18.03.2008

Mini remaniement

Mini remaniement tant dans l’organigramme de l’Elysée qu’au Gouvernement telle semble être la conséquence immédiate des élections municipales et cantonales. Outre qu’il est devenu de tradition que ces élections soient suivies d’une modification plus ou moins importante de l’équipe gouvernementale et qu’il n’y a donc rien d’étonnant à ce que ce remaniement ait lieu, on doit néanmoins commencer à faire le bilan de 10 mois de présidence Sarkozy. Après des débuts que l’on peu qualifiés de flamboyants, les choses semblent devoir rentrer dans l’ordre normal de ce qu’est la 5° République. D’abord, c’est certainement la place du Président de la République qui revient à la tradition. Le Président, en période de concordance des majorités donne l’impulsion et le gouvernement sous la direction du Premier ministre met en œuvre et prend les coups. « Fusible », « rempart », toutes les appellations ont été utilisées pour décrire ce tandem entre un capitaine et son premier lieutenant. Non le Premier ministre n’est pas le collaborateur du Président. Il prend les décisions qui permettent la mise en œuvre des orientations politiques fixées à l’Elysée mais il dispose du choix des moyens pour parvenir au résultat voulu. Cela permet au Président de disposer d’une arme en cas de mécontentement : changer de premier ministre. Cela provoque un choc et un espoir et relance à la fois la côte du gouvernement et celle du Président, si d’aventure elle commence elle aussi à souffrir de l’impopularité du gouvernement. Il est en effet nécessaire que le Président, qui est le seul à disposer de la durée conférée par l’élection puisse à tout moment disposer d’une « roue de secours » si les sondages devenaient mauvais. Il n’est donc pas raisonnable que le Président soit toujours en avant car, on le voit bien, dès lors c’est sur lui que l’impopularité rejaillit et le changement de gouvernement ne serait d’aucune utilité, surtout si comme actuellement le Premier ministre est plus populaire que le Président. En fait, même si, comme l’a montré N. Sarkozy, il faut faire une campagne de Premier ministre centrée sur les préoccupations quotidienne des français, il faut aussi, une fois l’élection acquise, prendre la hauteur nécessaire pour ne pas être en but à la conjoncture. Il faut tenir 5 ans, voire 10, le Premier ministre n’a pas cette contrainte. On devrait donc voir le Président moins s’intéresser, du moins publiquement, aux affaires conjoncturelles de politique intérieure et se consacrer aux questions internationales. Cela ne veut pas dire que ce n’est pas lui qui, dans les domaines de la politique intérieure décide. Il décide mais il laisse le soin au Premier ministre d’agir et peut donc toujours expliquer que l’échec n’est pas celui de l’objectif mais celui de la méthode. Bref, l’orientation est bonne mais pas la mise en œuvre donc je change celui qui est chargé de cette mise en œuvre. Le Président doit donc fixer les orientations (qu’on se souvienne des « lettres-directives » que VGE envoyait à R. Barre) et le Premier ministre met en musique. Comme on dit dans la marine lorsque le « pacha » ayant fixé le cap quitte le pont, « à vous le soin ». Il faut donc penser que ce sera désormais la nouvelle attitude du Président et l’on y voit un signe dans la disparition du porte-parolat universel pour en revenir à un classique du genre : le secrétaire général. La seule innovation vient de la place du conseiller spécial aux affaires internationales qui assurera ce rôle pour ces questions montrant encore par là que le Président va s’y consacrer plus attentivement. Le changement de style sera facilité par la Présidence de l’Union qui revient à la France et qui devrait permettre de traiter des questions internationales sans paraître délaisser totalement et trop rapidement les questions intérieures. Car il faut évidemment éviter de faire penser qu’il pourrait y avoir renoncement. La situation de l’actuel locataire de l’Elysée ne permet pas, dès lors qu’il a fait campagne sur son implication, qu’il a promis des résultats et qu’il s’est engagé à agir, qu’il puisse sembler revenir sur ces promesses. C’est là l’effet terrible de la phrase prononcée lors de la conférence de presse de janvier à propos du pouvoir d’achat : les caisses sont vides. Très honnêtement, même s’il est vrai que les premières décisions et en particulier la loi TEPA n’ont pas amélioré les choses, les caisses sont vides depuis un bon moment déjà. Le problème est qu’il est difficile d’accroître encore le déficit ce qui, il faut aussi le reconnaître était la solution traditionnelle des gouvernements précédents avant un plan de rigueur. Dès lors n’y-a-t-il pas une certaine logique à le redouter. Peu importe le mot il faut faire des économies ou du moins ne pas augmenter les dépenses dans compenser les augmentations par des diminutions ailleurs. Or, il est plus difficile de satisfaire les promesses dès lors qu’il faut faire des choix. Sans parler de plan de rigueur, il faudra donc trouver des domaines dans lesquels ont diminuera les dépenses. Dans ces cas il est facile de rogner sur les dépenses culturelles, mais c’est infinitésimal à l’aune de la dette publique. Et la révision générale des politiques publiques ne produira des effets que sur le long terme. Tout le problème est donc de ne pas augmenter les mécontentements sans pour autant creuser les déficits : quadrature du cercle s’il en est. Ne pas sembler renoncer à ce qui fit la particularité de la campagne sur le fond suppose sans doute qu’on y sacrifie la forme. Et là on ne peut que se souvenir des débuts du septennat de VGE. Il est vrai qu’entre un quinquennat et un septennat rien n’est commun. Il n’en reste pas moins que sur la forme des deux débuts de mandat on ne peut que remarquer la similitude. Oh, je vais sans doute étonner les jeunes générations en disant que Giscard fut « moderne » et que son mandat incarnait la rupture. Et pourtant ! Rupture de style avec l’abandon, pour la photo officielle de l’habit … rupture encore avec la participation d’Anne-Aymone, son épouse aux vœux présidentiels du 1er janvier 1975. Rupture toujours avec une présidence plus près des français, souhaitant « regarder la France au fond des yeux ». Et ce furent les diners chez les citoyens, médiatisés à l’excès comme la passion du Président pour les œufs brouillés et l’accordéon. Rupture encore et toujours avec les émissions de télévision au coin du feu, le Président expliquant avec un tableau de papier (paperbord) les évolutions des courbes de la conjoncture économique. Rupture toujours et encore avec les conseils des ministres décentralisés dans des villes de province pour prouver la nouvelle proximité du pouvoir avec les préoccupations des citoyens ; Rupture enfin avec l’ouverture du gouvernement sur la société civile (S. Veil) et sur le centre gauche de l’époque (Avec l’éphémère Servan-Schreiber mais aussi avec F. Giroud). Mais sur d’autres questions aussi rupture. Rupture avec le dogme de l’intouchabilité de la Constitution par la révision de 1974 donnant à 60 députés ou 60 sénateurs la possibilité de saisir le Conseil constitutionnel ; rupture encore avec l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans et la légalisation de l’IVG ; rupture toujours avec l’élection du parlement européen au suffrage universel direct par les citoyens des pays membres de la Communauté de l’époque. Et tout cela au grand dam d’une majorité déboussolée et d’une opposition un peu groggy par son échec à la présidentielle. Et tout cela n’eut qu’un temps avant que les réalités ne se rappellent au bon souvenir du président : élu sur la promesse d’une baisse du chômage, les résultats n’étaient pas au rendez-vous et les français s’impatientent. Il faut se rendre à l’évidence : C’est l’appel à R. Barre et le mot est lâché : la rigueur. A l’époque le mot est nouveau : il ne fait pas peur. Ce qui fait peur c’est l’« austérité ». Or nous dit le Premier ministre « la rigueur n’est pas l’austérité » … On connaît la suite ; une fin de septennat longue et pénible et une défaite à la présidentielle de 1981. L’histoire ne se répète jamais aiment à répéter les historiens. Il est à supposer que dans certains palais on espère qu’ils ont raison. Il n’en reste pas moins que les bégaiements de l’histoire sont parfois cruels. La situation actuelle diffère pourtant du passé par trois éléments. D’abord, comme nous l’avons dit, le septennat a laissé la place au quinquennat qui accélère tout mais aussi amplifie tout. Ensuite, VGE n’avait pas une majorité politique univoque composée d’un parti dominant à sa dévotion. Enfin, l’opposition avant un leader. Ces spécificités actuelles suffiront-elles à enrayer la mécanique qui semble déjà bien enclenchée ? C’est tout l’enjeu des prochains mois.

28.04.2007

présidentielle + 6 - résumé du jour

- F. Bayrou aura réussi le tour de force d’être, pendant une semaine complète, le seul ‘sujet’ de la campagne du second tour de l’élection présidentielle alors qu’il ne participa pas à ce second tour. Il n’y a d’interventions ou de prises de position que par rapport au débat qui doit avoir lieu entre S. Royal et F.B., débat dont l’organisation, pour l’instant, instant préoccupe plus que celle du débat de mercredi prochain entre S.R. et N. Sarkozy. Ce dernier, qui jusqu’alors imprimait le rythme de la campagne, semble dépassé par cet évènement qu’il n’avait pas vu venir. Et n’ayant pas préparé de contre-attaque ou de contrefeu, il est obligé de parler lui-même de ce débat, soit pour en dénoncer l’organisation soit pour justifier qu’il n’a rien fait pour l’interdire : « Certains me disent: 'nous sommes persuadés que vous avez fait pression sur le CSA pour empêcher que Mme Royal aille débattre avec M. Bayrou. Je n'ai pas de preuve, je n'ai pas d'indice, je n'ai rien qui me permette d'étayer ce que j'avance mais ça ne fait rien. Je suis sûr que c'est vrai parce que votre tête ne me revient pas et parce que vos idées ne me plaisent pas’. C'est plus fort que le procès stalinien ». et l’entourage de N.S. est lui aussi obligé de réagir : « Nous démentons formellement et catégoriquement que des pressions aient été exercées sur la presse et le CSA pour empêcher la tenue de ce débat ». Et ses adversaires de sous-entendre bien sûr qu’il est effectivement intervenu : « Ca en dit long sur ce qui se passe et ce qui se passerait » selon S.R. si N.S. était élu. « Songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Qu'en sera-t-il s'il est élu ? » clame F.B. Le débat aura donc lieu sur BFM TV et RMC. Le reprendront les chaînes qui le souhaiteront. - N.S. tente pourtant de remettre les choses dans leur ordre naturel : « Je ne laisserai personne confisquer le débat pour lequel les Français se sont prononcés massivement dimanche dernier. Ce serait un véritable déni de démocratie. Le 22 avril, les Français ont choisi. Ils ont choisi le débat qui leur semblait le plus décisif. Ils ont choisi la confrontation qui leur paraissait la plus utile. Ils l'ont fait avec clarté. … Maintenant, nous avons un devoir, Mme Royal et moi: celui d'éclairer les Français, dans la dignité, la clarté et la sincérité ». Rien n’y fait le débat sur le débat l’emporte sur le débat. Tout ce samedi sera sans doute consacré au débat, à son contenu, aux divergences et convergences qui s’y marqueront. Bref, il faudra encore aujourd’hui que N.S. réagisse par rapport à S.R. et F.B. N.S. semble avoir perdu la maîtrise de la campagne électorale ; en tous les cas il n’en impose plus le rythme, le tempo et les sujets, il se laisse emporter par ce que S.R. mais surtout ce que F.B. souhaite. On discutera plus aujourd’hui et demain et peut-être même mercredi du programme de F.B. et de sa compatibilité avec celui de S.R. que du programme de N.S. La machine ‘sarkoziste’ peut-elle se gripper à cause d’un petit imprévu, un grain de sable du Béarn ? Attendons mais c’est inattendu. - V. Giscard d’Estaing semble de plus en plus oublier qu’il a été Président de la République. Si si, car s’il ne l’avait pas oublié il saurait qu’il est membre du Conseil constitutionnel et donc à se titre soumis à un devoir de réserve. On rappellera que c’est le Conseil constitutionnel qui proclamera le résultat de l’élection présidentielle après avoir jugé des éventuelles contestations. Certes, VGE ne siègera vraisemblablement pas (du moins on ose l’espérer) mais il n’e reste pas moins que la règle de droit s’impose à tous et que, depuis qu’il n’a plus de mandat électif et qu’il siège (parfois) au Conseil constitutionnel, VGE n’est plus dans la position du ‘congés’ qui lui permettrait de prendre des positions partisanes. - « Michel Charasse est l'expression d'un socialisme qui a le sens de l'Etat et qui a le sens du respect des personnes. Michel Charasse a ses convictions, il a toujours respecté ses contradicteurs et il a eu la tolérance d'avoir des amis, dont je suis, en dehors de sa propre famille politique » selon N.S. en visite chez le sénateur socialiste du Puy-de-Dôme. Est-ce, après E. Besson, le nom du second (deuxième ?) ministre du ‘pôle de gauche’ de la majorité présidentielle de N.S. ?

20.04.2007

présidentielle - 2 - résumé du jour

- N. Sarkozy critique F. Bayrou : « Je l'ai connu de droite, il est de gauche. Mais il faut qu'il prévienne ses électeurs, il a changé si vite. … Ils n'ont pas voté pour lui pour qu'il fasse alliance avec la gauche. … Peut-être que cela peut étonner un certain nombre d'électeurs de l'UDF, un certain nombre d'électeurs du centre, que de se retrouver alliés avec le parti communiste, des trotskistes et Mme Royal ». Il est aidé en cela par ses principaux soutiens centristes, Gilles de Robien : « Il disait qu'il voulait une UDF libre et indépendante. Et voilà l'UDF roue de secours du parti socialiste. Il disait qu'il voulait une UDF forte. Et voilà qu'il va la noyer dans un grand parti de gauche » ; André Santini : éLe centrisme n'est pas soluble dans le socialisme. … La course poursuite engagée par l'UDF en direction de la gauche, parfois même de l'extrême gauche, est inappropriée, dangereuse et malhonnête. … Qu'est devenu le parti libre, le parti de la démocratie quand son président décide seul de sa stratégie, lors d'un dîner avec Michel Rocard ? ». ‘’’’’’’’’’’’’’’ - N.S. critique la rencontre entre F.B. et M. Rocard : « l'élection présidentielle de la Ve République, c'est la rencontre d'un candidat ou d'une candidate avec le peuple, pas des partis qui essaient de récupérer sur le tapis vert ce que le peuple ne va pas leur donner. … Avant même qu'ils ne sachent s'ils sont qualifiés pour le deuxième tour, ils s'agacent, ils s'énervent, ils s'inquiètent: 'il faut vite se rencontrer, méfions-nous du peuple, organisons notre coalition avant même que le peuple ne se prononce' ». N.S.indique que la présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac (ancienne ministre, ex-députée UDF et ancien soutien de F.B. en 2002), qui privilégie le dialogue social à une loi sur le service minimum dans les transports, « fera ce que son actionnaire (l'Etat) lui dira de faire ». « Si elle n'est pas d'accord, elle en tirera certainement toutes les conséquences. … Si les Français votent pour moi, ils auront le service minimum et ce ne sera pas le problème de Mme Idrac à ce moment-là. … Comment on (y) arrive ? Je demanderai aux syndicats de se mettre d'accord sur un projet de service minimum à l'été 2007. S'ils y arrivent, il n'y a pas besoin (de loi), s'ils n'y arrivent pas, on fera voter par le nouveau Parlement une nouvelle loi avant (décembre) 2007 ». - Pour F.B. : « Nous allons faire rimer France avec confiance, avec croissance, assurance, chance, nous allons faire rimer France avec espérance. … Nous ne sommes pas là pour faire un score, (...) nous sommes là pour gagner. … Il faut leur arracher le pouvoir. Il faut les renvoyer pour cinq ans au moins à leurs chères études. … Il faut leur offrir une bonne douche froide pour qu'ils se mettent à réfléchir, pour qu'ils fassent leur révolution culturelle ». Puis attaques à gauche et à droite : « Nous n'avons pas besoin de multiplier les drapeaux tricolores et pas besoin d'un ministère de l'Identité nationale ». F.B. est heureux de « ne pas recevoir le label de la droite à la mode Sarkozy. … de la gauche à la mode Jospin. … Il y a de la droite et il y a de la gauche en moi et (...) il y a du centre en moi ». Selon lui, le 22 avril, « les Français renversent une des deux citadelles, celle qu'ils voudront et ils nous mettent en finale ! … Le 6 mai, ils prennent la deuxième Bastille ! ». - J.-M. Le Pen estime toujours : « Il y aura un deuxième 21 avril et peut-être même un Jospin 2007. Nicolas Sarkozy est donné gagnant en toute certitude, mais est-ce si sûr ? ». Il continue a affirmer : « il se trouve que Sarkozy a trois grand-parents étrangers sur quatre. Il peut être Français, ministre et même Premier ministre. Mais la fonction présidentielle a une dimension quasi-religieuse ». Et toujours dans le registre de la certitude il indique : « Si je suis élu, j'irai à Bregançon prendre quelques jours de repos. Le 14 juillet, j'offrirai aux Français un grand buffet qui irait de l'Etoile à la Concorde, suivi par une soirée bacchique ». - O. Besancenot estime qu’il a déjà gagné et revendique « le droit à l'utopie ». … Le vote utile à gauche, ce n'est pas seulement de penser au second tour mais de penser aux cinq années à venir. … Le rapport de forces global des cinq prochaines années ne sera pas le même si l'option d'une gauche indépendante du PS se compte par milliers ou par millions de voix. … Moi je fais toujours la différence entre la gauche et la droite, mais ce n'est pas le cas des deux principaux candidats. … Sans raconter d'histoire, on a une place politique qu'on a occupée dans cette campagne et qui dépasse même notre propre électorat. … Des tas d'électeurs de gauche disent qu'on a été utile pendant cette campagne ». Pour les législatives, « il y aura les mêmes discussions et les mêmes éléments politiques à prendre en compte que pour les élections présidentielles » indique O.B. Selon A. Krivine, les listes unitaires seront malgré tout assez rares. - J. Bové affirme que le combat « pour un autre monde en marche » ne s'arrêtera pas avec la présidentielle : « Nous allons le mener aux législatives et aux municipales » et il lance un appel à la désobéissance civique : « contre les multinationales … contre les lois qui chassent les enfants de ce pays … contre la construction du réacteur nucléaire EPR en Normandie … nous désobéirons aux lois si nécessaire - L'ancien président de la République V. Giscard d'Estaing, membre du Conseil Constitutionnel et à ce titre tenu à un devoir de réserve puisqu’il sera juge de cette éliection, annonce son soutien à N.S. : « Par les choix qu'il propose sans ambiguïté aux Français, par son expérience de l'exercice du pouvoir et sa capacité de faire avancer les choses, par sa volonté déclarée de dialogue, par l'existence d’une majorité sur laquelle il pourra s'appuyer et qui donne des signes encourageants de renouvellement, Nicolas Sarkozy est le seul à réunir les conditions qui nous permettent de choisir raisonnablement notre futur président ». Certes, il n’y a là aucune surprise politique mais un étonnement et même un scandale inadmissible . S’il y a une révision à faire c’est celle là … Les anciens présidents ne doivent plus être au Conseil Constitutionnel. - S. Royal reprend des thèmes de gauche « Le salariat féminin c'est le prolétariat d'aujourd'hui ». Elle dénonce « l'insupportable contraste entre les parachutes dorés, les retraites chapeau et le niveau de rémunération des salariés ». Mais elle reprend aussi ses attaque contre N.S. « Nicolas Sarkozy est un homme dangereux. … Non seulement la fracture sociale s'est creusée, mais il y a aujourd'hui une menace de fracture républicaine, et on le voit dans l'accumulation des propositions et déclarations. … Il y a aussi chez Nicolas Sarkozy la défense d'une France des communautés, une forme de communautarisme. Moi je crois à la République une, laïque et indivisible. … Moi je n'ai pas inventé des valeurs le temps d'une campagne électorale, elles ont toujours été les mêmes ». Elle confirme : « Je me bats pour être au second tour. … Je suis celle qui peut incarner le changement. Les deux autres candidats sont des candidats sortants. Ils ont participé à la majorité sortante. Ils ont voté toutes les lois sortantes, toutes les réformes sortantes. … Comment pourraient-ils être crédibles en promettant ce qu'ils n'ont pas fait hier ? ».

11.04.2006

Réforme du CPE 4 et Conseil constitutionnel

Avec l'aide d'un de mes lecteurs (merci), voici un passge de l'interview accordée par V. Giscard d'Estaing au JJD du 9 avril : "La désorganisation des institutions a atteint un niveau inconnu depuis le début de la Ve République. Le président de la République, auquel la Constitution fixe comme première mission “de veiller au respect de la Constitution”, a signé et promulgué une loi votée par le Parlement. D’une manière surprenante, il annonce le même jour que cette loi ne sera pas appliquée. En vertu de quels pouvoirs ?" La question mérite effectivement d'être posée ... Ajoutons : Art. 3 de l'ordonnance n°58-1067 du 7 nov. 1958 : "Avant d'entrer en fonction, les membres du Conseil constitutionnel prêtent serment devant le Président de la République. Ils jurent de bien et fidèlement remplir leurs fonctions, de les exercer en toute impartialité dans le restect de la Constitution, de garder le secret des délibérations et des votes et de ne prendre aucune position publique, de ne donner aucune consultation sur les questions relevant de la compétence du Conseil. Acte est dressé de la prestation de serment".