30.04.2007

présidentielle + 8 - résumé du jour

- N. Sarkozy le maintient, il y aura 15 ministres. Mais il précise désormais qu’il y aura quinze ministres « de plein exercice ». Il y aura donc des secrétaires d’Etat et/ou des ministres délégués qui viendront compléter l’équipe. On indiquera simplement que nous avions déjà fait cette analyse et que l’actuel gouvernement est déjà composé de quinze ministres « de plein exercice » … Il n’y aura donc rien de changé. Certes, dans le premier gouvernement de N.S., celui qui sera nommé à son entrée en fonction et qui démissionnera après les législatives, il n'y aura peut-être que 15 membres. Mais dans le suivant on verra le nombre de "membres" augmenter. Il y aura des promesses à tenir et des services à rémunérer. On espère que les français comprendront la subtilité de la nuance !

- N.S. estime qu’il faut trouver un moyen pour « permettre une représentation plus large des opinions et des sensibilités ». Comment si ce n’est par la mise en place d’une dose de proportionnelle ? Et l’on en revient à la proposition de B. Hortefeux qui avait pourtant provoqué un tollé. N.S. veut, en effet, « réunir toutes les forces politiques pour discuter avec elles de la possibilité d'introduire un peu de proportionnelle au Sénat ou à l'Assemblée nationale sans créer le risque d'une instabilité qui serait désastreuse ». Au sénat, la proportionnelle est déjà en place pour les départements élisant plus de 3 sénateurs et l’on voit mal comment elle pourrait être étendue sauf à l’introduire dans les départements élisant 3 sénateurs (en dessous, c’est idiot, on l’aura compris), ce qui était le cas avant que la majorité sortante ne revienne sur cette réforme adoptée sous L. Jospin … Reste donc l’Assemblée nationale. Mais ce sera pour 2012 !

- L’idée fait d’ailleurs sont chemin. A. Juppé indique qu’il n’y est pas hostile mais ne veut pas « qu'on change de République » même s’il se dit favorable « à ce qu'on encadre le 49.3 à condition qu'on trouve des mécanismes pour éviter le blocage parlementaire ». Et une révision, une !

- F. Bayrou fut le sujet essentiel des prestations de N.S. et de S. Royal sur Canal+. N.S. a encore dénoncé le débat entre S.R. et F.B. comme contraire à l’esprit des institutions. Quant à S.R., interrogée sur la possibilité de mettre F.B. Premier ministre, elle a répondu : « Je ne m'interdis rien. Je pense que ce n'est pas ce qui se passera mais je ne m'interdis rien sur le choix de mon Premier ministre ».

- N.S. veut tourner le page de mai 1968. La formule a été très applaudie ! A entendre certains (D. Cohn-Bendit), je pensais franchement que c’était fait depuis longtemps. Et ‘mai 68’ n’a pas eut que des défauts. Ne faut-il pas se souvenir de la formidable libération qui s’en est suivi pour les femmes en particulier et pour les étudiants ! Et puis il y a eu Grenelle. Qui a dit-il qu’il ne fallait pas qu’il y ait de repentance et qu’il fallait être fier de tout le passé de la France ?

- N.S. n'aime pas les mouches (les diptères, pas la pièce de J.-P. Sartre) et le fait savoir à Plantu. Depuis elles se multiplient dans les dessins de la première page du 'Monde'. Rappelons que VGE (qui a été Président de la République, voir un précédent billet) a fait supprimer le délit d''insulte au chef de l'Etat'.

29.04.2007

présidentielle + 7 - résumé du jour

Il a donc eu lieu au grand dam de N. Sarkozy qui l’a immédiatement raillé : « C'est symbolique, il y en a deux dans un grand hôtel parisien et nous deux sur le terrain. Moi, ce qui m'intéresse, c'est rencontrer les Français, ce ne sont pas les combines d'états-majors ». Il ajoute : « Ce débat a incarné, à mes yeux, le summum de ce que la Ve république avait de plus caricatural. Redescendons sur terre! François Bayrou n'a pas été qualifié pour le second tour ».

N.S. ne peut en effet apprécier un épisode qui lui a fait perdre la maitrise de la campagne en le laissant au second plan pendant la première semaine. Et comme maintenant chacun va attendre le débat de mercredi, le duel à distance qu’il pensait pouvoir mener avec S. Royal pendant les 10 premiers jours a complètement disparu.

Reste à savoir si le débat, par les qualités indiscutables qui ont pu être notées et l’honnêteté avec laquelle il a été mené, va avoir un impact sur le résultat final. Certes, il ne fait pas de doute que F. Bayrou a marqué un point décisif en se plaçant dans la « cour des grands » ce que N.S. ne souhaitait pas. F.B. c’est aussi placé pour les législatives qui, comme nous le savons, sont en fait le troisième tour de la présidentielle. Enfin, il est certain que la qualité du débat de mercredi sera jugée à l’aune de celui-ci.

Quant à S.R. A-t-elle pu engranger suffisamment de voix par cette prestation pour combler une partie de son handicap ? Il n’était pas pensable qu’il y eut un quelconque ralliement. Mais montrer la possibilité d’un dialogue avec F.B. et donc avec le centre est sans doute un élément qui peut avoir eu un impact sur des électeurs de F.B. qui voient encore dans N.S. le symbole d’un état fort et partisan. Bref, le ton patelin du débat peut avoir rassuré. Même s’il subsiste des divergences dont certaines paraissent difficiles à réduire, le dialogue est possible et donc le travail en commun envisageable. Même si ce n’est que cela qui a pu être apporté par le débat, c’est un pas important vers la naissance, à terme, d’une nouvelle façon d’envisager la politique.

Mais on sait aussi que tant que le système de la V° République sera essentiellement axé sur la bipolarisation qu’induit le mode d’élection présidentiel, l’existence d’un centre est difficilement envisageable. Alors, n’est pas simplement la naissance si souvent souhaité et tant attendu d’un grand parti social démocrate, renvoyant vers sa gauche les partisans d’un socialisme plus traditionnel ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais ce débat aura incontestablement fit bougé les frontières à la gauche de l’UMP.

28.04.2007

présidentielle + 6 - résumé du jour

- F. Bayrou aura réussi le tour de force d’être, pendant une semaine complète, le seul ‘sujet’ de la campagne du second tour de l’élection présidentielle alors qu’il ne participa pas à ce second tour. Il n’y a d’interventions ou de prises de position que par rapport au débat qui doit avoir lieu entre S. Royal et F.B., débat dont l’organisation, pour l’instant, instant préoccupe plus que celle du débat de mercredi prochain entre S.R. et N. Sarkozy. Ce dernier, qui jusqu’alors imprimait le rythme de la campagne, semble dépassé par cet évènement qu’il n’avait pas vu venir. Et n’ayant pas préparé de contre-attaque ou de contrefeu, il est obligé de parler lui-même de ce débat, soit pour en dénoncer l’organisation soit pour justifier qu’il n’a rien fait pour l’interdire : « Certains me disent: 'nous sommes persuadés que vous avez fait pression sur le CSA pour empêcher que Mme Royal aille débattre avec M. Bayrou. Je n'ai pas de preuve, je n'ai pas d'indice, je n'ai rien qui me permette d'étayer ce que j'avance mais ça ne fait rien. Je suis sûr que c'est vrai parce que votre tête ne me revient pas et parce que vos idées ne me plaisent pas’. C'est plus fort que le procès stalinien ». et l’entourage de N.S. est lui aussi obligé de réagir : « Nous démentons formellement et catégoriquement que des pressions aient été exercées sur la presse et le CSA pour empêcher la tenue de ce débat ».
Et ses adversaires de sous-entendre bien sûr qu’il est effectivement intervenu : « Ca en dit long sur ce qui se passe et ce qui se passerait » selon S.R. si N.S. était élu. « Songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Qu'en sera-t-il s'il est élu ? » clame F.B.
Le débat aura donc lieu sur BFM TV et RMC. Le reprendront les chaînes qui le souhaiteront.

- N.S. tente pourtant de remettre les choses dans leur ordre naturel : « Je ne laisserai personne confisquer le débat pour lequel les Français se sont prononcés massivement dimanche dernier. Ce serait un véritable déni de démocratie. Le 22 avril, les Français ont choisi. Ils ont choisi le débat qui leur semblait le plus décisif. Ils ont choisi la confrontation qui leur paraissait la plus utile. Ils l'ont fait avec clarté. … Maintenant, nous avons un devoir, Mme Royal et moi: celui d'éclairer les Français, dans la dignité, la clarté et la sincérité ». Rien n’y fait le débat sur le débat l’emporte sur le débat. Tout ce samedi sera sans doute consacré au débat, à son contenu, aux divergences et convergences qui s’y marqueront. Bref, il faudra encore aujourd’hui que N.S. réagisse par rapport à S.R. et F.B. N.S. semble avoir perdu la maîtrise de la campagne électorale ; en tous les cas il n’en impose plus le rythme, le tempo et les sujets, il se laisse emporter par ce que S.R. mais surtout ce que F.B. souhaite. On discutera plus aujourd’hui et demain et peut-être même mercredi du programme de F.B. et de sa compatibilité avec celui de S.R. que du programme de N.S. La machine ‘sarkoziste’ peut-elle se gripper à cause d’un petit imprévu, un grain de sable du Béarn ? Attendons mais c’est inattendu.

- V. Giscard d’Estaing semble de plus en plus oublier qu’il a été Président de la République. Si si, car s’il ne l’avait pas oublié il saurait qu’il est membre du Conseil constitutionnel et donc à se titre soumis à un devoir de réserve. On rappellera que c’est le Conseil constitutionnel qui proclamera le résultat de l’élection présidentielle après avoir jugé des éventuelles contestations. Certes, VGE ne siègera vraisemblablement pas (du moins on ose l’espérer) mais il n’e reste pas moins que la règle de droit s’impose à tous et que, depuis qu’il n’a plus de mandat électif et qu’il siège (parfois) au Conseil constitutionnel, VGE n’est plus dans la position du ‘congés’ qui lui permettrait de prendre des positions partisanes.

- « Michel Charasse est l'expression d'un socialisme qui a le sens de l'Etat et qui a le sens du respect des personnes. Michel Charasse a ses convictions, il a toujours respecté ses contradicteurs et il a eu la tolérance d'avoir des amis, dont je suis, en dehors de sa propre famille politique » selon N.S. en visite chez le sénateur socialiste du Puy-de-Dôme. Est-ce, après E. Besson, le nom du second (deuxième ?) ministre du ‘pôle de gauche’ de la majorité présidentielle de N.S. ?

27.04.2007

présidentielle + 5 - résumé du jour

- Aura lieu, n’aura pas lieu ? Après avoir été annoncé dans la presse régionale, le débat entre S. Royal et F. Bayrou est annoncé sur Canal +. Puis coup de théâtre, la chaine renonce à son tour à l’organiser au motif que les règles imposées par le CSA pour l’égalité du temps de parole entre les candidats imposaient qu’ils débattent à trois ou qu’une compensation soit attribué à N. Sarkozy dans des conditions de diffusion identiques. Il n’en fallait pas moins pour que la liberté d’expression devienne un débat dans le débat et que la suspicion le lève. Pression de N.S. sur les médias, sur le CSA, la gauche et F.B. s’emploie à dénoncer une atteinte à la liberté d’expression : « C'est quand même étonnant qu'il soit difficile de monter un débat avec François Bayrou et Ségolène Royal soit devant la presse quotidienne, soit devant une chaîne de télévision ». Il n’est pas besoin d’en dire plus.

- Le débat occulte le reste et les petites phrases emportent le fond. On ne retient que S.R. pense que la plus grande qualité et le plus grand défaut aussi de N Sarkozy c’est qu’ « il sait tout, il a réponse à tout ». Et sans être face à face ni sur la même chaine, N.S. lui répond quelques instants plus tard : « "C'est une critique? Dans ce cas, choisissons une candidate qui ne sait pas tout et qui n'a pas de réponse ». Le reste n’a que peu d’importance et on sent que la maîtrise du débat échappe au(x) débateur(s). Les propositions sur la maladie d’Alzheimer et sur l’euthanasie qui auraient pu être un moment essentiel de la journée font un ‘flop’. « Je regardais les chiffres : 2004-2007, c'est 200 millions d'euros pour la recherche (...) sur l'Alzheimer. Grâce à Jacques Chirac, pour le cancer, c'est 1,5 milliard d'euros. Il faut faire pour Alzheimer ce qu'on a fait pour le cancer » ; « Il y a une différence dans mon esprit entre injecter le liquide mortel, que j'appelle faire mourir, et interrompre un traitement dont on sait qu'il accéléra la mort ce que j'appelle le laisser mourir ». De ces points dont il aurait sans doute souhaité qu’ils deviennent un élément du débat comme il a réussi à le faire pour tous les sujets qu’il a jusqu’à maintenant abordé, il n’a pas vraiment été question. Le débat S.R. / F.B. est trop occultant et trop ‘médiatique’.

- Mais c’est aussi le cas de la spéculation sur le nom des ‘premiers ministrables’. F.B. pourrait-il être le Premier ministre de S.R. et J.-L. Borloo celui de N.S. ? Interrogée sur ce point S.R. indique à propos de F.B. : « Je crois que nous n'en sommes pas là. … Il n'est pas dans la tradition de donner à l'avance le nom de son Premier ministre ou … de son gouvernement. Mais rassurez-vous, j'ai des idées, je suis prête, je crois pouvoir rassembler une équipe très talentueuse autour de moi pour faire en sorte que la France aille mieux ». Sorti par la porte, F.GB. rentre à nouveau par la fenêtre, le tour de force est vraiment intéressant.

- Scoop ! « Si je suis président de la République, j'abandonnerai immédiatement toute fonction élective et partisane » dit N.S. Pourquoi, des Présidents de la république en ont conservé par le passé ? La chose ne faisait aucun doute, du moins … ?

26.04.2007

présidentielle + 4 - résumé du jour

Pour la première fois depuis que l’élection au suffrage universel direct a été mise en place sous la V° République, le principal acteur du second tour est un candidat éliminé au premier. Tout tourne autour de F. Bayrou et du soutien, réel ou supposé, qu’il apporte à tel ou tel des deux finalistes. Bref le grand vainqueur c'est F.B. Il est celui dont tout le monde parle et que tout le monde s'arrache. Tant qu'il n'y aura pas d'affrontement direct entre les deux candidats du second tour, F.B. sera l'objet de toutes les convoitises et le principal sujet électoral.

- S. Royal lui propose un débat dans la presse régional, débat éventuellement filmé ; il souhaite un débat télévisé, comme entre S.R et N. Sarkozy. Le problème sera dans ce cas celui du décompte du temps de parole … !

- N.S. lui ne veut pas de ce débat, ce qui s’explique. Si S.R. rencontre F.B. et lui non, il donnera l’impression que F.B. est de gauche. De plus, N.S. montre comme cela qu’il n’y a pas de sa part de négociations d’état-major. De plus organiser un tel débat remet encore F.B. au centre du second tour et pendant qu’on parle de F.B. on ne parle pas de N.S. Il préfère donc en appeler directement aux élus de l’UDF pour qu’il le soutienne au second tour en échange, bien sûr d’un soutien de la part de la majorité présidentielle lors des prochaines législatives ; du donnant-donnant en quelque sorte : « Je ne rentre pas dans la négociation partisane. Je dis simplement que tout élu de l'UDF qui soutiendra ma candidature avant le 6 mai sera dans la majorité présidentielle et recevra l'investiture de cette majorité ».

- F.B. laisse chaque parlementaire libre de ce faire puisqu’il ne donne pas de consigne de vote à ses électeurs, il n’en donne pas non plus à ses élus. Il critique les deux candidats du second tour mais sur des plans différents. N.S. : « Ilva concentrer les pouvoirs comme ils ne l'ont jamais été ; il risque d'aggraver les déchirures du tissu social. … Il y a des ressemblances entre Berlusconi et Nicolas Sarkozy ». S’agissant de S.R. Il indique que si elle « parait mieux intentionnée en matière de démocratie … son programme va exactement en sens contraire des orientations nécessaires ». Et de conclure : « Je n'accepte aucun de ces deux risques ». Et il annonce la création d’un nouveau parti par un refondation de l’UDF dans un « parti démocrate ».

- La future majorité présidentielle de N.S. est du reste large : « Dans la majorité présidentielle, il y aura un pôle UMP et place pour un autre, issu du centre, qui pourra porter, avec l'identité qui est la sienne, les valeurs auxquelles il tient. Un troisième pôle s'ajoutera aux deux premiers, un pôle de gauche, auquel je ne demanderai pas de renier son engagement mais qui se reconnaîtra dans la nécessité de faire bouger la France sur un contrat de gouvernement de cinq ans ». Ce pôle est pour l’instant constitué de … E. Besson.

- Après avoir hier raillé l’annonce faite par S.R. sur la présence de ministre UDF dans son gouvernement en critiquant les manœuvres d’appareil, N.S. a déclaré mercredi soir qu'il pourrait, lui aussi, nommer des ministres UDF : « Je ne veux pas d'ouverture politicienne. J'essaierai de choisir 15 femmes et hommes de qualité. Je veux choisir la meilleure équipe de France (...) y compris venant de formations politiques qui ne sont pas la mienne, parce que j'aurai le devoir de rassembler ». Et lorsqu’on lui demande qu’il y aura des ministres UDF il répond : « Mais bien sûr, et même au-delà, et pourquoi pas. … A partir du moment où les Français m'auraient choisi (...) mon devoir c'est de prendre les meilleurs où ils se trouvent et de faire la meilleure équipe de France sur une stratégie, sur une ligne politique, sur un projet qui aura été défini et choisi par les Français. C'est cela l'ouverture telle que je la conçois ».

- J.-M. Le Pen qui ne décolère pas en profite pour dénoncer cette ‘ouverture à gauche’ de N.S. « Les Français peuvent constater à quel niveau le 'débat politique' peut descendre quand les combines et les magouilles prennent la place du débat de fond. … Ce n'est là que le début d'un honteux spectacle qui défigure le visage de notre patrie ».

- A gauche à l’inverse, ce sont les tractations Bayrou/Royal qui agacent tant chez les Fabiusiens qu’au PCF et à la LCR. Mais le ‘TSS’ n’est-il pas pour second tour ce que le vote utile fut au premier ?

25.04.2007

présidentielle + 3 - résumé du jour

- N. Sarkozy pense qu’il existe bien un principe ‘TSS’ (Tous Sauf Sarkozy) : « Le Parti socialiste rêve d'un front qui serait constitué non contre mes idées, non contre notre projet, non contre mes convictions, non contre mes propositions, mais uniquement contre ma personne. … On constitue ainsi le front commun des haines, des intolérances et du sectarisme ».
Mais c’est encore sur la question des alliances qu’il se place tant pour dénoncer celles que tente S. Royal : « Cette gauche voudrait contenter à la fois le trotskiste, le communiste, l'écologiste, le chevènementiste, le socialiste, le radical de gauche et le centriste. A l'arrivée, elle mécontentera tout le monde parce qu'elle n'a voulu choisir aucune ligne stratégique claire ».
Que pour justifier celle qu’il tente lui-même : « Chacun de ceux qui nous rejoint le fait en toute liberté. … Vous êtes des femmes et des hommes libres et moi je suis libre aussi. Et c'est pour cela que notre rassemblement sera le rassemblement de tout le peuple de France. Je le dis d'ailleurs à mes amis de l'UDF qui sont les bienvenus, parce que nous avons besoin d'un grand rassemblement et que je ne demande à personne de renier son identité ».

- Le député-maire de Rouen, P. Albertini qui accueillait F. Bayrou vendredi dans ‘la plus grande ville UDF de France’, co-auteur du projet législatif de l'UDF, a annoncé à la tribune qu'il voterait le 6 mai pour N.S. Profitant d'être à Rouen N.S. fait un long développement sur Jeanne d'Arc dont on sait aussi qu'elle est une des figure emblématique utilisée par le F.N.

- A l’UMP, on envisage la création d'un nouveau parti centriste formé à partir des UDF qui ont rejoint l'UMP : « soit on a suffisamment d'UDF qui nous rejoignent à l'UMP et on reprend l'UDF de l'intérieur, soit on additionne les UDF qui viennent de nous rejoindre avec ceux qui nous ont rejoints depuis 2002 et avec eux, on forme un nouveau parti ». Bref, fin de la stratégie de J. Chirac qui avait constitué un grand parti de la majorité en 2002. Retour au bipartisme à droite.

- N.S. a tenté de joindre F.B. après le premier tour de l'élection présidentielle, sans avoir pu parler au candidat de l'UDF.

- N.S. a déjeuné avec le Premier ministre D. de Villepin, scellant ainsi un ‘réconciliation’.

« J. Delors soutient ma démarche d'ouverture ». S.R. a rencontré J. Delors dont le nom a souvent été cité par F.B. durant la campagne comme un modèle de Premier ministre même s’il souhaitait trouver un Delors « en plus jeune ». Ainsi l’offensive de charme en direction du centre se poursuit à gauche comme elle se développe à droite. Et si à droite on se garde bien de parler publiquement de portefeuille ministériel (il faut dire que s’il n’y en a que quinze, il y a peu de chose à distribuer qui ne l’ait déjà été), S.R. envisage elle que des ministres UDF participe à un gouvernement sous sa présidence. L’idée d’une ‘séance de travail’ avec l’UDF est toujours envisagée même si F.B. reste pour l’instant muet. A défaut de pouvoir lui parler au téléphone, elle a donc écrit à F.B. et attend une réponse qu’elle souhaite rapide.

- Si D. Cohn-Bendit est favorable à l’ouverture vers le centre, (qui aurait pensait en 1968 que ‘Dany le Rouge’ appellerait à un accord avec le centre ? Il est vrai qu’il est devenu ‘vert’ depuis), J.-L. Mélenchon estime que « s'il y avait une alliance du PS avec le centre, il y a la moitié des socialistes qui fichent le camp dans l'abstention et sans parler des électeurs communistes » et menace de quitter le PS.

- Pourtant comme à droite c’est la stratégie adverse qui est montrée du doigt : « Nous ne sommes pas dans des tentatives de débauchage. Nous laissons ces méthodes à Nicolas Sarkozy- F.B. réunit les élus UDF pour évoquer le second tour, les législatives et, au-delà, la création d'un nouveau parti mais il garde le silence.
- L'UDF souhaite disposer pour la campagne officielle des élections législatives des 10 et 17 juin d'un temps de parole qui tienne compte des résultats du premier tour du scrutin présidentiel.

24.04.2007

présidentielle + 2 - résumé du jour

C’est la tentation du centre. Que ce soit chez N. Sarkozy ou chez S. Royal, il faut séduire une partie des électeurs de F. Bayrou. La seconde lui propose un débat « public et transparent » pour « construire ensemble l'avenir du pays », le premier, sans vouloir négocier avec l’état major, propose un rassemblement large de l’UMP, de l’UDF et de la gauche.

- S.R. veut rester à l'écart de toute « combinaison » qui serait faite « dans le dos des électeurs » mais reprend en fait l’idée développée (et pratiquée en son temps) par M. Rocard d’une alliance avec le centre. Les points qui pourraient faire l’objet de ce débat sont : la rénovation de la vie politique, un Etat impartial et les libertés publiques, le ‘refus des tensions dans les villes et les quartiers’, la relance de l'Europe" et les priorités éducatives et écologistes.

- N. Sarkozy refusera les débauchages, les manœuvres et les combinaisons d'appareil, ou « pire les marchandages ». Il refuse de « renier son projet dans le but d'obtenir un consensus entre les partis ». Mais il ne refusera pas les ralliements comme celui de E. Besson que l’on pressentait depuis un moment. Cette présence d’un ancien secrétaire national du PS auprès de N.S. est un beau coup médiatique et permet à N.S. de dire qu’il y aura des socialistes auprès de lui (voir un ministre socialiste … ?). E. Besson a terminé son intervention par : « Alors je dirai simplement, forza Nicolas et allez la France ! » faisant allusion au soutien que S. Berlusconi, président de « Forza Italia » a apporté à N.S.

- Du côté de F.B. c'est pour l'instant la 'réunionite' pour tenter de déterminer une position pour l'avenir. Or les intérêts de l'ancien (et futur candidat) à la présidentielle sont différents de ceux des députés UDF qui souhaiteraient bien retrouver leur sièges et qui ne peuvent espérer le garder que dans le cadre d'une alliance avec l'une ou l'autre force. Le jeu des triangulaires est certes possible aux législatives mais il est en général fatal au "troisième" qui ne peut que nuire par son maintien à l'un des deux autres. La réflexion est donc essentielle pour l'avenir.

Le petit jeu des pronostiques sur le nom du futur premier ministre est entamé. F. Fillon semble tenir la corde si N.S. l’emporte, J.-L. Bianco si c’est S.R. Cela n’aide sans doute pas les intéressés qui se défendent d’y penser mais on le sait « Y penser ? Toujours ? En parler ? Jamais ! ».

23.04.2007

présidentielle + 1 - résumé du jour

Les sondages ne s’étaient donc pas trompés ou plus exactement la photographie qu’ils donnaient de l’électorat il y a quelques jours est restée la bonne. L’ordre d’arrivé du quatuor de tête était donné depuis un moment et le fait qu’aucun des autres candidats ne dépasse 5% était également annoncé. Voilà donc une belle économie pour les finances de l’Etat qui n’a que quatre candidats à rembourser. Enfin, et pour moi c’est important, mon sujet d’examen conserve tout son intérêt et tout son sel !

Que peut-on ajouter qui n’est été dit et redit sur les télés, les radios, dans la presse et sur les blogs ? Pas grand-chose. On ne peut que faire les mêmes constats.

- Une participation exceptionnelle de 84,6 % : la plus importante depuis 1965 (84,7%), date de la première élection au suffrage universel direct sous la V° République. Et encore peut-on constater que les deux chiffres sont extrêmement voisins.
- Une meilleure représentativité des deux candidats arrivés en tête au premier tour. A eux deux N. Sarkozy et S. Royal obtiennent 56,95 % des suffrages exprimés c’est-à-dire plus de la majorité absolue. Les deux candidats arrivés en tête n’avaient plus dépassé 50 % des suffrages depuis 1988. En 2002, J. Chirac et J.-M. Le Pen arrivaient au total à 36,6 % des suffrages exprimés !
- Un effondrement total du PCF à 1,94 % des suffrages exprimés. Ce score est évidemment le plus mauvais jamais enregistré par le PCF. On rappellera que le candidat du PCF (J Duclos) était en troisième position en 1969 avec 21,3 % et que en 1981 G. Marchais dépassait encore les 15 %. C’est la LCR qui devient le second parti de gauche avec les 4,11 % de O. Besancenot.
- Une baisse significative du candidat du FN (10,51 %) qui réalise son plus mauvais score depuis 1988 (14,6 %) et se retrouve en quatrième position comme en 1988.
- En revanche F. Bayrou atteint le plus haut score (18,55 %) jamais enregistré par un candidat centriste depuis 1974 (VGE 32,6 %).

Mais surtout, et on s'étonne que cela n'est pas encore été noté, S.Royal est la première femme à être présente au second tour d'une présidentielle. Cet élément peut-il avoir une influence sur la suite des évènements ? Il conviendra aussi de s'y intéresser.

On dira encore que ces chiffres sont encore provisoires puisqu’il reste encore 500.000 bulletins à dépouiller, ceux des français de l’étranger. Ils devraient conduire à modifier légèrement les pourcentages compte tenu qu’il s’agit d’un vote traditionnellement favorable aux partis disposant d’une représentation parlementaire et plus souvent favorable à la droite traditionnelle qu’à la gauche.

Pour le reste c’est dans le rapport de force qui s’installe entre la gauche et la droite que les chiffres sont également intéressants. Si S.R. fait le même score que celui de F. Mitterrand en 1981 (environ 25,9 %), la gauche non socialiste lui fait perdre pratiquement toute « réserve ». En effet elle représente 9,05 % (10,62 % avec les verts) contre 20,3 % (24,2 % avec le candidat écologiste d’alors B. Lalonde) en 1981. Ce sont donc presque 10 % d’électeurs qui ne votent plus pour la gauche non socialiste et qui manquent à l’appel. Il va falloir les trouver ou perdre le second tour.

Voilà maintenant la bataille pour le second tour engagée. Elle nous conduira encore à quelques billets mais sans doute avec moins d’assiduité. Le pari de faire un billet par jour (même un peu plus) est tenu et j’en suis assez satisfait.
Je vais maintenant reprendre plutôt les commentaires de fond, aussi bien sur le plan institutionnel que sur le plan financier. Qui que soit le prochain Président de la République, nous sommes en effet sûr de deux choses : il révisera la Constitution et sera confronté à l’épreuve de la réalité : la dette publique. Sauf si ...

21.04.2007

présidentielle - 1 - résumé du jour

- S. Royal critique toujours autant F. Bayrou : « Un certain nombre de Français ne se situent ni à droite ni à gauche. C'est ce filon qu'a exploité François Bayrou tout en restant lui aussi dans une espèce de flou, en restant président de l'UDF et sans dire clairement ce qu'il ferait entre les deux tours ». Pour son dernier grand meeting, elle avait à ses côté J.-L. Zapatero et D. Mitterrand. Pour le Premier ministre espagnol, « Ségolène incarne l'impétuosité personnelle, la fraîcheur de caractère et l'optimisme. Elle représente une autre façon d'être, de gouverner, elle incarne les promesses de réussite de la social-démocratie ». S.R. s’est ensuite adressée à ceux qui hésitent encore : « Voulez-vous que les valeurs humaines l'emportent toujours sur les valeurs boursières et financières ? Pensez-vous qu'il est possible de réformer la France sans la brutaliser (...), de remplacer la loi du plus fort par la loi du plus juste ? », invitant les Français à se rassembler autour de son pacte présidentiel, « projet cohérent, appuyé sur un certain nombre de valeurs » : « Tous ceux qui pensent que les valeurs humaines dans l'action politique doivent toujours l'emporter sur les valeurs boursières ou financières, … tous ceux qui pensent que l'on peut réformer en profondeur la société française sans la brutaliser, … tout ceux qui pensent que la révolution écologique est une chance à accomplir peuvent se retrouver autour de moi ».

- J.-M. Le Pen tente son va tout : « Sarkozy, Bayrou, Royal, on prend les mêmes et on recommence. … A les entendre ils sont tous patriotes, tous sauveurs des travailleurs et des retraités, tous défenseurs de la veuve et de l'orphelin, tous amis des paysans ... C'est la fameuse rédemption électorale, … celle qui veut transformer ces vieux chevaux de retour de la politique en perdreaux de l'année. C'est le requin aux dents qui rayent le plancher qui endosse son costume de petit poisson rouge. C'est la mue de la coquine en rosière et du maquignon en Saint Jean Bouche d'Or ». Il prédit une « grand vague nationale qui va balayer l'oligarchie en place » : « C'est nous qui avons l'honneur de porter le drapeau national, qui l'avons défendu en toutes circonstances. … Je suis fier de vous mener à la victoire, car je sens pour ma part que l'aube du changement pointe à l'horizon, comme un signe du Ciel à ceux qui trahissent »

- F. Bayrou promet aussi une surprise et fustige l’éditorial du « Monde » qui appel à un duel Ségolène Royal/Nicolas Sarkozy « pour assurer les chances d'un vrai choix » : « Pour vous, on doit supprimer le premier tour de l'élection présidentielle et passer directement au second » selon F.B. qui estime qu’il menace la « bonne vieille connivence entre les pouvoirs financier, politique et médiatique » lui qui est « le seul à pouvoir gagner le deuxième tour contre l'hyper favori qu'on nous présente dans tous les sondages ».
Il dénonce encore l’attitude de N. Sarkozy : « A force de faire monter les tensions, entre les communautés, entre les origines, entre les religions, entre les couleurs de peau, on rend la France dangereuse. … Je veux la France en sécurité, apaisée ».

- N. Sarkozy fait maintenant dans un nouveau registre : « On ne sort pas indemne d'une telle campagne, à cause de ce qu'elle contribue à révéler de soi-même. … Les insultes, les mensonges, j'en ai eu mon lot. Si je n'existais pas, il faudrait m'inventer ! … Je ne répondrai pas aux injures et aux insultes. … Quand des candidats n'ont pas d'idée, pas d'argument, pas de conviction; quand ils ne croient en rien et ne travaillent pas, ils n'ont pas d'autre recours que l'insulte, le mensonge et l'insinuation. … Ce n'est pas digne de la fonction présidentielle et de la France ». A J.M.L.P. il réplique et cite : « Oui, ma famille est venue d'ailleurs, je suis un Français de sang mêlé. … ‘Je suis née pour partager l'amour, non pour partager la haine’ ». A la gauche il lance : « C'est extraordinaire cette gauche qui considère que, dès qu'on est pas d'accord avec elle, on est un factieux. … Il y a le bien et le mal, le bien c'est tout ce qui est à gauche. Si vous n'êtes pas d'accord avec la gauche, vos idées, elles sont illégitimes » Puis il définit sa France : « Ma France ce n'est pas celle de Le Pen parce que ma France ce n'est pas une race, ma France ce n'est pas une ethnie, ma France ce n'est pas l'exclusion, ma France ce n'est pas la détestation de l'autre, c'est au contraire la fraternité pour l'autre

- A. Laguiller a tenu son ultime meeting électoral et juge « invraisemblable que Ségolène Royal ne soit pas au deuxième tour » et reste sur ces positions « Depuis cinq ans, c'est la droite qui a fait le sale boulot. En 2002, c'était Jospin et la gauche ». Ensuite ‘séquence émotion’ autour de la recordwoman des candidatures « On espère que la personne qui va prendre la suite sera aussi charismatique, même s'il risque d'y avoir une période de flottement » espèrent des militants de LO. Mais Arlette le dit « Depuis mes 20 ans, je n'ai pas cessé de militer, et je vais continuer »même si elle indique aussi que sa succession se fera « parmi les six ou dix jeunes camarades nommés dernièrement porte-parole régionaux ».

- J. Bové affirme « Aujourd'hui, je crois que le programme du Parti socialiste et notre programme sont incompatibles. … Quand on parle des services publics, eux ne parlent pas de remettre en cause les directives de Barcelone qui ont décidé de les privatiser. Ils refusent aujourd'hui de remettre en cause l'accord général sur le commerce et les services de l'OMC. Lance donc « un appel au Parti communiste, à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), pour qu'on se rassemble, pour qu'il y ait des candidatures uniques aux législatives, qu'on sorte de cet éparpillement. … C'est le point de départ. Après le 22 avril, j'espère que les choses vont se concrétiser ».

- O. Besancenot indique : « La valeur travail quand on est de gauche, c'est le droit à l'emploi. … Les questions sociales sont tenaces dans le pays : le non au traité constitutionnel européen, l'insurrection dans les banlieues, les manifestations contre le CPE », il regrette une « fin de campagne ressemble à un double dialogue à distance entre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen d'une part et François Bayrou et Ségolène Royal d'autre part » et ajoute « Voter pour moi, ce n'est pas voter inutile ».

- En ce dernier jour de la campagne pour le premier tour, N. Sarkozy a joué les gardians en Camargue sur un magnifique cheval, S. Royal a reçu des roses dans le Poitou et F. Bayrou c’est rendu à Rouen, plus grande ville UDF de France.

Patience maintenant.

20.04.2007

présidentielle - 2 - résumé du jour

- N. Sarkozy critique F. Bayrou : « Je l'ai connu de droite, il est de gauche. Mais il faut qu'il prévienne ses électeurs, il a changé si vite. … Ils n'ont pas voté pour lui pour qu'il fasse alliance avec la gauche. … Peut-être que cela peut étonner un certain nombre d'électeurs de l'UDF, un certain nombre d'électeurs du centre, que de se retrouver alliés avec le parti communiste, des trotskistes et Mme Royal ». Il est aidé en cela par ses principaux soutiens centristes, Gilles de Robien : « Il disait qu'il voulait une UDF libre et indépendante. Et voilà l'UDF roue de secours du parti socialiste. Il disait qu'il voulait une UDF forte. Et voilà qu'il va la noyer dans un grand parti de gauche » ; André Santini : éLe centrisme n'est pas soluble dans le socialisme. … La course poursuite engagée par l'UDF en direction de la gauche, parfois même de l'extrême gauche, est inappropriée, dangereuse et malhonnête. … Qu'est devenu le parti libre, le parti de la démocratie quand son président décide seul de sa stratégie, lors d'un dîner avec Michel Rocard ? ».

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- N.S. critique la rencontre entre F.B. et M. Rocard : « l'élection présidentielle de la Ve République, c'est la rencontre d'un candidat ou d'une candidate avec le peuple, pas des partis qui essaient de récupérer sur le tapis vert ce que le peuple ne va pas leur donner. … Avant même qu'ils ne sachent s'ils sont qualifiés pour le deuxième tour, ils s'agacent, ils s'énervent, ils s'inquiètent: 'il faut vite se rencontrer, méfions-nous du peuple, organisons notre coalition avant même que le peuple ne se prononce' ».

N.S.indique que la présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac (ancienne ministre, ex-députée UDF et ancien soutien de F.B. en 2002), qui privilégie le dialogue social à une loi sur le service minimum dans les transports, « fera ce que son actionnaire (l'Etat) lui dira de faire ». « Si elle n'est pas d'accord, elle en tirera certainement toutes les conséquences. … Si les Français votent pour moi, ils auront le service minimum et ce ne sera pas le problème de Mme Idrac à ce moment-là. … Comment on (y) arrive ? Je demanderai aux syndicats de se mettre d'accord sur un projet de service minimum à l'été 2007. S'ils y arrivent, il n'y a pas besoin (de loi), s'ils n'y arrivent pas, on fera voter par le nouveau Parlement une nouvelle loi avant (décembre) 2007 ».

- Pour F.B. : « Nous allons faire rimer France avec confiance, avec croissance, assurance, chance, nous allons faire rimer France avec espérance. … Nous ne sommes pas là pour faire un score, (...) nous sommes là pour gagner. … Il faut leur arracher le pouvoir. Il faut les renvoyer pour cinq ans au moins à leurs chères études. … Il faut leur offrir une bonne douche froide pour qu'ils se mettent à réfléchir, pour qu'ils fassent leur révolution culturelle ». Puis attaques à gauche et à droite : « Nous n'avons pas besoin de multiplier les drapeaux tricolores et pas besoin d'un ministère de l'Identité nationale ». F.B. est heureux de « ne pas recevoir le label de la droite à la mode Sarkozy. … de la gauche à la mode Jospin. … Il y a de la droite et il y a de la gauche en moi et (...) il y a du centre en moi ». Selon lui, le 22 avril, « les Français renversent une des deux citadelles, celle qu'ils voudront et ils nous mettent en finale ! … Le 6 mai, ils prennent la deuxième Bastille ! ».

- J.-M. Le Pen estime toujours : « Il y aura un deuxième 21 avril et peut-être même un Jospin 2007. Nicolas Sarkozy est donné gagnant en toute certitude, mais est-ce si sûr ? ». Il continue a affirmer : « il se trouve que Sarkozy a trois grand-parents étrangers sur quatre. Il peut être Français, ministre et même Premier ministre. Mais la fonction présidentielle a une dimension quasi-religieuse ». Et toujours dans le registre de la certitude il indique : « Si je suis élu, j'irai à Bregançon prendre quelques jours de repos. Le 14 juillet, j'offrirai aux Français un grand buffet qui irait de l'Etoile à la Concorde, suivi par une soirée bacchique ».

- O. Besancenot estime qu’il a déjà gagné et revendique « le droit à l'utopie ». … Le vote utile à gauche, ce n'est pas seulement de penser au second tour mais de penser aux cinq années à venir. … Le rapport de forces global des cinq prochaines années ne sera pas le même si l'option d'une gauche indépendante du PS se compte par milliers ou par millions de voix. … Moi je fais toujours la différence entre la gauche et la droite, mais ce n'est pas le cas des deux principaux candidats. … Sans raconter d'histoire, on a une place politique qu'on a occupée dans cette campagne et qui dépasse même notre propre électorat. … Des tas d'électeurs de gauche disent qu'on a été utile pendant cette campagne ». Pour les législatives, « il y aura les mêmes discussions et les mêmes éléments politiques à prendre en compte que pour les élections présidentielles » indique O.B. Selon A. Krivine, les listes unitaires seront malgré tout assez rares.

- J. Bové affirme que le combat « pour un autre monde en marche » ne s'arrêtera pas avec la présidentielle : « Nous allons le mener aux législatives et aux municipales » et il lance un appel à la désobéissance civique : « contre les multinationales … contre les lois qui chassent les enfants de ce pays … contre la construction du réacteur nucléaire EPR en Normandie … nous désobéirons aux lois si nécessaire

- L'ancien président de la République V. Giscard d'Estaing, membre du Conseil Constitutionnel et à ce titre tenu à un devoir de réserve puisqu’il sera juge de cette éliection, annonce son soutien à N.S. : « Par les choix qu'il propose sans ambiguïté aux Français, par son expérience de l'exercice du pouvoir et sa capacité de faire avancer les choses, par sa volonté déclarée de dialogue, par l'existence d’une majorité sur laquelle il pourra s'appuyer et qui donne des signes encourageants de renouvellement, Nicolas Sarkozy est le seul à réunir les conditions qui nous permettent de choisir raisonnablement notre futur président ». Certes, il n’y a là aucune surprise politique mais un étonnement et même un scandale inadmissible . S’il y a une révision à faire c’est celle là … Les anciens présidents ne doivent plus être au Conseil Constitutionnel.


- S. Royal reprend des thèmes de gauche « Le salariat féminin c'est le prolétariat d'aujourd'hui ». Elle dénonce « l'insupportable contraste entre les parachutes dorés, les retraites chapeau et le niveau de rémunération des salariés ». Mais elle reprend aussi ses attaque contre N.S. « Nicolas Sarkozy est un homme dangereux. … Non seulement la fracture sociale s'est creusée, mais il y a aujourd'hui une menace de fracture républicaine, et on le voit dans l'accumulation des propositions et déclarations. … Il y a aussi chez Nicolas Sarkozy la défense d'une France des communautés, une forme de communautarisme. Moi je crois à la République une, laïque et indivisible. … Moi je n'ai pas inventé des valeurs le temps d'une campagne électorale, elles ont toujours été les mêmes ». Elle confirme : « Je me bats pour être au second tour. … Je suis celle qui peut incarner le changement. Les deux autres candidats sont des candidats sortants. Ils ont participé à la majorité sortante. Ils ont voté toutes les lois sortantes, toutes les réformes sortantes. … Comment pourraient-ils être crédibles en promettant ce qu'ils n'ont pas fait hier ? ».

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