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03.05.2007

présidentielle + 11 - résumé du jour

Le débat a donc eu lieu et il fut intéressant. A-t-il conduit des électeurs à changer leur opinion et des indécis à s’en faire une. Il est évidemment impossible de la savoir. Il reste qu’en fera quelques remarques. Bien que le débat ait duré près de deux heures 40, il n’a pas été possible d’aborder certains thèmes sauf en les survolant. Qu’il s’agisse des affaires étrangères, de la question européenne, même des questions institutionnelles, on est resté à quelques généralités. Ce sont les thèmes plus sociaux et plus économiques qui ont été approfondis, du moins traité avec un peu plus de détail.

Or, rappelons-le, il s’agit d’élire le Président de la République et non le Premier ministre. Il est vrai que la campagne a plus été orientée vers ces thèmes. Ce sont évidemment les questions qui intéressent au premier plan les électeurs qui, en définitive, ne voit pas qu’il y ait un intérêt de discuter de la position que pourrait adopter notre pays si tel ou tel évènement international se produisait. Il n’en reste pas moins que, sur ces questions pourtant comme sur les questions de défense (qui n’ont pas du tout été traitées), des différences politiques essentielles étaient apparues dans la campagne. Dommage que l’élection présidentielle soit maintenant réduite à un débat de politique intérieure qui devrait être celui des élections législatives. Mais, les français veulent élire quelqu’un qui s’occupera de leur quotidien, convaincu sans doute que, s’agissant de l’international, le titulaire de la fonction suprême finira toujours par acquérir les compétences nécessaires.

Reste la question des institutions qui elle méritait sans doute un peu plus de temps qu’il ne lui en a été laissé. Elle servira de référence pour notre développement.

Certes, l’un des débatteurs l’a dit (et non l’avions nous même indiqué) ce ne sont pas là des questions qui intéressent l’électeur préoccupé par son pouvoir d’achat. Or la question des institutions fut pourtant largement débattue il y a quelques semaines. Mieux, si l’on se souvient du débat de 1995, on se rappelle sans doute que L. Jospin avait indiqué qu’il souhaitait réviser la Constitution et introduire le quinquennat, Il s’était alors attiré de la part de J. Chirac une réplique sans appel signifiant que : 1. Les questions institutionnelles n’intéressaient pas les français plus préoccupés par le chômage et l’insécurité ; 2. que lui, J ? Chirac, ne ferait pas de révision constitutionnelle et en tous les cas qu’il ne mettrait pas en place le quinquennat qu’il jugeait être une mauvaise idée. On sait ce qu’il advint, il y eu une première révision constitutionnelle dès le mois d’août 1995, d’autres suivirent à raison de un à trois par ans et le quinquennat fut en place en 2000.

Or ici, l’un et l’autre des deux candidats souhaite réviser la Constitution, l’un partiellement, l’autre profondément. Mais par delà cette nuance d’importance de la révision, il y va malgré tout du fonctionnement de notre démocratie. Or, sur ces questions, l’impression de flou a tendance à s’accroître du fait des formulations employées et des variations que les candidats eux-mêmes mettent dans les réformes qu’ils envisagent. Ainsi l’idée d’attribuer la présidence de la commission des finances à l’opposition, lancée par S. Royal dans son pacte présidentiel est maintenant reprise par N. Sarkozy ; à l’inverse, l’idée de N.S. de donner au président de la République la possibilité de s’adresser lui-même au parlementaires est maintenant reprise par S.R. On dira qu’il y a donc là des convergences intéressantes ; certes. Mais l’une et l’autre de ces modifications ne sont pas anodines. La première suppose de définir l’opposition (l’Udf est-il dans l’opposition ?) mais aussi de déterminer quel groupe politique, au sein de l’opposition peut prétendre à ce poste. La seconde suppose de déterminer quel sera la conséquence d’une telle prise de parole et en particulier s’il y aura un débat qui suivra l’intervention présidentielle. Certes, on le redira, tout cela n’intéresse en définitive que peu, voire pas du tout les électeurs. Mais si on souhaite en parler il faut le faire avec suffisamment de détails ou alors ne rien dire sur cette question.

Bref, on dehors des questions constitutionnelles qui ne sont ici qu’un prétexte, il me semble qu’il faille à l’avenir repenser le débat d’entre les deux tours pour lui donner la possibilité d’aborder les questions de la vie quotidienne sans reléguer en fin de débat pour y être traitées à la sauvette, les questions internationales, européennes et institutionnelles.
Ce n’est pas un mais deux débats qu’il faudrait organiser ; un sur chacune de ces questions. On notera d’ailleurs que ce système est généralement adopté dans les pays qui pratiquent le débat électoral de ce type. Parfois ce sont trois débats qui sont mis en place. Espérons donc qu’à l’avenir, sans empêcher de parler des questions relatives à la vie quotidienne de nos concitoyens, on puisse aussi prendre le temps de discuter des questions qui, qu’on le veuille ou non, vont monopoliser une grande partie du temps du futur chef de l’Etat.

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