07/01/2010

Philippe Seguin est mort

A la vitesse à laquelle l’information circule de nos jours, je n’apprendrais à personne la mort de Philippe Seguin, premier président de la Cour des comptes.

C’est donc simplement pour dire ici combien ce Grand commis de l’Etat a su donner à la Cour une force et une dynamique nouvelle que je fais ce post.

Il y avait dans ce gaulliste historique (au sens de sa fidélité aux fondements du gaullisme) un volonté de porter toujours plus haut notre République et de faire en sorte qu’elle soit forte et grande. Il était sévère à l’égard de ceux qui, profitant de l’argent public, n’avaient pas dans son maniement toute la rigueur qu’impose la gestion des deniers essentiellement versés par le contribuable. Il n’hésitait pas à dénoncer les gabegies plus rares qu’on ne le croit généralement) mais surtout les erreurs de gestion (plus fréquentes qu’on ne le croit généralement). La publicité qu’il savait donner aux travaux de la Cour des comptes avait beaucoup fait pour le renom de cette juridiction indépendante et il osait dire très fort et publiquement ce que les rapports dénoncent souvent mais ont du mal à porter sur la place publique. En ce sens, sa force médiatique était pour la Cour un relai essentiel. Et il voulait continuer comme en atteste le projet de réforme de la juridiction qu’il avait préparé et qui est actuellement pendant devant le Parlement.

Qu’en sera-t-il de son successeur ? Aura-t-il la même indépendance, la même force de conviction et de critiques. On ne peut que l’espérer, comme on doit espérer que la réforme des juridictions financières voulue par Philippe Seguin aboutisse. L’ayant connu dans de nombreuses réunions et encore reçu à l’IEP de Lille le 9 décembre dernier, je garderai pour ma part l’image d’un homme jovial et plein d’humour, sans illusion sur ses contemporain mais soucieux de la grandeur du Pays. L’importance de notre dette publique l’inquiétait et son accroissement exponentiel lui semblait, avec raison, être un grand danger. J’essaierais de faire publier son intervention prononcée à l’IEP rapidement comme il nous y avait autorisé.

Que sa famille, ses proches et la Cour trouvent ici mes plus sincères condoléances.

Commentaires

Bravo pour ce post hommage, qui restitue toute la dimension de ce grand serviteur de l'Etat. Il reste à méditer ses messages, et à tenter de poursuivre ses combats.

Écrit par : Benjamin Hus | 07/01/2010

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