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05.03.2007

présidentielle - 48 - résumé du jour

‎- Les attaques contre F. Bayrou continuent de se développer. Le signe, ne trompe pas. Même ‎J.-M. Le Pen a cette fois enclenché le mécanisme et commencé à rappeler que le candidat ‎n’était pas un rebelle mais qu’il était à la tête d’un parti largement représenté à l’Assemblée ‎nationale, au Sénat et à la tête de nombreuses collectivités territoriales. Bref, si J.M.L.P. ‎s’attaque à F.B. c’est bien que celui-ci est dangereux et donc qu’il est le troisième homme ! ‎J.M.L.P. n’est donc plus sûr d’être au second tour ? Il ne serait donc plus sûr même d’être le ‎troisième et donc de pouvoir peser sur le second tour. Mais en toute hypothèse, le candidat FN ‎n’intéresse pas, seuls ses électeurs seront convoités. N. Sarkozy ne manquera pas de dire qu’il ‎accueille ces électeurs sans faire alliance avec le parti et encore moins négocier avec J.M.L.P. ‎Et même si J.M.L.P. est au second tour, cela n’aurait pour conséquence que de faire élire ‎l’autre protagoniste de cette élection. On sait par avance que le parti socialiste appellerait à ‎voter N.S. et que l’UMP appellerait à voter Royal, même si l’un et l’autre y mettait cette fois ‎des conditions ou moins d’entrain qu’en 2002.‎

‎- Pour F.B. les choses sont totalement différentes. Plus il est puissant plus il sera courtisé au ‎moment du second tour et plus, sans doute, il monnaiera cher son ralliement. Il faut ‎cependant, nous l’avons vu, aussi préparer les législatives. L’UDF peut-il se permettre de ‎refuser une alliance avec l’UMP au second tour et ensuite présenter des candidats dans toutes ‎les circonscriptions au risque de se faire battre partout. A l’inverse son ralliement ne risque-t-‎il pas de rendre impossible, à l’avenir, son indépendance. Bref la situation de l’UDF serait ‎difficile. Ne pas appeler à voter pour l’un ou l’autre des candidats serait le seul moyen pour ‎montrer qu’il n’est pas le faire valoir de tel ou tel parti. Or, ne pas appeler à voter pour l’un ou ‎l’autre ne sera sans doute pas entendu par les électeurs mais empêchera F.B. d’avoir un accord ‎électoral lui garantissant l’élection dans un nombre minimal de circonscriptions pour pouvoir ‎conserver un groupe parlementaire. Dans les circonscriptions que l’UDF déteint actuellement, ‎les candidats UMP ou socialistes risquent de se maintenir dans des triangulaires et donc de ‎battre dans tous les cas le candidat UDF. Même si le même scénario peut conduire à mettre en ‎péril des circonscriptions actuellement détenues par l’UMP, c’est l’UDF qui risque le plus ‎gros. On le voit, le choix de F.B. et de l’UDF au second tour, dans l’hypothèse où il n’y serait ‎pas, sera difficile. Certes, plus il est haut dans les sondages, plus il pourra faire monter les ‎enchères, mais la perspective des législatives aura tendance, à l’inverse, à les faire diminuer ‎ou du moins à les tempérer. Il faudrait que F.B. se maintienne à 20 % minimum des suffrages ‎exprimés au premier tour pour qu’il puisse vraiment apparaître dangereux au moment des ‎législatives et peser sur les candidats arrivés avant lui. Or pour l’instant si les sondages lui ‎donne ce score, les personnes qui indiquent vouloir voter pour lui sont encore à 80 % capables ‎de changer leur opinion d’ici le vote du 22 avril. C’est donc presque un « tout ou rien » qui se ‎joue ; soit il est second et il a ses chances ; soit il est troisième et il est dans une situation ‎difficilement exploitable.‎
C’est sans doute dans cette perspective que le président du groupe UDF à l’Assemblée a ‎lancer l’idée de changer le nom du l’UDF. « Nous voulons qu'émerge en France un grand parti ‎centriste qui soit une force politique en tant que telle et, pour marquer la rupture avec le passé, l'UDF ‎devra changer de nom pour devenir, pourquoi pas, le Parti démocrate ».‎

‎- S.R. a présenté son programme militaire et de défense. Elle indique vouloir maintenir ‎l’effort de défense à son niveau actuel : 2 % du PIB. Elle indique que le programme de ‎simulations nucléaires sera poursuivi, les vecteurs sous-marins et aériens renouvelés et la ‎livraison du sous-marin lanceur d'engins de nouvelle génération assurée. Mais elle précise que ‎désormais « toutes les coopérations européennes possibles soient recherchées avant le ‎lancement d'un programme ». Cela vise évidemment le second porte-avions nucléaire pour ‎lequel elle rappelle qu’elle « ne veux pas lancer un programme qui, à budget constant, risquerait de ‎conduire à mettre en cause la détermination de la dissuasion, la sécurité et l'équipement des ‎personnels, la préparation de l'avenir ». Ce sont donc maintenant des raisons de logique militaire et ‎non plus d’éducation qui justifie le choix d’une coopération dans ce domaine.‎
Elle maintient son analyse sur l’accès de l’Iran au nucléaire : « La France doit faire le choix d'une ‎fermeté sans faille pour que l'Iran, qui a signé le Traité de non prolifération nucléaire, adopte un ‎comportement de membre responsable de la communauté internationale et se soumette aux contrôles ‎de l'Agence internationale de l'énergie atomique », sans pour autant redire qu’il faut la priver du ‎nucléaire civil.‎
C’est sur le rôle du parlement en matière de défense que son intervention est la plus innovante. Dès ‎lors qu’on ne déclare plus la guerre à notre époque, pas même lors de la guerre du Golfe ou ‎d’interventions militaires extérieures importantes, le Parlement qui ne se prononce que sur ce point, ‎n’est plus associé à la question. Pour S.R. il faut donc que « le Parlement dispose de moyens sérieux ‎de contrôle et qu'il les exerce efficacement afin de soustraire la Défense au ‘domaine réservé’ pour la ‎réintégrer dans le domaine public ». Elle propose donc que soit mise en place un « dispositif de ‎contrôle parlementaire sur les activités de renseignement »,et que le Parlement soit associé « au ‎contrôle des opérations extérieures … et aux décisions concernant les exportations d'armes ». Un tel ‎mécanisme suppose en fait de revoir complètement le rôle du Parlement en matière de défense mais ‎surtout celui des commissions permanentes chargées de cette question. Il ne fait pas de doute non ‎plus qu’il y aurait, dans ce cas, un intérêt évident à fusionner les commission de la défense avec celle ‎des affaires étrangères dans la mesure où les interventions extérieures sont le plus souvent menées ‎maintenant dans le cadre d’un programme international ou sous l’égide d’une organisation ‎internationales.‎
P. Lellouche, le « Monsieur défense » de l’UMP, n’a pas manqué de dénoncer le « discours ‎convenu » de S.R. sur ce sujet. Selon lui elle s’est « bornée à égrener des généralités sur l'Europe de ‎la défense », la construction du second porte-avions avec la Grande-Bretagne montrant son ‎renoncement « à l'autonomie française en matière de permanence à la mer ».‎

‎- J.M.L.P. reprend son fond de commerce sur l’immigration. « On ne peut obliger les noirs à ‎épouser des blanches pour faire un métissage généralisé ». On voit le retour des thèmes chers ‎au FN. C’est donc, pour lui aussi le retour sur ses fondamentaux pour rassurer son électorat et ‎bien montrer qu’il n’est pas N.S. et qu’il est vraiment le seul à avoir un discours qu’il qualifie ‎de « nationaliste » mais est plutôt xénophobe. « On me dit, M. Le Pen, si vous renvoyez les ‎clandestins chez eux, avez vous pensé à leurs enfants ? Bien sûr que j'y pense, ils ne doivent pas ‎être séparés de leurs parents, c'est pour cela qu'ils partiront avec eux, les enfants ne doivent pas être ‎séparés de leurs parents ». Il veut lancer la « chasse aux faux touristes » et établir « la préférence ‎nationale » dans tous les domaines. Il continue de dire qu’il est au dessus de 20 % mais nous avons ‎vu au dessus que ses attaques contre F.B. contredisent en fait cette analyse.‎

‎- La presse présente partout en « une » des photos de J. Chirac au Salon de l’agriculture. C’est ‎à celui qui le présente avec le plus bel animal, « veau, vache, cochon, couvée » mais aussi ‎chèvre et autres animaux sont ainsi à l’honneur de nos quotidiens. Le Président y a été de son ‎couplet anti commission de Bruxelles, histoire de faire plaisir aux agriculteurs français qui ne ‎voient dans la capitale de l’Europe qu’un empêcheur de cultiver et d’élever en rond. Les ‎subventions versées sont oubliées et le fait que les décisions sont prises non par la ‎Commission mais par le Conseil des ministres donc par les Etat est évidemment oublié aussi.‎

‎- Ipsos continue de nous abreuver de son sondage du jour de son « baromètre électoral ‎continue ». Il va dans le même sens que celui d’hier : tout est pratiquement stable à O,5 % ‎près y compris F.B. Alors que la Sofres reste désespérément muette !‎

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