêt général, de l'oubli de soi ». … Colombey, c'est le témoignage d'une époque où la France ne doutait pas d'elle-même, et le général de Gaulle est le symbole de l'espérance. Quand tout était perdu, il espérait encore et a fait espérer des millions de gens

- F. Hollande estime que le bilan du gouvernement sortant pourrait entraîner un vote important en faveur de Jean-Marie Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle dimanche prochain : « L'échec de la politique gouvernementale depuis 2002 me laisse penser qu'il y a des conditions objectives pour que le vote de l'extrême droite soit à des niveaux élevés. … Je me pose la question : qu'est-ce qui ferait que le candidat de l'extrême droite fasse moins en 2007 qu'en 2002 ? … Ce que j'entends, hélas, ce qui nous remonte de telle ville ou quartier, c'est qu'aujourd'hui il y a une banalisation du vote d'extrême droite ». Et il relance l’idée du vote utile : « C'est un vote utile non pas simplement pour la gauche, pour le PS, ce n'est qu'un choix de ce point de vue là subalterne, le choix essentiel c'est un choix pour la France. … Le vote utile doit se faire pour la France, pour le changement, pour le progrès ».

- J.M.L.P. estime que N.S. pourrait être « le Jospin 2007 ». Il ajoute : « Ces gens-là, ce sont les Forgeard de la politique, après avoir mis l'entreprise en difficulté, ils n'hésitent pas à venir toucher leur stocks options, ils se sont même mis à l'abri des échecs électoraux. … Il y a une dimension qui n'a pas été prise en compte dans cette campagne électorale, c'est la corruption. Et quand je dis la racaille politicienne, c'est quand même des scandales innombrables ».

15.04.2007

présidentielle - 7 - résumé du jour

- F. Bayrou et D. Voynet ont fait campagne à la cité des 4.000 de La Courneuve. Ils sont les seuls à avoir répondu à l'appel de ‘SOS racisme’ de cette citée et ont débattu tour à tour avec une centaine de personnes installées au soleil sur une pelouse. Les habitants ont du mal à ne pas oublier les déclarations de N. Sarkozy : « Nous, on ne peut supporter le communautarisme que Sarkozy est en train d'installer ici depuis des années ». « Il y a des jeunes qui ne veulent pas le voir ici. Et quand vous vivez ici, quand vous ne travaillez pas, quand vous avez été exclu de l'école à 14 ans, vous savez, vous n'avez pas grand chose à perdre ». « Les politiques qui disent qu'il faut nettoyer au Kärcher, c'est pas la France, c'est l'Amérique. Les immigrés ne veulent pas la guerre mais vivre libre et fiers. C'est pas des terroristes, c'est pas Al Qaïda, comme dit M. Sarkozy ». F.B. répond : « Un pays est profondément malade lorsque certains de ceux qui y vivent ont l'impression d'être les ennemis des autres. … Si le président de la République ne fait pas le travail de faire monter la compréhension entre les gens, le pays ira très mal ». D.V. répond en signalant le passage de N.S. à Meaux : « Il y a deux types de candidats : ceux qui franchissent le périphérique entourés d'une horde de policiers pour se rendre dans des événements organisés par leur équipe de façon extrêmement soigneuse et bien bordée, et il y a ceux qui prennent le métro, qui vont dans les petits commerces des quartiers et discutent avec les habitants tous les jours ».

- Comme en écho, faible mais net aux propos de M. Rocard, D. Strauss-Kahn déclare : « Entre les deux tours, les choses se redistribuent, il faudra faire ce front contre Nicolas Sarkozy. (...) Nicolas Sarkozy, la droite, contre Ségolène Royal, la gauche. Alors il faudra que François Bayrou et les électeurs de François Bayrou fassent leurs choix, et s'ils sont cohérents avec eux-même, s'ils rejettent la politique de Nicolas Sarkozy, alors ils seront très nombreux à venir voter pour Ségolène Royal ». C’est donc simplement une question de tempo : « Chaque chose en son temps. D'abord le premier tour. … Le problème (n’est) pas aujourd'hui de constituer un front anti-Sarkozy . … La question au 2e tour, quand il rassemblera, je pense, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, sera alors de rassembler tout le monde dans le pacte présidentiel pour lutter contre Nicolas Sarkozy, mais c'est une étape qui viendra après le 22 avril ».

- J. Bové indique « On accumule de plus en plus de déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'identité nationale, l'inné et l'eugénisme. Cela montre que les barrières éclatent de plus en plus entre l'UMP et le Front national. … Cela montre que Sarkozy est un homme dangereux ».
Pourtant J.B. rappelle qu'il est « depuis longtemps pour la proportionnelle intégrale doublée d'un non cumul des mandats (malgré les) risques de voir l'extrême droite et le FN à l'assemblée ». … Je préfère voir les fachos à l'assemblée qu'avec des scores forts à l'extérieur ». Il ajoute : « Au deuxième tour, on éliminera Sarkozy ».

- M.-G. Buffet indique que « voter utile, c'est voter pour une candidature qui résolve les problèmes. … On parle maintenant même, avec Michel Rocard, d'alliances entre François Bayrou et Ségolène Royal, de contacts entre Le Pen et Sarkozy, on dit aux électeurs ‘prenez le moins pire pour éliminer le plus pire’, moi j'ai envie de leur dire ‘votez pour vous, pour une gauche qui réponde à vos problèmes’. … Ne tombons pas dans ces pièges. Si on veut battre Sarko-Le Pen durablement, il ne faut pas une gauche qui lorgne au centre, qui s'allie à la droite, même si elle s'appelle centre, parce que les gouvernements ni gauche ni droite, on les connaît, ils mènent une politique de droite ». Sur la proposition de B. Hortefeux, elle indique : « Cela figure dans notre programme, une assemblée nationale élue à la proportionnelle et à parité ».

- Nicolas Sarkozy rassemble à son QG de campagne une soixantaine de sportifs et anciens sportifs de haut niveau(Bernard Laporte, David Ginola, Basile Boli, Jean-Claude Bouttier, Philippe Candeloro, Nathalie Tauziat, Henri Leconte, Patrice Martin, etc.). il rappelle ses objectif en faveur du sport : « Je ne veux pas simplement qu'on se passionne pour le sport quand il y a une Coupe du monde, qu'elle soit de football ou de rugby, quand on a un championnat du monde d'athlétisme ou quand on a un boxeur qui fait des exploits, … je veux rendre sa place au sport dans notre société, du 1er janvier au 31 décembre ». Pour cela N.S. souhaite augmenter les coefficients des épreuves de sport dans les examens et rendre obligatoire ces épreuves dans les concours d'entrée dans les grandes écoles. Il indique : « Je souhaite que les dirigeants des fédérations puissent être rémunérés pour le travail qu'ils font. … Je veux que chaque fédération, dans chaque sport, puisse se donner, pour les diriger, les meilleurs », et que les étudiants engagés dans un club bénéficient de « 10% de points en plus au moment des examens ». N.S. indique qu’il n’y aura bien qu’un seul ministère du sport et de la santé mais « Il y aura un délégué au sport, il y aura un délégué à la santé. Mais je veux les mettre dans un pôle politique où les arbitrages seront rendus par une personnalité politique de premier plan ». Le nombre des « membres du Gouvernement est en train d’exploser ! Enfin sur les questions d’argent il dit : « Que des champions qui nous font rêver gagnent de l'argent, c'est normal. Je ne souhaite pas revenir à une époque où tous les sports étaient pauvres. .. Mais je veux que la France puisse lutter à armes égales. ».

- François Bayrou plaisante : « Ce matin, j'étais à la Cité des 4.000 à la Courneuve, j'étais seul, a déclaré le candidat de l'UDF lors d'une rencontre avec des militants de son parti à La Rochelle. Hier, Nicolas Sarkozy était à Meaux, la ville de son ami Jean-François Copé, pour une réunion de 100 personnes dans une salle fermée, et il y avait 326 policiers et CRS. … Quand on en est là, (...) je ne sais pas si on se rend compte de ce que ça veut dire de l'état réel du pays après cinq années de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur. Où cela va-t-il nous mener ? » Puis revenant sur la prise de position de M. Rocard, il indique : « Si je gagne l'élection présidentielle, il y a désormais une majorité disponible, vous avez vu ce que Michel Rocard a dit. Il y a, à droite aussi, des gens qui pensent exactement la même chose, qui s'inquiètent d'un certain nombre d'évolutions, qui sont celles de Nicolas Sarkozy en ce moment ».

11.03.2007

présidentielle - 42 - résumé du jour

Tournant ?‎

‎- N. Sarkozy persiste et signe. Il fait même de son annonce relative à la création d’un ‎‎‘ministère de l’immigration et de l’identité nationale’ un cheval de bataille en replaçant, ‎comme nous le disions, la question de l’immigration au centre de son programme et de ses ‎interventions : « Pour nous, c'est le problème de la nation (...) pour nous la république, ce n'est ‎pas la droite, ce n'est pas la gauche, ce sont tous les Français ». Il ajoute : « Etre français, c'est ‎parler et écrire le français, c'est respecter la loi. Celui qui entre clandestinement en France, ‎celui qui ne fait aucun effort pour s'intégrer, celui-là ne doit pas s'attendre à se voir ‎reconnaître les mêmes droits qu'un Français » et surtout : « Celui qui arrive et qui aime la ‎France devient l'héritier de tout son passé, … ( et des) 2.000 ans de christianisme… (de) la ‎morale laïque qui incorpore 2.000 ans de valeurs chrétiennes ». Les bouddhistes, les israélites, ‎les croyants d’autres religions (et en particuliers de la deuxième religion de France), les ‎agnostiques et les athées, tous ceux-là n’en étant pas moins français, apprécieront.‎

‎- Il s’agit donc, pour N.S., de se retourner encore vers ses électeurs de base et même de tenter ‎une ‘ouverture’ à droite de la droite en attirant des électeurs du FN. Ce n’est donc plus sur la ‎reconquête des électeurs du centre que N.S. compte. La stratégie anti F. Bayrou lancée avec S. ‎Veil pour arrêter la progression de F.B. voire même le faire commencer à refluer, semble sans ‎doute suffisante. N.S. a sans doute noté que, dès lors qu’il a entrepris l’ouverture vers le ‎centre et même un peu vers la gauche après son discours d’intronisation, dès lors qu’il a ‎volontiers fait des références appuyées à Blum, Jaurès et autres, dès lors qu’il a commencé à ‎ne plus privilégier son électorat mais qu’il a commencé à flatter le ‘centre gauche’, voire les ‎‎‘déçus de la candidate socialiste’, les intentions de vote en sa faveur n’ont plus progressé sans ‎empêcher F.B. de monter dans les sondages.‎
Comment expliquer les derniers éléments dès lors : faire en sorte que J.-M. Le Pen soit ‎candidat en appelant à ce qu’il obtienne ses signatures n’est-il pas contradictoire avec l’idée ‎de vouloir récupérer, dès le premier tour, des électeurs tentés par le FN ? Cela dépend de ‎plusieurs facteurs que nous ne connaissons pas. Y a-t-il vraiment des consignes données pour ‎que des maires signent en faveur de J.M.L.P. ou n’est-ce qu’un leurre ? Si aucune consigne ‎n’est donnée c’est qu’en réalité N.S. veut simplement faire croire qu’il est favorable à la ‎présence de J.M.L.P. mais sachant que celui-ci peut ne pas être candidat, qu’il commence déjà ‎à récupérer ses électeurs. Ou alors, si J.M.L.P. parvient à se présenter, l’idée de le voir en ‎troisième position n’étant plus d’actualité, il n’y a dès lors plus d’intérêt à le laisser à un haut ‎niveau électoral. Récupérer ses électeurs dès le premier tour pour obtenir un pourcentage de ‎voix largement supérieur à celui de S. Royal est alors une stratégie.‎
Cette stratégie présente deux avantages : d’une part lancer une dynamique qu’il serait difficile ‎d’enrayer. Avec un différentiel de 10 à 12 % entre lui et S.R., l’avance pourrait être suffisante ‎pour être sûr d’emporter le second tour. D’autre part, avec une telle avance, il ne serait ‎pratiquement plus nécessaire de négocier avec F.B. même si celui-ci obtenait 20 % de ‎suffrages. Il suffirait de laisser naturellement les électeurs de F.B. plutôt de droite, revenir ‎vers N.S. sans avoir à discuter avec le candidat et donc sans avoir à céder sur certains points ‎du programme actuel. La position de F.B. dans la question du ‘ministère’ montre une ‎divergence pari d’autre (référendum européen, priorité à l’éeication, etc.) qu’il est difficile ‎d’annihiler. F.B. ne mâche pas ces mots sur ces questions et s’éloigne donc d’un accord avec ‎N.S. Pousser F.B. vers la gauche, c’est nécessairement regagner les électeurs de F.B. qui ‎viennent de la droite au second tour.‎
L’idée est d’autant plus juste que, au même moment, D.S.K. appelle nettement F.B. à ‎rejoindre le « pacte républicain » de S.R. Va-t-on dans quelques jours voir la tactique ‎changer ? Jusqu’alors il s’agissait pour l’UMP de dire que F.B. est naturellement de droite et ‎qu’il ne peut donc pas fleurter avec la gauche.‎
Verra-t-on l’UMP dire maintenant que F.B. est de gauche pour effrayer une partie de son ‎électorat ? En tous les cas, on le voit, la montée de F.B. conduit à des changements tactique ‎aussi curieux que potentiellement dangereux.‎
Il en va de même au PS. D.S.K. veut forcer F.B. a dire qu’il soutiendra S.R au second tour ; il ‎sait qu’il ne l’obtiendra pas et pense prouver ainsi que F.B. est de droite. Mais, si dans le ‎même temps l’UMP lance l’offensive que nous indiquons, les deux stratégies combinées ‎confortent F.B. dans sa position du « ni-ni » et dans son extrême centrisme. N’est-ce pas ‎dangereux ? Annoncer, comme le fait D.S.K., que F.B. est de gauche et donc implicitement ‎refuser un poste de premier ministre n’est-ce pas montrer aussi l’importance du candidat ‎centriste en déclinant une offre dont on pouvait penser qu’elle était sans intérêt. Bref, F.B. est ‎vraiment l’empêcheur de « faire campagne en rond » comme on aimerait le faire, droite contre ‎gauche, simple et classique. Avec S.V. d’un côté et D.S.K. de l’autre, on voit bien se dessiner ‎les nouvelles stratégie anti F.B. une centriste de droite rejoint la droite et un socialiste du ‎centre refuse de rejoindre le centre. Mais si la gauche et droite utilisent en même temps les ‎mêmes méthodes pour montrer l’un que F.B. est de droite, l’autre qu’il est de gauche, cela ne ‎risque-t-il pas de montrer qu’il y a une troisième voie ?‎
Reste J.-L. Borloo qui, hier, a surpris tout le monde en répliquant sèchement à la tentative de ‎récupération menée, il est vrai avec une rare maladresse par R. Dati porte-parole de N.S. On ‎ne doute pas un instant que J.L.B. rejoigne N.S. Mais le simple fait qu’il laisse planer le doute ‎sur la date de ce ralliement peut laisser croire que, si F.B. monte encore un peu, J.L.B. ‎pourrait changer de cheval. Ce serait évidemment décisif mais c’est plus qu’improbable. ‎Pourtant, cette technique du genre « laissez moi encore un peu de temps » risque aussi de ‎rendre encore plus crédible les chances de F.B. !‎

‎- F.B. a bien compris tout l’avantage qu’il pouvait tirer de cette situation pour montrer qu’il ‎est crédible et donc encore augmenter ses chances : « Pour me 'scuder', Sarkozy utilise ‎Simone Veil et Royal, Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier déclare qu'il ne souhaiterait pas ‎être Premier ministre si je suis élu. Il est rigolo, Strauss-Kahn ! Il fait une interview dans 'Le ‎Monde' pour refuser un poste qu'on ne lui a pas proposé ! ». et d’ajouter, à destination aussi ‎bien de D.S.K. que de N.S. sans doute : « on ne fait pas un gouvernement avant d'avoir été ‎élu ». Il en déduit qu’il y a bien anguille sous roche et que sa progression dans les sondages ‎‎(un quatrième institut de sondage le place au dessus de 20 %, en progression de 2,5 points par ‎rapport au précédent sondage de ce même institut, même si c’est moins nettement au dessus ‎de cette limite que les sondages récents d’autres instituts ; un cinquième sondage à paraître ‎demain le met même à égalité avec S.R. à 23 %. Il passerait même devant la candidate ‎socialiste si J.M.L.P. n’était pas candidat !) n’est pas artificielle : « Quelque chose est en train ‎de monter. C'est un message du peuple français, qui dit: on va tourner la page. Ça suffit, vos ‎querelles et vos guerres incessantes! On veut des gens qui travaillent ensemble ».‎

‎- C. Lepage a décidé d'abandonner la course à la présidentielle, et rejoint F.B. : « J'ai décidé ‎de rejoindre François Bayrou, malgré ma capacité à obtenir mes 500 signatures. En effet, il ‎incarne aujourd'hui un véritable changement dans le pays, qui peut permettre à l'écologie ‎politique d'occuper la place qui lui revient ». Il ne s’agit certes que de quelques voix et non de ‎quelques pourcents qui sont ainsi apportés dans la corbeille et l’important n’est sans doute pas ‎là mais dans le fait que F.B. reçoit, avec l’ancienne ministre de l’Environnement de J. Chirac ‎sous le gouvernement d’A. Juppé, un premier soutien politique.‎

‎- S.R. était se matin au Salon de l’agriculture qui est toujours un « must » chez les candidats à ‎la présidentielle. Elle est sans doute la candidate que les agriculteurs apprécient le moins. ‎Certaines de ses positions, prises par le passé et les « tendances » écologistes de S.R. n’ont ‎pas vraiment la cote dans le monde agricole. Les bovins, les caprins et les ovins se partagent ‎les faveur de la candidate qui, sachant l’aura agricole de J. Chirac n’hésite même pas à ‎féliciter ‘un peu’ le Président : « Il faut reconnaître qu'il a quand même un bon contact avec ‎les agriculteurs (...) mais en même temps tous les chantiers sont devant nous. Rien n'est ‎réglé ». Et de prôner une réforme de la PAC et une plus grande pugnacité dans les ‎négociations avec l’OMC. Il est selon S.R. urgent de sortir des déclarations de principe pour obtenir des résultats et faire en ‎sorte que la France « obtienne impérativement de ne plus faire de concessions » sur son agriculture dans le cadre de l’OMC. Même ‎remarque, sur la PAC. Les déclarations de principe doivent faire place aux actes. B. Rebelle indique que les négociations sur la PAC ‎‎« va être difficile et (qu’) il va falloir la mettre en place assez rapidement pour que les agriculteurs puissent anticiper ». Dans son ‎‎"pacte présidentiel", S.R. prône une meilleure articulation entre agriculture et environnement. ‎Les agriculteurs, eux, souhaitent qu’on ne touche pas à l’accord actuel qui leur donne un ‎répit : « Il faut nous laisser respirer jusqu'en 2013 ».‎


D. Voynet fait l’amer constat que l’écologie n’est plus un thème de campagne. Eh non ! ‎Chaque candidat ayant son label « Hulot », il n’est plus besoin pour eux de prouver que ‎l’écologie est un élément de leur politique, puisqu’ils l’on fait une fois pour toute en signant le ‎pacte écologique ; il s sont garantis « écolo pur sucre ». On peut donc parler de tout autre ‎chose ! Et ce d’autant plus que les « écolos » type « bio » se reconnaissent plus dans J. Bové. ‎Bilan de l’opération : D. Voynet est crédité de 1 % des intentions de vote, c’est-à-dire le ‎même score que celui de R. Dumont en 1974, autrement dit, rien.‎