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28.04.2007

présidentielle + 6 - résumé du jour

- F. Bayrou aura réussi le tour de force d’être, pendant une semaine complète, le seul ‘sujet’ de la campagne du second tour de l’élection présidentielle alors qu’il ne participa pas à ce second tour. Il n’y a d’interventions ou de prises de position que par rapport au débat qui doit avoir lieu entre S. Royal et F.B., débat dont l’organisation, pour l’instant, instant préoccupe plus que celle du débat de mercredi prochain entre S.R. et N. Sarkozy. Ce dernier, qui jusqu’alors imprimait le rythme de la campagne, semble dépassé par cet évènement qu’il n’avait pas vu venir. Et n’ayant pas préparé de contre-attaque ou de contrefeu, il est obligé de parler lui-même de ce débat, soit pour en dénoncer l’organisation soit pour justifier qu’il n’a rien fait pour l’interdire : « Certains me disent: 'nous sommes persuadés que vous avez fait pression sur le CSA pour empêcher que Mme Royal aille débattre avec M. Bayrou. Je n'ai pas de preuve, je n'ai pas d'indice, je n'ai rien qui me permette d'étayer ce que j'avance mais ça ne fait rien. Je suis sûr que c'est vrai parce que votre tête ne me revient pas et parce que vos idées ne me plaisent pas’. C'est plus fort que le procès stalinien ». et l’entourage de N.S. est lui aussi obligé de réagir : « Nous démentons formellement et catégoriquement que des pressions aient été exercées sur la presse et le CSA pour empêcher la tenue de ce débat ».
Et ses adversaires de sous-entendre bien sûr qu’il est effectivement intervenu : « Ca en dit long sur ce qui se passe et ce qui se passerait » selon S.R. si N.S. était élu. « Songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Qu'en sera-t-il s'il est élu ? » clame F.B.
Le débat aura donc lieu sur BFM TV et RMC. Le reprendront les chaînes qui le souhaiteront.

- N.S. tente pourtant de remettre les choses dans leur ordre naturel : « Je ne laisserai personne confisquer le débat pour lequel les Français se sont prononcés massivement dimanche dernier. Ce serait un véritable déni de démocratie. Le 22 avril, les Français ont choisi. Ils ont choisi le débat qui leur semblait le plus décisif. Ils ont choisi la confrontation qui leur paraissait la plus utile. Ils l'ont fait avec clarté. … Maintenant, nous avons un devoir, Mme Royal et moi: celui d'éclairer les Français, dans la dignité, la clarté et la sincérité ». Rien n’y fait le débat sur le débat l’emporte sur le débat. Tout ce samedi sera sans doute consacré au débat, à son contenu, aux divergences et convergences qui s’y marqueront. Bref, il faudra encore aujourd’hui que N.S. réagisse par rapport à S.R. et F.B. N.S. semble avoir perdu la maîtrise de la campagne électorale ; en tous les cas il n’en impose plus le rythme, le tempo et les sujets, il se laisse emporter par ce que S.R. mais surtout ce que F.B. souhaite. On discutera plus aujourd’hui et demain et peut-être même mercredi du programme de F.B. et de sa compatibilité avec celui de S.R. que du programme de N.S. La machine ‘sarkoziste’ peut-elle se gripper à cause d’un petit imprévu, un grain de sable du Béarn ? Attendons mais c’est inattendu.

- V. Giscard d’Estaing semble de plus en plus oublier qu’il a été Président de la République. Si si, car s’il ne l’avait pas oublié il saurait qu’il est membre du Conseil constitutionnel et donc à se titre soumis à un devoir de réserve. On rappellera que c’est le Conseil constitutionnel qui proclamera le résultat de l’élection présidentielle après avoir jugé des éventuelles contestations. Certes, VGE ne siègera vraisemblablement pas (du moins on ose l’espérer) mais il n’e reste pas moins que la règle de droit s’impose à tous et que, depuis qu’il n’a plus de mandat électif et qu’il siège (parfois) au Conseil constitutionnel, VGE n’est plus dans la position du ‘congés’ qui lui permettrait de prendre des positions partisanes.

- « Michel Charasse est l'expression d'un socialisme qui a le sens de l'Etat et qui a le sens du respect des personnes. Michel Charasse a ses convictions, il a toujours respecté ses contradicteurs et il a eu la tolérance d'avoir des amis, dont je suis, en dehors de sa propre famille politique » selon N.S. en visite chez le sénateur socialiste du Puy-de-Dôme. Est-ce, après E. Besson, le nom du second (deuxième ?) ministre du ‘pôle de gauche’ de la majorité présidentielle de N.S. ?

Commentaires

Je suis heureux d'entendre un constitutionnaliste rappeler que VGE est tenu par son devoir de réserve. Quand j'ai dit cela sur mon blog et autour de moi, on m'a répondu "oui mais il a été président alors..." Mais justement!!!

Sinon, cette campagne est vraiment iconoclaste: une femme au second tour pour la première fois, un troisième homme qui est au centre (pardi!) de tous les débats et qui détermine les modalités des interventions entre les deux finalistes...

C'est fantastique!

Nicolas Vinci, militant du futur Parti Démocrate (si tant est que l'on puisse le nommer ainsi)

http://nicolasvincionline.blog.lemonde.fr/

Ecrit par : Nicolas Vinci | 28.04.2007

Une très belle reflexion Monsieur le Professur Lascombe (si j'en crois vos anciens étudiants que j'ai rencontré ce we à Lille...) J'apprécie beaucoup vos commentaires au jour le jour de la campagne et je regrette sincèrement qu'il n'y ai pas plus de commentaires... Enfin, continuez, ceci est très intéressant!!!

Herman Hesse. (un de vos lecteurs quotidien)

Ecrit par : Herman Hesse | 29.04.2007

Je m'excuse pour les fautes d'orthographe... la frappe à l'ordinateur est une science inexacte!!

Ecrit par : Herman Hesse | 29.04.2007

@Hesse
Il n'y en aura jamais autant qu'avec moi car je ne regarde pas ce que je tape et je ne relis jamais non plus ! Pas le temps. Plus de commentaires ? Oui mais j'ai un petit devoir de réserve (vis-àvis de mes étudiants justement) et je me suis promis de relater le plus possible les faits. Pourtant il y a des moments où cela me donne des foumis !
@Vinci
Eh oui ... il faut donc se pencher sérieusement sur le statut des anciens présidents !

Ecrit par : ckelk12bi1 | 29.04.2007