05.05.2007
présidentielle + 13 - option
Demain, selon toute vraisemblance, nous connaîtrons le nom du nouveau Président (de la nouvelle Présidente) de la République qui entrera en fonction dans quelques jours. Mais il sera surtout intéressant de s’intéresser à l’attitude du candidat (de la candidate) battu. Que fera-t-il (elle … mais je laisse maintenant tout au masculin pour simplifier) ? Reconnaissant sa défaite comme il est de bon ton en démocratie, ce candidat ca-t-il également admettre qu’il faut maintenant concrétiser la victoire de son adversaire en lui donnant une majorité parlementaire ? Va-t-il, au contraire, prendre la tête de la bataille législative pour tenter de remporter ces élections ou du moins d’assurer à l’Assemblée la présence d’une opposition forte et donc efficace ? Va-t-il inviter son parti à se lancer dans ce nouveau défi dernière lui ou avec un autre chef de file ? Certes, l’élan de la victoire présidentielle a toutes les chances d’accorder cette majorité au Président élu (si l’écart de voix est suffisant du moins). Mais faut-il pour autant que l’opposition se saborde ou qu’elle tente d’être la plus puissante possible ?
Dans les derniers temps, l’un et l’autre des candidats ont souhaité que notre démocratie soit plus vivante, que l’opposition ait un statut mieux défini qu’il ne l’est actuellement pour qu’elle puisse s’exprimer et faire vivre cette démocratie et le Parlement. Il est même question, chez l’un comme chez l’autre d’accorder à l’opposition la présidence de la commission des finances de l’Assemblée (même si ce n’est pas grand-chose compte tenu de l’existence du rapporteur général du budget, véritable chef de cette commission). Alors est-il souhaitable que la majorité présidentielle soit tellement forte que l’opposition soit totalement muselée pendant les cinq années à venir ? Faut-il que l’opposition présidentielle capitule en rase campagne et ne lutte même pas pour être la plus puissante possible ? Bref, faut-il que le Parlement ne soit d’une chambre d’enregistrement des volontés présidentielles pendant tout le quinquennat ?
On le voit, dans les prochaines semaines se jouent en fait la future vie démocratique du pays.
Que la majorité parlementaire soit contraire à la majorité présidentielle et l’élection présidentielle n’aurait été qu’un leurre ; que la majorité parlementaire soit identique et qu’elle submerge l’opposition et le débat démocratique sera impossible pendant cinq ans. Ni l’une ni l’autre solution ne sont sans doute souhaitables. On le comprend, l’enjeu est de taille car c’est là évidemment que se joue l’avenir de la Constitution actuelle : entre immobilisme et Césarisme.
10:36 Publié dans Droit Constitutionnel, Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, cohabitation, législatives, majorité, opposition
03.05.2007
présidentielle + 11 - résumé du jour
Le débat a donc eu lieu et il fut intéressant. A-t-il conduit des électeurs à changer leur opinion et des indécis à s’en faire une. Il est évidemment impossible de la savoir. Il reste qu’en fera quelques remarques. Bien que le débat ait duré près de deux heures 40, il n’a pas été possible d’aborder certains thèmes sauf en les survolant. Qu’il s’agisse des affaires étrangères, de la question européenne, même des questions institutionnelles, on est resté à quelques généralités. Ce sont les thèmes plus sociaux et plus économiques qui ont été approfondis, du moins traité avec un peu plus de détail.
Or, rappelons-le, il s’agit d’élire le Président de la République et non le Premier ministre. Il est vrai que la campagne a plus été orientée vers ces thèmes. Ce sont évidemment les questions qui intéressent au premier plan les électeurs qui, en définitive, ne voit pas qu’il y ait un intérêt de discuter de la position que pourrait adopter notre pays si tel ou tel évènement international se produisait. Il n’en reste pas moins que, sur ces questions pourtant comme sur les questions de défense (qui n’ont pas du tout été traitées), des différences politiques essentielles étaient apparues dans la campagne. Dommage que l’élection présidentielle soit maintenant réduite à un débat de politique intérieure qui devrait être celui des élections législatives. Mais, les français veulent élire quelqu’un qui s’occupera de leur quotidien, convaincu sans doute que, s’agissant de l’international, le titulaire de la fonction suprême finira toujours par acquérir les compétences nécessaires.
Reste la question des institutions qui elle méritait sans doute un peu plus de temps qu’il ne lui en a été laissé. Elle servira de référence pour notre développement.
Certes, l’un des débatteurs l’a dit (et non l’avions nous même indiqué) ce ne sont pas là des questions qui intéressent l’électeur préoccupé par son pouvoir d’achat. Or la question des institutions fut pourtant largement débattue il y a quelques semaines. Mieux, si l’on se souvient du débat de 1995, on se rappelle sans doute que L. Jospin avait indiqué qu’il souhaitait réviser la Constitution et introduire le quinquennat, Il s’était alors attiré de la part de J. Chirac une réplique sans appel signifiant que : 1. Les questions institutionnelles n’intéressaient pas les français plus préoccupés par le chômage et l’insécurité ; 2. que lui, J ? Chirac, ne ferait pas de révision constitutionnelle et en tous les cas qu’il ne mettrait pas en place le quinquennat qu’il jugeait être une mauvaise idée. On sait ce qu’il advint, il y eu une première révision constitutionnelle dès le mois d’août 1995, d’autres suivirent à raison de un à trois par ans et le quinquennat fut en place en 2000.
Or ici, l’un et l’autre des deux candidats souhaite réviser la Constitution, l’un partiellement, l’autre profondément. Mais par delà cette nuance d’importance de la révision, il y va malgré tout du fonctionnement de notre démocratie. Or, sur ces questions, l’impression de flou a tendance à s’accroître du fait des formulations employées et des variations que les candidats eux-mêmes mettent dans les réformes qu’ils envisagent. Ainsi l’idée d’attribuer la présidence de la commission des finances à l’opposition, lancée par S. Royal dans son pacte présidentiel est maintenant reprise par N. Sarkozy ; à l’inverse, l’idée de N.S. de donner au président de la République la possibilité de s’adresser lui-même au parlementaires est maintenant reprise par S.R. On dira qu’il y a donc là des convergences intéressantes ; certes. Mais l’une et l’autre de ces modifications ne sont pas anodines. La première suppose de définir l’opposition (l’Udf est-il dans l’opposition ?) mais aussi de déterminer quel groupe politique, au sein de l’opposition peut prétendre à ce poste. La seconde suppose de déterminer quel sera la conséquence d’une telle prise de parole et en particulier s’il y aura un débat qui suivra l’intervention présidentielle. Certes, on le redira, tout cela n’intéresse en définitive que peu, voire pas du tout les électeurs. Mais si on souhaite en parler il faut le faire avec suffisamment de détails ou alors ne rien dire sur cette question.
Bref, on dehors des questions constitutionnelles qui ne sont ici qu’un prétexte, il me semble qu’il faille à l’avenir repenser le débat d’entre les deux tours pour lui donner la possibilité d’aborder les questions de la vie quotidienne sans reléguer en fin de débat pour y être traitées à la sauvette, les questions internationales, européennes et institutionnelles.
Ce n’est pas un mais deux débats qu’il faudrait organiser ; un sur chacune de ces questions. On notera d’ailleurs que ce système est généralement adopté dans les pays qui pratiquent le débat électoral de ce type. Parfois ce sont trois débats qui sont mis en place. Espérons donc qu’à l’avenir, sans empêcher de parler des questions relatives à la vie quotidienne de nos concitoyens, on puisse aussi prendre le temps de discuter des questions qui, qu’on le veuille ou non, vont monopoliser une grande partie du temps du futur chef de l’Etat.
03:25 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Royal, Sarkozy, débat
01.05.2007
présidentielle + 9 - résumé du jour
Fin de campagne.
N. Sarkozy reprend la main en obligeant S. Royal a s’exprimer sur les thèmes qu’il choisit : ‘mai 68’ et la proportionnelle en 2012. Mais son déplacement en Corse n'a pas eut un impact particulier. S.R. a du défendre 'Grenelle'.
Après N.S. dimanche, c’est S.R. qui réunit ses artistes.
Mais ce sont les premiers ministrables qui sont en première ligne. F. Fillon développe la mise en œuvre des premières semaines de N.S. ; il renforce ainsi sa stature de futur Premier ministre. Quant à S.R. elle indique de plus en plus nettement que ce pourrait être DSK.
Mais tout le monde n’a plus d’yeux que pour le débat de demain que les candidats préparent en se donnant un peu de recul pendant ces deux jours.
02:50 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Royal, présidentielle
30.04.2007
présidentielle + 8 - résumé du jour
- N. Sarkozy le maintient, il y aura 15 ministres. Mais il précise désormais qu’il y aura quinze ministres « de plein exercice ». Il y aura donc des secrétaires d’Etat et/ou des ministres délégués qui viendront compléter l’équipe. On indiquera simplement que nous avions déjà fait cette analyse et que l’actuel gouvernement est déjà composé de quinze ministres « de plein exercice » … Il n’y aura donc rien de changé. Certes, dans le premier gouvernement de N.S., celui qui sera nommé à son entrée en fonction et qui démissionnera après les législatives, il n'y aura peut-être que 15 membres. Mais dans le suivant on verra le nombre de "membres" augmenter. Il y aura des promesses à tenir et des services à rémunérer. On espère que les français comprendront la subtilité de la nuance !
- N.S. estime qu’il faut trouver un moyen pour « permettre une représentation plus large des opinions et des sensibilités ». Comment si ce n’est par la mise en place d’une dose de proportionnelle ? Et l’on en revient à la proposition de B. Hortefeux qui avait pourtant provoqué un tollé. N.S. veut, en effet, « réunir toutes les forces politiques pour discuter avec elles de la possibilité d'introduire un peu de proportionnelle au Sénat ou à l'Assemblée nationale sans créer le risque d'une instabilité qui serait désastreuse ». Au sénat, la proportionnelle est déjà en place pour les départements élisant plus de 3 sénateurs et l’on voit mal comment elle pourrait être étendue sauf à l’introduire dans les départements élisant 3 sénateurs (en dessous, c’est idiot, on l’aura compris), ce qui était le cas avant que la majorité sortante ne revienne sur cette réforme adoptée sous L. Jospin … Reste donc l’Assemblée nationale. Mais ce sera pour 2012 !
- L’idée fait d’ailleurs sont chemin. A. Juppé indique qu’il n’y est pas hostile mais ne veut pas « qu'on change de République » même s’il se dit favorable « à ce qu'on encadre le 49.3 à condition qu'on trouve des mécanismes pour éviter le blocage parlementaire ». Et une révision, une !
- F. Bayrou fut le sujet essentiel des prestations de N.S. et de S. Royal sur Canal+. N.S. a encore dénoncé le débat entre S.R. et F.B. comme contraire à l’esprit des institutions. Quant à S.R., interrogée sur la possibilité de mettre F.B. Premier ministre, elle a répondu : « Je ne m'interdis rien. Je pense que ce n'est pas ce qui se passera mais je ne m'interdis rien sur le choix de mon Premier ministre ».
- N.S. veut tourner le page de mai 1968. La formule a été très applaudie ! A entendre certains (D. Cohn-Bendit), je pensais franchement que c’était fait depuis longtemps. Et ‘mai 68’ n’a pas eut que des défauts. Ne faut-il pas se souvenir de la formidable libération qui s’en est suivi pour les femmes en particulier et pour les étudiants ! Et puis il y a eu Grenelle. Qui a dit-il qu’il ne fallait pas qu’il y ait de repentance et qu’il fallait être fier de tout le passé de la France ?
- N.S. n'aime pas les mouches (les diptères, pas la pièce de J.-P. Sartre) et le fait savoir à Plantu. Depuis elles se multiplient dans les dessins de la première page du 'Monde'. Rappelons que VGE (qui a été Président de la République, voir un précédent billet) a fait supprimer le délit d''insulte au chef de l'Etat'.
01:35 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, Sarkozy, Bayrou, Royal, ministre, gouvernement, Plantu
29.04.2007
présidentielle + 7 - résumé du jour
Il a donc eu lieu au grand dam de N. Sarkozy qui l’a immédiatement raillé : « C'est symbolique, il y en a deux dans un grand hôtel parisien et nous deux sur le terrain. Moi, ce qui m'intéresse, c'est rencontrer les Français, ce ne sont pas les combines d'états-majors ». Il ajoute : « Ce débat a incarné, à mes yeux, le summum de ce que la Ve république avait de plus caricatural. Redescendons sur terre! François Bayrou n'a pas été qualifié pour le second tour ».
N.S. ne peut en effet apprécier un épisode qui lui a fait perdre la maitrise de la campagne en le laissant au second plan pendant la première semaine. Et comme maintenant chacun va attendre le débat de mercredi, le duel à distance qu’il pensait pouvoir mener avec S. Royal pendant les 10 premiers jours a complètement disparu.
Reste à savoir si le débat, par les qualités indiscutables qui ont pu être notées et l’honnêteté avec laquelle il a été mené, va avoir un impact sur le résultat final. Certes, il ne fait pas de doute que F. Bayrou a marqué un point décisif en se plaçant dans la « cour des grands » ce que N.S. ne souhaitait pas. F.B. c’est aussi placé pour les législatives qui, comme nous le savons, sont en fait le troisième tour de la présidentielle. Enfin, il est certain que la qualité du débat de mercredi sera jugée à l’aune de celui-ci.
Quant à S.R. A-t-elle pu engranger suffisamment de voix par cette prestation pour combler une partie de son handicap ? Il n’était pas pensable qu’il y eut un quelconque ralliement. Mais montrer la possibilité d’un dialogue avec F.B. et donc avec le centre est sans doute un élément qui peut avoir eu un impact sur des électeurs de F.B. qui voient encore dans N.S. le symbole d’un état fort et partisan. Bref, le ton patelin du débat peut avoir rassuré. Même s’il subsiste des divergences dont certaines paraissent difficiles à réduire, le dialogue est possible et donc le travail en commun envisageable. Même si ce n’est que cela qui a pu être apporté par le débat, c’est un pas important vers la naissance, à terme, d’une nouvelle façon d’envisager la politique.
Mais on sait aussi que tant que le système de la V° République sera essentiellement axé sur la bipolarisation qu’induit le mode d’élection présidentiel, l’existence d’un centre est difficilement envisageable. Alors, n’est pas simplement la naissance si souvent souhaité et tant attendu d’un grand parti social démocrate, renvoyant vers sa gauche les partisans d’un socialisme plus traditionnel ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais ce débat aura incontestablement fit bougé les frontières à la gauche de l’UMP.
02:40 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Royal, Sarkozy, débat
28.04.2007
présidentielle + 6 - résumé du jour
- F. Bayrou aura réussi le tour de force d’être, pendant une semaine complète, le seul ‘sujet’ de la campagne du second tour de l’élection présidentielle alors qu’il ne participa pas à ce second tour. Il n’y a d’interventions ou de prises de position que par rapport au débat qui doit avoir lieu entre S. Royal et F.B., débat dont l’organisation, pour l’instant, instant préoccupe plus que celle du débat de mercredi prochain entre S.R. et N. Sarkozy. Ce dernier, qui jusqu’alors imprimait le rythme de la campagne, semble dépassé par cet évènement qu’il n’avait pas vu venir. Et n’ayant pas préparé de contre-attaque ou de contrefeu, il est obligé de parler lui-même de ce débat, soit pour en dénoncer l’organisation soit pour justifier qu’il n’a rien fait pour l’interdire : « Certains me disent: 'nous sommes persuadés que vous avez fait pression sur le CSA pour empêcher que Mme Royal aille débattre avec M. Bayrou. Je n'ai pas de preuve, je n'ai pas d'indice, je n'ai rien qui me permette d'étayer ce que j'avance mais ça ne fait rien. Je suis sûr que c'est vrai parce que votre tête ne me revient pas et parce que vos idées ne me plaisent pas’. C'est plus fort que le procès stalinien ». et l’entourage de N.S. est lui aussi obligé de réagir : « Nous démentons formellement et catégoriquement que des pressions aient été exercées sur la presse et le CSA pour empêcher la tenue de ce débat ».
Et ses adversaires de sous-entendre bien sûr qu’il est effectivement intervenu : « Ca en dit long sur ce qui se passe et ce qui se passerait » selon S.R. si N.S. était élu. « Songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Qu'en sera-t-il s'il est élu ? » clame F.B.
Le débat aura donc lieu sur BFM TV et RMC. Le reprendront les chaînes qui le souhaiteront.
- N.S. tente pourtant de remettre les choses dans leur ordre naturel : « Je ne laisserai personne confisquer le débat pour lequel les Français se sont prononcés massivement dimanche dernier. Ce serait un véritable déni de démocratie. Le 22 avril, les Français ont choisi. Ils ont choisi le débat qui leur semblait le plus décisif. Ils ont choisi la confrontation qui leur paraissait la plus utile. Ils l'ont fait avec clarté. … Maintenant, nous avons un devoir, Mme Royal et moi: celui d'éclairer les Français, dans la dignité, la clarté et la sincérité ». Rien n’y fait le débat sur le débat l’emporte sur le débat. Tout ce samedi sera sans doute consacré au débat, à son contenu, aux divergences et convergences qui s’y marqueront. Bref, il faudra encore aujourd’hui que N.S. réagisse par rapport à S.R. et F.B. N.S. semble avoir perdu la maîtrise de la campagne électorale ; en tous les cas il n’en impose plus le rythme, le tempo et les sujets, il se laisse emporter par ce que S.R. mais surtout ce que F.B. souhaite. On discutera plus aujourd’hui et demain et peut-être même mercredi du programme de F.B. et de sa compatibilité avec celui de S.R. que du programme de N.S. La machine ‘sarkoziste’ peut-elle se gripper à cause d’un petit imprévu, un grain de sable du Béarn ? Attendons mais c’est inattendu.
- V. Giscard d’Estaing semble de plus en plus oublier qu’il a été Président de la République. Si si, car s’il ne l’avait pas oublié il saurait qu’il est membre du Conseil constitutionnel et donc à se titre soumis à un devoir de réserve. On rappellera que c’est le Conseil constitutionnel qui proclamera le résultat de l’élection présidentielle après avoir jugé des éventuelles contestations. Certes, VGE ne siègera vraisemblablement pas (du moins on ose l’espérer) mais il n’e reste pas moins que la règle de droit s’impose à tous et que, depuis qu’il n’a plus de mandat électif et qu’il siège (parfois) au Conseil constitutionnel, VGE n’est plus dans la position du ‘congés’ qui lui permettrait de prendre des positions partisanes.
- « Michel Charasse est l'expression d'un socialisme qui a le sens de l'Etat et qui a le sens du respect des personnes. Michel Charasse a ses convictions, il a toujours respecté ses contradicteurs et il a eu la tolérance d'avoir des amis, dont je suis, en dehors de sa propre famille politique » selon N.S. en visite chez le sénateur socialiste du Puy-de-Dôme. Est-ce, après E. Besson, le nom du second (deuxième ?) ministre du ‘pôle de gauche’ de la majorité présidentielle de N.S. ?
01:30 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, débat, Bayrou, Royal, Sarkozy, VGE, Charasse
27.04.2007
présidentielle + 5 - résumé du jour
- Aura lieu, n’aura pas lieu ? Après avoir été annoncé dans la presse régionale, le débat entre S. Royal et F. Bayrou est annoncé sur Canal +. Puis coup de théâtre, la chaine renonce à son tour à l’organiser au motif que les règles imposées par le CSA pour l’égalité du temps de parole entre les candidats imposaient qu’ils débattent à trois ou qu’une compensation soit attribué à N. Sarkozy dans des conditions de diffusion identiques. Il n’en fallait pas moins pour que la liberté d’expression devienne un débat dans le débat et que la suspicion le lève. Pression de N.S. sur les médias, sur le CSA, la gauche et F.B. s’emploie à dénoncer une atteinte à la liberté d’expression : « C'est quand même étonnant qu'il soit difficile de monter un débat avec François Bayrou et Ségolène Royal soit devant la presse quotidienne, soit devant une chaîne de télévision ». Il n’est pas besoin d’en dire plus.
- Le débat occulte le reste et les petites phrases emportent le fond. On ne retient que S.R. pense que la plus grande qualité et le plus grand défaut aussi de N Sarkozy c’est qu’ « il sait tout, il a réponse à tout ». Et sans être face à face ni sur la même chaine, N.S. lui répond quelques instants plus tard : « "C'est une critique? Dans ce cas, choisissons une candidate qui ne sait pas tout et qui n'a pas de réponse ». Le reste n’a que peu d’importance et on sent que la maîtrise du débat échappe au(x) débateur(s). Les propositions sur la maladie d’Alzheimer et sur l’euthanasie qui auraient pu être un moment essentiel de la journée font un ‘flop’. « Je regardais les chiffres : 2004-2007, c'est 200 millions d'euros pour la recherche (...) sur l'Alzheimer. Grâce à Jacques Chirac, pour le cancer, c'est 1,5 milliard d'euros. Il faut faire pour Alzheimer ce qu'on a fait pour le cancer » ; « Il y a une différence dans mon esprit entre injecter le liquide mortel, que j'appelle faire mourir, et interrompre un traitement dont on sait qu'il accéléra la mort ce que j'appelle le laisser mourir ». De ces points dont il aurait sans doute souhaité qu’ils deviennent un élément du débat comme il a réussi à le faire pour tous les sujets qu’il a jusqu’à maintenant abordé, il n’a pas vraiment été question. Le débat S.R. / F.B. est trop occultant et trop ‘médiatique’.
- Mais c’est aussi le cas de la spéculation sur le nom des ‘premiers ministrables’. F.B. pourrait-il être le Premier ministre de S.R. et J.-L. Borloo celui de N.S. ? Interrogée sur ce point S.R. indique à propos de F.B. : « Je crois que nous n'en sommes pas là. … Il n'est pas dans la tradition de donner à l'avance le nom de son Premier ministre ou … de son gouvernement. Mais rassurez-vous, j'ai des idées, je suis prête, je crois pouvoir rassembler une équipe très talentueuse autour de moi pour faire en sorte que la France aille mieux ». Sorti par la porte, F.GB. rentre à nouveau par la fenêtre, le tour de force est vraiment intéressant.
- Scoop ! « Si je suis président de la République, j'abandonnerai immédiatement toute fonction élective et partisane » dit N.S. Pourquoi, des Présidents de la république en ont conservé par le passé ? La chose ne faisait aucun doute, du moins … ?
01:50 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Sarkozy, Royal, Débat, Premier ministre
26.04.2007
présidentielle + 4 - résumé du jour
Pour la première fois depuis que l’élection au suffrage universel direct a été mise en place sous la V° République, le principal acteur du second tour est un candidat éliminé au premier. Tout tourne autour de F. Bayrou et du soutien, réel ou supposé, qu’il apporte à tel ou tel des deux finalistes. Bref le grand vainqueur c'est F.B. Il est celui dont tout le monde parle et que tout le monde s'arrache. Tant qu'il n'y aura pas d'affrontement direct entre les deux candidats du second tour, F.B. sera l'objet de toutes les convoitises et le principal sujet électoral.
- S. Royal lui propose un débat dans la presse régional, débat éventuellement filmé ; il souhaite un débat télévisé, comme entre S.R et N. Sarkozy. Le problème sera dans ce cas celui du décompte du temps de parole … !
- N.S. lui ne veut pas de ce débat, ce qui s’explique. Si S.R. rencontre F.B. et lui non, il donnera l’impression que F.B. est de gauche. De plus, N.S. montre comme cela qu’il n’y a pas de sa part de négociations d’état-major. De plus organiser un tel débat remet encore F.B. au centre du second tour et pendant qu’on parle de F.B. on ne parle pas de N.S. Il préfère donc en appeler directement aux élus de l’UDF pour qu’il le soutienne au second tour en échange, bien sûr d’un soutien de la part de la majorité présidentielle lors des prochaines législatives ; du donnant-donnant en quelque sorte : « Je ne rentre pas dans la négociation partisane. Je dis simplement que tout élu de l'UDF qui soutiendra ma candidature avant le 6 mai sera dans la majorité présidentielle et recevra l'investiture de cette majorité ».
- F.B. laisse chaque parlementaire libre de ce faire puisqu’il ne donne pas de consigne de vote à ses électeurs, il n’en donne pas non plus à ses élus. Il critique les deux candidats du second tour mais sur des plans différents. N.S. : « Ilva concentrer les pouvoirs comme ils ne l'ont jamais été ; il risque d'aggraver les déchirures du tissu social. … Il y a des ressemblances entre Berlusconi et Nicolas Sarkozy ». S’agissant de S.R. Il indique que si elle « parait mieux intentionnée en matière de démocratie … son programme va exactement en sens contraire des orientations nécessaires ». Et de conclure : « Je n'accepte aucun de ces deux risques ». Et il annonce la création d’un nouveau parti par un refondation de l’UDF dans un « parti démocrate ».
- La future majorité présidentielle de N.S. est du reste large : « Dans la majorité présidentielle, il y aura un pôle UMP et place pour un autre, issu du centre, qui pourra porter, avec l'identité qui est la sienne, les valeurs auxquelles il tient. Un troisième pôle s'ajoutera aux deux premiers, un pôle de gauche, auquel je ne demanderai pas de renier son engagement mais qui se reconnaîtra dans la nécessité de faire bouger la France sur un contrat de gouvernement de cinq ans ». Ce pôle est pour l’instant constitué de … E. Besson.
- Après avoir hier raillé l’annonce faite par S.R. sur la présence de ministre UDF dans son gouvernement en critiquant les manœuvres d’appareil, N.S. a déclaré mercredi soir qu'il pourrait, lui aussi, nommer des ministres UDF : « Je ne veux pas d'ouverture politicienne. J'essaierai de choisir 15 femmes et hommes de qualité. Je veux choisir la meilleure équipe de France (...) y compris venant de formations politiques qui ne sont pas la mienne, parce que j'aurai le devoir de rassembler ». Et lorsqu’on lui demande qu’il y aura des ministres UDF il répond : « Mais bien sûr, et même au-delà, et pourquoi pas. … A partir du moment où les Français m'auraient choisi (...) mon devoir c'est de prendre les meilleurs où ils se trouvent et de faire la meilleure équipe de France sur une stratégie, sur une ligne politique, sur un projet qui aura été défini et choisi par les Français. C'est cela l'ouverture telle que je la conçois ».
- J.-M. Le Pen qui ne décolère pas en profite pour dénoncer cette ‘ouverture à gauche’ de N.S. « Les Français peuvent constater à quel niveau le 'débat politique' peut descendre quand les combines et les magouilles prennent la place du débat de fond. … Ce n'est là que le début d'un honteux spectacle qui défigure le visage de notre patrie ».
- A gauche à l’inverse, ce sont les tractations Bayrou/Royal qui agacent tant chez les Fabiusiens qu’au PCF et à la LCR. Mais le ‘TSS’ n’est-il pas pour second tour ce que le vote utile fut au premier ?
01:45 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, Royal, Sarkozy, Le Pen, présidentielle, Parti démocrate, UDF
25.04.2007
présidentielle + 3 - résumé du jour
- N. Sarkozy pense qu’il existe bien un principe ‘TSS’ (Tous Sauf Sarkozy) : « Le Parti socialiste rêve d'un front qui serait constitué non contre mes idées, non contre notre projet, non contre mes convictions, non contre mes propositions, mais uniquement contre ma personne. … On constitue ainsi le front commun des haines, des intolérances et du sectarisme ».
Mais c’est encore sur la question des alliances qu’il se place tant pour dénoncer celles que tente S. Royal : « Cette gauche voudrait contenter à la fois le trotskiste, le communiste, l'écologiste, le chevènementiste, le socialiste, le radical de gauche et le centriste. A l'arrivée, elle mécontentera tout le monde parce qu'elle n'a voulu choisir aucune ligne stratégique claire ».
Que pour justifier celle qu’il tente lui-même : « Chacun de ceux qui nous rejoint le fait en toute liberté. … Vous êtes des femmes et des hommes libres et moi je suis libre aussi. Et c'est pour cela que notre rassemblement sera le rassemblement de tout le peuple de France. Je le dis d'ailleurs à mes amis de l'UDF qui sont les bienvenus, parce que nous avons besoin d'un grand rassemblement et que je ne demande à personne de renier son identité ».
- Le député-maire de Rouen, P. Albertini qui accueillait F. Bayrou vendredi dans ‘la plus grande ville UDF de France’, co-auteur du projet législatif de l'UDF, a annoncé à la tribune qu'il voterait le 6 mai pour N.S. Profitant d'être à Rouen N.S. fait un long développement sur Jeanne d'Arc dont on sait aussi qu'elle est une des figure emblématique utilisée par le F.N.
- A l’UMP, on envisage la création d'un nouveau parti centriste formé à partir des UDF qui ont rejoint l'UMP : « soit on a suffisamment d'UDF qui nous rejoignent à l'UMP et on reprend l'UDF de l'intérieur, soit on additionne les UDF qui viennent de nous rejoindre avec ceux qui nous ont rejoints depuis 2002 et avec eux, on forme un nouveau parti ». Bref, fin de la stratégie de J. Chirac qui avait constitué un grand parti de la majorité en 2002. Retour au bipartisme à droite.
- N.S. a tenté de joindre F.B. après le premier tour de l'élection présidentielle, sans avoir pu parler au candidat de l'UDF.
- N.S. a déjeuné avec le Premier ministre D. de Villepin, scellant ainsi un ‘réconciliation’.
« J. Delors soutient ma démarche d'ouverture ». S.R. a rencontré J. Delors dont le nom a souvent été cité par F.B. durant la campagne comme un modèle de Premier ministre même s’il souhaitait trouver un Delors « en plus jeune ». Ainsi l’offensive de charme en direction du centre se poursuit à gauche comme elle se développe à droite. Et si à droite on se garde bien de parler publiquement de portefeuille ministériel (il faut dire que s’il n’y en a que quinze, il y a peu de chose à distribuer qui ne l’ait déjà été), S.R. envisage elle que des ministres UDF participe à un gouvernement sous sa présidence. L’idée d’une ‘séance de travail’ avec l’UDF est toujours envisagée même si F.B. reste pour l’instant muet. A défaut de pouvoir lui parler au téléphone, elle a donc écrit à F.B. et attend une réponse qu’elle souhaite rapide.
- Si D. Cohn-Bendit est favorable à l’ouverture vers le centre, (qui aurait pensait en 1968 que ‘Dany le Rouge’ appellerait à un accord avec le centre ? Il est vrai qu’il est devenu ‘vert’ depuis), J.-L. Mélenchon estime que « s'il y avait une alliance du PS avec le centre, il y a la moitié des socialistes qui fichent le camp dans l'abstention et sans parler des électeurs communistes » et menace de quitter le PS.
- Pourtant comme à droite c’est la stratégie adverse qui est montrée du doigt : « Nous ne sommes pas dans des tentatives de débauchage. Nous laissons ces méthodes à Nicolas Sarkozy- F.B. réunit les élus UDF pour évoquer le second tour, les législatives et, au-delà, la création d'un nouveau parti mais il garde le silence.
- L'UDF souhaite disposer pour la campagne officielle des élections législatives des 10 et 17 juin d'un temps de parole qui tienne compte des résultats du premier tour du scrutin présidentiel.
01:30 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Royal, Sarkozy, Bayrou, centre, UDF, présidentielle
24.04.2007
présidentielle + 2 - résumé du jour
C’est la tentation du centre. Que ce soit chez N. Sarkozy ou chez S. Royal, il faut séduire une partie des électeurs de F. Bayrou. La seconde lui propose un débat « public et transparent » pour « construire ensemble l'avenir du pays », le premier, sans vouloir négocier avec l’état major, propose un rassemblement large de l’UMP, de l’UDF et de la gauche.
- S.R. veut rester à l'écart de toute « combinaison » qui serait faite « dans le dos des électeurs » mais reprend en fait l’idée développée (et pratiquée en son temps) par M. Rocard d’une alliance avec le centre. Les points qui pourraient faire l’objet de ce débat sont : la rénovation de la vie politique, un Etat impartial et les libertés publiques, le ‘refus des tensions dans les villes et les quartiers’, la relance de l'Europe" et les priorités éducatives et écologistes.
- N. Sarkozy refusera les débauchages, les manœuvres et les combinaisons d'appareil, ou « pire les marchandages ». Il refuse de « renier son projet dans le but d'obtenir un consensus entre les partis ». Mais il ne refusera pas les ralliements comme celui de E. Besson que l’on pressentait depuis un moment. Cette présence d’un ancien secrétaire national du PS auprès de N.S. est un beau coup médiatique et permet à N.S. de dire qu’il y aura des socialistes auprès de lui (voir un ministre socialiste … ?). E. Besson a terminé son intervention par : « Alors je dirai simplement, forza Nicolas et allez la France ! » faisant allusion au soutien que S. Berlusconi, président de « Forza Italia » a apporté à N.S.
- Du côté de F.B. c'est pour l'instant la 'réunionite' pour tenter de déterminer une position pour l'avenir. Or les intérêts de l'ancien (et futur candidat) à la présidentielle sont différents de ceux des députés UDF qui souhaiteraient bien retrouver leur sièges et qui ne peuvent espérer le garder que dans le cadre d'une alliance avec l'une ou l'autre force. Le jeu des triangulaires est certes possible aux législatives mais il est en général fatal au "troisième" qui ne peut que nuire par son maintien à l'un des deux autres. La réflexion est donc essentielle pour l'avenir.
Le petit jeu des pronostiques sur le nom du futur premier ministre est entamé. F. Fillon semble tenir la corde si N.S. l’emporte, J.-L. Bianco si c’est S.R. Cela n’aide sans doute pas les intéressés qui se défendent d’y penser mais on le sait « Y penser ? Toujours ? En parler ? Jamais ! ».
02:05 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Bayrou, Royal, Bianco, Fillon, Besson, Centre



