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28.02.2007
présidentielle - 53 - résumé du jour
Tournant
- Il faudra un jour m’expliquer comment sont faits les panels de TF1. Chacune des quatre émissions a eut sa composition et surtout son style. On est frappé par les différences considérables d’une émission à l’autre. Peu importe, F. Bayrou fut-il bon face au panel qu’on lui a proposé ? Sans doute n’a-t-il pas démérité. Certes, comme les questions étaient très différentes de celles des émissions précédentes (là aussi) F.B. a pu montrer une certaine stature internationale ; l’absence de voyage à l’étranger (contrairement à N. Sarkozy qui voyage en tant que ministre et candidat et à S. Royal qui a pu aller elle aussi à l’étranger) avait pu laisser une impression négative sur ce point. Moins à l’aise que N.S. devant les médias, moins mobile que S.R. (il est beaucoup resté derrière son pupitre sauf vers les dernières questions), s’adressant plus à PPDA qu’à son public, il a néanmoins bien surmonté l’obstacle qui pouvait le conduire à reculer dans les intentions de vote.
Surtout il a marqué, avec les autres candidats, une différence sensible. Il n’y a pas eu la litanie des promesses faites à tous les groupes, tous les particularismes et toutes les misères. Là encore les questions n’y sont peut-être pas étrangères mais, en dehors de la question de l’éducation, le reste des mesures annoncées a certainement un impact financier moindre que celui des programmes « attrape-tout » des deux autres candidats.
Et sur l’éducation, F.B. a certainement rassuré. Le maintien des postes n’est certes pas la progression que promet S.R. mais c’est une garantie peut-être plus crédible. On disait déjà les enseignants tentés, sont-ils conquis ? Il faut encore attendre pour voir l’impact qu’aura cette émission. Reste que les sondages d’hier (donc nécessairement faits avant l’émission) confortent F.B. dans sa place de troisième homme. Troisième homme déjà mais troisième homme seulement ; autrement dit, il ne devrait pas être présent au second tour. Mais les sondages sont-il fiables et les prochaines semaines confirmeront-elles cette situation ?
- N.S. se « droitise ». Il s’agit presque d’un scoop ou d’un revirement à 180 °. Après avoir fait un mois de campagne en courtisant sur sa gauche, en prônant l’ouverture, en parlant de Jaurès, Blum et autres socialistes, il revient comme on dit, sur ses fondamentaux : travail, libéralisme économique, baisse des prélèvements mais surtout autorité. Maître mot de la campagne du candidat avant le sacre de la Porte de Versailles, le mot avait disparu ; il revient en force. Bref, sur de sa victoire au premier tour, N.S. avait déjà entrepris la campagne de rassemblement du second tour. Cela lui permettait de gommer certaines aspérités et de donner corps à la formule « j’ai changé ».
Mais F.B. est là et, après avoir pêché sur la gauche, commence à engranger sur la droite. Bref, la stratégie « centriste » de N.S. a eu cet effet de renforcer F.B. au centre : s’il faut rassembler au centre dès le premier tour autant voter pour le candidat qui s’y trouve et qui laboure le terrain depuis 5 ans. Volte face et retour à la stratégie de rassemblement de la droite avant tout. Car à trop privilégier le centre, N.S. perdait aussi des électeurs sur sa droite, électeurs qui venaient sans doute rejoindre le candidat FN. Si l’on regarde les sondages (auxquels personne ne croit évidemment) la baisse de N.S. correspond à la montée de F.B. mais aussi au redressement de J.-M. Le Pen. Correction de tire dans les prochaines semaines. Il ne faut pas vendre … ! N.S. sent peut-être moins bien la campagne. Reste à savoir si ces changements de cap ne vont pas encore plus dérouter l’électorat et si en particulier, les électeurs centre droit encore fidèle à N.S. ne vont pas à leur tour le quitter.
- S.R. aussi est dans une situation délicate et du même ordre à gauche même si elle a la chance d’avoir une extrême gauche tellement divisée qu’elle s’affaiblit de jour en jour. Elle tire plus à gauche que par le passé et là encore laisse le champ libre à ceux qui, sociaux démocrates, ne sont pas loin de la démocratie chrétienne.
On s’amusera de deux dernières remarques. Les trois candidats actuellement en tête ont tous un profil assez semblable : une enfance difficile, en particulier du fait de la place du père. Leur force ne peut-elle pas s’expliquer par cela ? Je me garderais bien de faire de « la Psy quelque chose » car je n’en ai pas les compétences mais je constate. Je constate qu’ils sont tous les trois formidablement convaincus de leur étoile et de leur projet, qu’ils peuvent faire quelque chose et qu’ils croient en eux tellement fort qu’il me semble, chacun avec son style et son public, parvenir à convaincre leurs électeurs.
Mais il y a pourtant entre eux une différence. Le duo de tête est composé de deux candidats formés à l’école du droit avec sa dose de certitude, de procédure et de technocratie. Certes, S.R. en tant qu’énarque a certainement plus formatée aux certitudes technocratiques que N.S. avocat. Mais le moule sans être exactement le même, n’est pas vraiment différent. F.B. est un littéraire et la France n’en a plus eut à la tête de l’état depuis G. Pompidou. F.B. ne tire-t-il pas profit de ce particularisme ? A la certitude affirmée des juristes qui croient toujours avoir la réponse pour toutes les questions, n’ont-ils pas envie d’essayer un homme qui sait douter comme les études de lettres, même de lettres classiques, y invitent ? F.B. s’est référé hier à De Gaulle et Mendès-France. N’est-il pas plus proche de G. Pompidou ? Or on redécouvre aujourd’hui les mérites de ce Président.
- Nous sommes dans les derniers jours de février. Les tendances qui se dessinent à cette date sont souvent décisives ; observons les avec attention.
01:30 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.02.2007
présidentielle - Sondage (13)
Mise à jour tenant compte des sondages Ipsos et LH2 du 26 février et Ifop du 1er mars ! (date de publication).
Vous trouverez donc sur le site :
- un tableau reprenant les principaux sondages fait depuis le jour j-100.
- des graphes reprenent la partie simplifiée dudit tableau. Le premier qui traite ensemble tous les sondages ; il est suivit des graphes "institut par institut". Le graphe suivant détaille les sondages pour les candidats ayant, en général, - de 6 % d'intentions de vote. Enfin un graphe indique l'écart entre les deux candidats de tête.
- un tableau et des graphes indiquant l'équilibre gauche/droite tel qu'il apparait avec les mêmes sondages.
- un tableau et un graphique reprenant les sondages Sofres de 2002. Le graphique est une nouveauté apportée aujourd'hui.
- un comparatif sans valeur aucune mais juste pour s'amuser : 2002/2007
La comparaison des sondages 2002/2007 est faite exclusivement à partir, d'une part des sondages "sofres" 2002 dont les résultats sont rappelés dans le point précédent et d'autre part des sondages TNS sofres 2007. Ceci rassurera l'un(e) de nos lecteurs(trices) dès lors qu'il s'agit bien du même institut et donc, nous l'espérons, des mêmes méthodes. Ceci expliques que les mises-à-jours de ces éléments soient moins fréquents. Nous venons d'en faire une. Elle montre dans le graphe, partie gauche les sondages 2002 corrigés des candidatures actuelles, au centre les résultats du 1er tour 2002 et dans la partie droite les deux sondages 2007 qui peuvent être mis en relation avec ceux de 2002.
Pour les autres sondages il est simple de consulter les sites des différents instituts qui indiquent la technique et le panel utilisé. Nous répétons que nos comparaisons n'ont aucune ambition scientifique. il s'agit de récapituler des informations et de s'amuser avec les sondages dont chacun sait qu'ils n'ont eux-même qu'une valeur relative.
Il est prévu de tenir à jour régulièrement ces données. Je vous tiendrais au courant de ces mises-à-jour au fur et à mesure.
Bon amusement
Commentaire des sondages Ipsos et LH2 du 26 février et Ifop du 1er mars ! (date de publication).
Les trois sondages montrent à la fois des convergences nombreuses et une divergence étonnante.
Convergences
Rien ne change s’agissant de la composition du quatuor. Les autres candidats sauf O. Besancenot qui parvient parfois à dépasser les 3 % restent dans une tranche d’intentions de vote de plus en plus retreinte entre 2 et 3 %. Il y a donc bien deux groupes distincts, les échappés et le peloton de queue. La collecte des signatures sera-t-elle facilitée pas l’absence de risque d’un nouveau « 21 avril » ? Rien n’est moins sûr. Comme nous l’avons dit, c’est maintenant en prenant des signatures les uns sur les autres que ces candidats tentent de franchir le seuil des « 500 ».
Depuis 8 sondages de suite, F. Bayrou est largement au dessus de 15 % et J.-M. Le Pen en dessous. Le score de ce dernier est peut-être sous évalué (il est amusant que au PS et à l’UMP on le disent en chœur) il n’en reste pas moins que la montée de F.B. ne peut qu’inquiéter J.M.L.P. Mais le candidat FN ne peut pas commencer à attaquer F.B. sauf à changer complètement sa tactique qui consiste à dire qu’il est sûr d’être au second tour.
F.B. continue de prendre des voix à gauche comme à droite puisque le total gauche et le total droite baissent l’un et l’autre.
La différence entre N.S. (toujours en tête mais vers 30 % environ) et S.R. toujours deuxième (mais au dessus de 25 %) tend à se réduire (voir le nouveau graphe).
Divergence
Au second tour, deux sondages donnent encore N.S. gagnant avec un marge assez confortable. Seul LH2 donne une parfaite égalité entre les candidats.
15:20 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
présidentielle - 55 - résumé du jour
- La journée semble devoir être marquée par l’attente de l’émission de ce soir sur TF1. Encore que, si l’on écoute la radio et si on lit la presse, on peut se demander si c’est la même émission que la semaine dernière. Tout le monde y était suspendu la semaine dernière comme si le monde allait s’écrouler en même temps que la candidate ou s’élever en même temps qu’elle ! Là, il y a une information minimale comme si on voulait que l’audience fut faible pour justifier encore plus le duopole électoral promis. Pourtant, F. Bayrou y joue sans doute aussi beaucoup. Montant dans les sondages il est la cible de toutes les attaques et son exposition médiatique lui vaut dès lors de monter encore plus. Lui aussi peut s’effondrer ce sir où s’installer définitivement à la troisième place. L’émission a donc son intérêt. Enfin on aura compris que si l’émission ne présente guère d’intérêt en elle-même elle aura un intérêt pas ses conséquences éventuelles. Car le danger maintenant c’est lui.
« On cherche à empêcher les Français de choisir entre deux modèles de société, deux visions politiques qui s'opposent et qui ne correspondent pas aux mêmes choix politiques en profondeur » nous dit la candidate socialiste après que F. Hollande ait appelé hier à voter pour elle dès le premier tour. Cela me rappelle un discours prononcé à Verdun sur le Doubs en 1978 par V. Giscard d’Estaing et que l’on avait intitulé les discours du « bon choix » : « je vais vous indiquer le bon choix pour la France » avait annoncé le Président. Maintenant il y a deux choix un bon et un mauvais pas plus : ailleurs point de salut !
Et N. Sarkozy n’est pas en reste : « La démocratie, c'est une majorité et une opposition et les Français choisissent ». Il faut sans doute expliquer cela aux allemands !
- On a déjà parlé des difficultés sous-marines de N.S. mais on remarque avec un certain étonnement que les « bourdes » des uns n’ont pas la même valeur médiatique que les « bourdes » des autres. Alors qu’en 10 minutes chrono on sait que S. Royal ne connaît pas le nombre de sous-marin nucléaire de la France, qu’elle trouve la justice chinoise efficace, il a fallu un long moment pour que les aventures de N.S. soient diffusées. Pourtant, là, toutes étaient réunies dans la même émission de radio … ! c’est du concentré en quelque sorte ! Mais ça passe moins bien moins fort, moins vite. Faut-il trouver une explication à ce phénomène en dehors du fait que le journalistes auraient abandonné l’idée de se payer la tête des candidats ? En tous les cas, même internet a été moins réactif … Dailymotion n’est plus ce qu’il était !
- La justice est saisi de la question des « parrainages ». J.M. Le Pen semble avoir porté l’affaire devant les juges. Comment c’est encore un mystère. Il en veut à P. de Villiers qui semble lui piquer des maires qui pourtant lui avait promis leur soutien. Le Conseil constitutionnel également est informé comme le garde des sceaux ! La réaction de ces institutions sera intéressante.
- Le vol de signature devient donc un sport national. Il y a quelques jours on découvrait que D. Miguet faisait du détournement postal, aujourd’hui on apprend que J. Bové retourne les Maire qui se sont promis à O. Besancenot. C’est sans doute cela faire de la politique autrement !
- Deux sondages aujourd’hui. Il faut rattraper le silence de la fin de la semaine dernière ; nous étions en manque. Ces sondages seront sur le site mardi et commentés ensuite. Disons tout de suite qu’ils sont très différents : l’un donne le duo à égalité, l’autre maintient N.S. (53 %) largement devant S.R. Vive les sondages.
01:15 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.02.2007
500 signatures
Comme souvent, notre collègue Rolin tire le premier. Je me dois donc de vous renvoyer à son billet qui renvoie lui-même à une article publié par lui dans "Libération" et à un précédent billet.
Le débat sur ce que l’on appelle de manière erronée les « parrainages » ne fait que commencer. Nous le continuerons aussi ici dans quelques jours. La question mérite d’être débattue car cette fois le « marronnier » qu’elle constitue pour chaque élection présidentielle pourrait bien devenir un cactus. J’ai du reste laissé un « post » que le blog de notre éminent collègue en attendant de faire ici un billet personnel.
16:35 Publié dans Droit Constitutionnel , Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : signatures, candidat, présidentielle
présidentielle - billet d'humeur
- Piège en eaux troubles
C’est la nouvelle mode, il faut piéger les candidats, trouver la question à laquelle ils ne savent répondre et ensuite se marrer ! Alors je le dis tout net, si l’on veut piéger un candidat qui qu’il soit, rien de plus simple. Il suffit de préparer et de trouver les questions à tiroir qui le conduira à dire une connerie. On me dira que la chose n’est pas nouvelle On se souvient du prix du ticket de métro que ne connaissait pas un candidat. On se souvient du refus de F. Mitterrand de répondre à la question de VGE sur tel ou tel taux économique et de sa réponse, « vous n’êtes pas mon professeur et je ne suis pas votre élève ».
Il est vrai que les profs adorent ce sport. C’est le jeu du grand oral dans les concours et dans les grands écoles. Mais là au moins, on pose des questions tous azimuts sur tout et n’importe quoi, le sport, J.S. Bach (ça c’est moi), la peinture, le cinéma (c’est encore moi) et on teste les réactions des étudiants. En définitive, il importe peu qu’ils ne sachent pas (enfin il y a quand même des limites … ! surtout s'agissant de J.S. Bach lol) c’est la manière dont ils s’en tirent qui nous importe et je préfère cent fois entendre comme réponse « je ne sais pas » que d’entendre une réponse idiote.
Ici, évidemment, un candidat à la présidentielle doit savoir, il doit tout savoir sur tout et surtout avoir réponse à tout. Le candidat qui répond « je ne sais pas » est immédiatement taclé par le journaliste et tout le monde en déduit qu’il est incompétent. Le pauvre N. Sarkozy en a été victime ce matin. Il s’est planté en répondant à la question de savoir si Al-Qaïda est de tendance chiite ou sunnite. Alors après avoir tenté de se défausser en répondant qu’on ne peut pas répondre, évidemment il a choisi le mauvais "camp". Mieux, il a parlé d’ethnies pour qualifier ces deux obédiences de l’Islam (Selon N.S., qui est resté calme, sourire en coin de Bourdin signifiant sans doute « il est vraiment nul ce type ! »). Et l’on en revient ensuite au nombre de sous-marins nucléaires : attention piège, il faut bien écouter la question (c’est toujours ce que l’on dit aux étudiants …) et ne pas tomber dans le piège, il s’agissait du nombre de sous-marin nucléaire d’attaque et non pas du nombre de sous-marins nucléaires lanceurs d’engin. Et bien sûr c’est fondamental, le Président de la République a la compétence du bouton nucléaire. Au fait, je vous rappelle que le code pour lancer l’arme atomique est planqué dans la bibliothèque de l’Elysée à la première page d’un livre d’A. Decaux et A. Castello qui s’intitule : « les grandes énigmes de l’histoire ». Il y est depuis De Gaulle et je pense que personne ne l’a changé de place depuis ! (attention c’est une blague qui date de l’intérim d’A. Poher en 1969 … je précise au cas où).
On sombre dans le ridicule. Il va y avoir un gouvernement et des ministres et s’il y a une décision à prendre, le Président de la République ne va pas la prendre sans étudier un dossier préparé par des personnes qui savent cela par cœur ou qui savent ou chercher ; qui savent la différence entre les différents types de sous-marins et les différentes tendances dans l’Islam. L’élection présidentielle, ce n’est pas « question pour un champion ». Alors faut-il revenir sans cesse sur les mêmes questions et piéger systématiquement tous les candidats pour montrer qu’ils sont nuls ? Le coup des sous-marins nucléaires a déjà été fait. Faut-il qu’ils sachent aujourd’hui ce qu’ils feront demain sur tous les dossiers, sur des dossiers qui sont encore discutables et discutés (Tiens, J.-P. Elkabbach a cette fois interrogé L. Fabius sur Flamanville … et il n’aime décidément pas la réponse « rien n’est encore décidé » car, selon lui qui n’est pas de parti pris puisqu’il n’a pas encore pris parti « On va se priver de l’EPR »).
Bref à ce petit jeu je vais proposer des questions moi aussi :
Montant du déficit budgétaire ? Taux de la dernière OAT lancé par l’agence France Trésor ? Nombre de personnes travaillant aux palais de l’Elysée en ETPT ? Quelles sont les différentes résidences et propriétés affectées à la Présidence de la République ? Quel est le dernier condominium français et avec qui est-il administré ? Qui fut le premier français à porter le titre de Président de la République … et si vous en voulez d’autres j’en ai presque 3.000 en stock encore plus tordues car là, je suis resté à la limite de la compétence d’un « politique ».
Et attention, toutes ces réponses sans chercher sur internet, évidemment ! toute réponse fausse entraine pour le candidat une perte de 1 % des suffrages exprimés !
Arrêtons le massacre. Savoir gouverner c’est savoir s’entourer. Alors autant s’entourer de ceux qui savent. On ne demande pas au Président de tout savoir, on lui demande de savoir à qui poser la question pour déterminer sa politique.
Ah au fait, cher N.S. R. Prodi n’a pas été renversé au bout de trois mois … ! Et pan sur le bec. Un conseil de lecture aussi au ministre-candidat : Fonvieille-Alquier : Plaidoyer pour la IV° République, Robert Laffont 1992. On y indique que la IV° République a quand même réalisé de belles choses ? La nuance, la nuance, apprendre à nuancer le propos est aussi un art.
Mais j’avoue que, comme pour les « bourdes » de S. Royal, N.S. devient plutôt sympa ; il a montré qu’il était un « homme avec ses faiblesses et ses passions … ».
15:04 Publié dans Billets d'humeur , Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
présidentielle - 56 - résumé du jour
- O. Besancenot parle fort et bien. Je veux dire qu’il est, selon le vocabulaire en vogue « corporate ». Son vocabulaire, son look, ses expressions et son attitude sont parfaitement en rapport avec les idées qu’il soutient. On pourrait d’ailleurs s’amuser à imaginer comment devraient se présenter les autres candidats pour mettre leur apparence en accord avec leur doctrine. Il y en a pour qui l’exercice serait relativement simple. Son propos est également intéressant. Belle envolée que celle qui dénonce les liens avec le lobby du quatrième âge du Conseiller de S. Royal sur cette question. O.B. nous dit que ce Monsieur parle des vieux en disant « l’or gris ». Si c’est vrai, c’est d’une élégance rare.
- C. Taubira ne regrette pas sa candidature de 2002 mais regrette son absence de candidature en 2007. Elle pense que cela aurait permis de ratisser plus large pour le second tour. Il est vrai que, si l’on en croit les sondages auxquels personnes ne croient, les « réserves » de la gauche sont relativement réduites dans cette perspective. Il va falloir reprendre une partie de l’électorat séduit par F. Bayrou. C’est peut-être une des raisons du retour des éléphants qu’on a toujours du mal à comprendre.
- J.M. Le Pen n’a pas vraiment réussit à se faire entendre. Les télévisions ne se bousculent pas pour rendre compte de son meeting de Lille. Est-il bon de ne pas parler de lui pour tenter de réduire son influence ou est-ce l’inverse ?
- La question des parrainages devient le refrain quotidien. G. Schivardi dénonce les tentatives de détournement que D. Miguet tente pour récupérer des signatures. Le Conseil constitutionnel, chose exceptionnelle, se fend d’une « mise-en-garde » par la voix de son secrétaire général selon les agences de presse. La lecture du site du Conseil n’en semble pas contenir trace. A moins que quelqu’un trouve ce que je n’ai pas réussi à découvrir. Merci de votre aide. Mais je suis sans doute moins doué que les maires de nos communes.
Il apparaît de plus en plus probable que certains des « pré candidats » ne parviennent pas à réunir le nombre de signatures nécessaires. O.B. se disait assez confiant et J.M.L.P. semble l’être aussi même s’il dénonce encore des pressions : « Je sais, qu'un certain nombre de maires qui ont signé des promesses reçoivent des coups de téléphone de gens qui essaient de les dissuader de signer ». Et de dénoncer des faux journalistes et P. de Villiers qui s’emploie selon lui à faire échouer sa candidature.
- F.B. est toujours attaqué de tous les côtés. Aujourd’hui c’est par la droite : « Le ni 'droite ni gauche', c'est certainement une sonorité sympathique mais cela conduit à une impasse institutionnelle et nous en avons la démonstration en Italie » selon B. Hortefeux. C’est F.B. qui demain passe sur TF1 dans l’émission « J’ai une question à vous poser ». Cela va-t-il encore « booster » les intentions de vote à son profit ? Quel sera la part de marché de l’émission ?
01:35 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.02.2007
présidentielle - Sondages (12)
Mise à jour tenant compte des sondages Ifop du 25/02.
Vous trouverez donc sur le site :
- un tableau reprenant les principaux sondages fait depuis le jour j-100.
- deux graphes reprenent la partie simplifiée dudit tableau. Le second graphe, nouveau, détaillant les sondages pour les candidats ayant, en général, - de 6 % d'intentions de vote.
- un tableau et des graphes indiquant l'équilibre gauche/droite tel qu'il apparait avec les mêmes sondages.
- un tableau et un graphique reprenant les sondages Sofres de 2002. Le graphique est une nouveauté apportée aujourd'hui.
- un comparatif sans valeur aucune mais juste pour s'amuser : 2002/2007
La comparaison des sondages 2002/2007 est faite exclusivement à partir, d'une part des sondages "sofres" 2002 dont les résultats sont rappelés dans le point précédent et d'autre part des sondages TNS sofres 2007. Ceci rassurera l'un(e) de nos lecteurs(trices) dès lors qu'il s'agit bien du même institut et donc, nous l'espérons, des mêmes méthodes. Ceci expliques que les mises-à-jours de ces éléments soient moins fréquents. Nous venons d'en faire une. Elle montre dans le graphe, partie gauche les sondages 2002 corrigés des candidatures actuelles, au centre les résultats du 1er tour 2002 et dans la partie droite les deux sondages 2007 qui peuvent être mis en relation avec ceux de 2002.
Pour les autres sondages il est simple de consulter les sites des différents instituts qui indiquent la technique et le panel utilisé. Nous répétons que nos comparaisons n'ont aucune ambition scientifique. il s'agit de récapituler des informations et de s'amuser avec les sondages dont chacun sait qu'ils n'ont eux-même qu'une valeur relative.
Il est prévu de tenir à jour régulièrement ces données. Je vous tiendrais au courant de ces mises-à-jour au fur et à mesure.
Bon amusement
Commentaire du sondage Ifop du 25/02.
Nous disions hier que nous étions sans sondage depuis 4 jours. En voilà un, la frénésie continue donc ; l’accalmie fut de courte durée. Que peut-on en dire en relation avec le précédent sondage CSA du 23/02 que nous n’avions pas voulu commenter.
- L’écart entre les deux candidats de tête se ressert. Il est incontestable que N. Sarkozy est dans une phase baissière alors que S. Royal, à l’inverse, monte. L’exposition médiatique de Villepinte puis de l’émission de TF1 joue donc en sa faveur. Le sondage ne peut pas encore tenir compte de la naissance de l’« équipe du pacte présidentiel ». N.S. doit donc revenir sur le devant de la scène médiatique par l’un ou l’autre moyen pour enrayer cette baisse. Il y aura sans doute une réaction de son équipe cette semaine suite à ces deux sondages concordants. Il n’est pas bon de donner trop longtemps le sentiment d’une « faiblesse ».
- Sous la réserve de la sous évaluation traditionnelle du candidat FN, F. Bayrou semble conforter se place de troisième homme devant J.-M. Le Pen. Mais l’écart entre ces deux candidats reste inférieur à 5 point donc proche de la zone d’erreur des sondages. F.B. se maintient dans la tranche = ou < à 15 % ce qui devrait commencer à inquiéter les deux premiers candidats qui ne manqueront pas de multiplier leurs attaques.
- Les autres candidats retournent dans une tranche inférieure à 3 %. La remontée de l’un ou de l’autre au dessus de cette limite ne se confirme jamais au-delà d’un ou de deux sondages. L’extrême gauche reste durablement en dessous de 8 % et le réservoir de voix qu’elle pourrait constituer reste insuffisant pour permettre à la gauche de pouvoir disposer d’une marge suffisante pour le second tour. La question de l’importance de F.B. se pose donc nettement ; il est nécessaire de faire en sorte soit de le faire baisser soit de s’assurer qu’une partie de son électorat, plus naturellement de droite, soit incité à voter à gauche.
Mais ce sera l’objet du second tour.
Les résultats de ces sondages sont sur le site pour plus de détails
A suivre
10:40 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
présidentielle - 57 - résumé du jour
Autorité
- N. Sarkozy a fait hier un discours sur l’autorité. L’autorité de la république, l’autorité dans les familles, l’autorité à l’école, l’autorité dans les quartiers l’autorité partout, L’autorité mise à mal depuis 1968. « En niant toutes les formes d'autorité, on autorise toutes les aventures. En récusant tout les manifestations de l'autorité on excuse tous les débordements » a-t-il expliqué, ajoutant que la « dévalorisation de l'autorité est, avec celle du travail, au cœur de la crise morale que traverse la France ». Beau discours en vérité mais sans aucune proposition concrète quant à la façon dont cette autorité sera établie ou rétablie.
Les envolées lyriques furent élégantes : « Comment les hommes politiques pourraient-ils avoir une autorité s'ils ne donnent pas l'exemple ? (...) S'ils ne tiennent pas leurs promesses, s'ils violent la loi qu'ils votent, s'ils ne sont pas capables de s'imposer à eux-mêmes les sacrifices qu'ils prétendent imposer autres, s'ils ne croient pas eux-mêmes à la politique ? » ou encore « L'autorité ce n'est pas l'autoritarisme (...) L'autorité ce n'est pas la force, c'est la légitimité ».
Les formules choc furent fermement énoncées : « Les ravages de l'immigration clandestine, le travail au noir, la fraude, la défaillance de l'école, la délinquance, le chômage la concurrence déloyale, ce sont des désordres dont les victimes sont d'abord dans les quartiers défavorisés, dans les familles des milieux modestes, chez ceux qui sont les moins qualifiés » ou encore « L'ordre, c'est quand on cesse de s'appauvrir en travaillant et de s'enrichir en spéculant … Je veux que la production rapporte plus que la spéculation ou la rente, je veux que l'entrepreneur passe avant le spéculateur et le rentier ».
Les poncifs traditionnels furent tous utilisés : « Comment les patrons pourraient-ils avoir une autorité s'ils n'acceptent pas de mettre les patrons voyous à l'index, s'ils n'acceptent pas de remettre en cause certaines pratiques choquantes et déraisonnables ? » ou encore « Comment l'Etat pourrait-il avoir une autorité s'il ne se donne plus les moyens de se faire respecter, s'il est appauvri, endetté, s'il est étouffé par sa bureaucratie, s'il est aux mains d'une technocratie arrogante ? ».
Bref tout le monde a du trouver quelque chose pour lui. C’est du grand art. Mais un peu comme la peinture abstraite, c’est joli et coloré mais on en voit pas bien ce que cela représente. Ici on ne sait pas quelles seront les implications du retour de l’autorité. Ce programme est comme un cham ensemencé dont on ne sait à l’avance s’il donnera du blé ou de l’avoine, de la prévention ou de la répression. Mais quel talent !
- J.-M. Le Pen est à Lille, dans la patrie de Salengro poussé au suicide par les ligues d’extrême droite mais ville selon son lieutenant C. Lang, devenue le symbole de la désintégration sociale. Il y développe son programme. Ici l’autorité ne fait pas de doute, c’est la parole du chef et rien d’autre, pas un tête ne dépasse. Il continue de croire à sa présence au second tour. Pourtant il a aussi parlé de F. Bayrou qui selon lui devrait se dégonfler comme J.-P. Chevènement en 2002. Mais J.-P. Chevènement n’a jamais atteint 15 % des intentions de vote et J.M.L.P. jamais atteint non plus les 12 à 14 % dont il est le plus souvent crédité. Y-a-t-il une marge de manœuvre encore ? Cela n’est pas impossible lorsqu’on regarde ce que disent les sondés du vote qu’ils ont fait en 2002. Seuls 8 % disent avoir, à l’époque, voté pour J.M.L.P. ! Il furent en réalité le double. Certes, il y a parmi les sondés des gens qui n’avaient pas voté alors qu’ils soient abstentionnistes ou pas encore inscrits sur les listes électorales mais certainement pas au point de justifier ce décalage. On suppose donc que les instituts en tiennent compte dans leur « pondération » des résultats des enquêtes. Reste que l’on peut croire qu’il y a encore une possibilité pour que le score du candidat frontiste soit plus élevé au soir du premier tour.
- S. Royal tient meeting avec L. Fabius et se présente comme ayant regroupé autour d’elle la gauche du XXIe siècle ! Oups ! Pour faire croire que P. Mauroy et L. Jospin sont le XXIe siècle il faudra plus qu’un meeting et des débat participatifs. Le retour des éléphants c’est aussi le retour du passé ! L.F. se sentant un peu de d’Artagnan a indiqué : « Désormais, chère Ségolène, c'est une pour tous et tous pour une ». Serait-il rentré dans le rang, les éléphant auraient-ils trouvé leur « cornaque » ? Est-ce l’ordre juste qui règne au PS ? Est-ce une nouvelle autorité qui s’applique ? A-t-on donc tous les socialistes le doigt sur la couture du pantalon ? ce serait bien nouveau et bien étrange. En fait ce retour risque peut-être de se retourner contre la candidate qui avait bâti toute sa stratégie sur la rupture d’avec les caciques du parti.
-F. Bayrou a les oreilles qui sifflent sans doute. Il devient l’homme à abattre et donc fait l’objet de toutes les attaques. L.F. l’a appelé « Monsieur supercherie ». A force de l’attaquer il risque d’une part de se victimiser et d’autre part d’apparaître comme de plus en plus crédible. Exactement l’inverse de l’attitude que tout le monde avait en 2002 vis-à-vis de J.-P. Chevènement, ce qui a sans doute provoqué sa lente mais constante descente dans l’opinion publique. Quel sera l’effet de ces attaques sur F.B. ? Le faire monter encore ou provoquer sa chute ?
- Tiens, pas de sondages depuis 4 jours, incroyable, non ?
01:50 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24.02.2007
présidentielle - 58 - résumé du jour
- S. Royal a donc annoncé la composition de sa nouvelle équipe de campagne. On y retrouve les éléphants, comme prévu et parmi eux, L. Jospin qu’ l’on ne pensait plus voir dans ce cadre. C’est le retour des anciens (premiers ministres) avec en plus P. Mauroy véritable patriarche du socialisme. Bref, c’est le retour des anciens. Comme on l’a dit hier, c’est d’autant plus surprenant que le début de campagne avait consisté à les éliminer. Voilà donc ce que appelle « l’équipe du pacte présidentiel », composée outre des deux premiers ministres précités, des rivaux malheureux de S.R. à la compétition interne de novembre (dont l’un fut aussi Premier ministre) [on notera avec malice qu’ils sont tous les deux à l’étranger aujourd’hui] et de François Hollande, Henri Emmanuelli, Bertrand Delanoë, Gérard Collomb, Martine Aubry, Bernard Kouchner, Yvette Roudy, Jean-Pierre Bel et Jean-Marc Ayrault. On aura l’élégance de ne pas donner la moyenne d’âge de « l’équipe » … mais est-ce cela le « désir d’avenir » auquel nous invite la candidate : rassembler tous les anciens premiers secrétaires encore vivants sauf M. Rocard, des anciens ministres, des anciens premiers ministre auquel on ajoute pour faire bonne mesure quelque maires de grandes villes, sans qu’il y ait dans l’équipe personne de moins de 50 ans.
Que peuvent-ils apporter ? Rassurer l’électorat de gauche ? Il avait pourtant rejeté L. Jospin en 2002 et P. Mauroy n’est plus que icône pour beaucoup, un nom dans les livres d’histoire. Sont-ils destinés à donner des idées ? A apporter des solutions originales et à faire des propositions nouvelles ? Là encore, dans ce cas ne risque-t-on pas de dire que l candidate ne peut rien seule et qu’il lui un secours d’autant plus important qu’il est tardif et peut-être moins spontané qu’il y parait. En fait n’est-ce pas surtout pour crever le mur des médias. L’espoir n’est-il que ces ténors, même avec une voix moins sûr que par le passé, voire chevrotante, ne soient invités dans les médias plus facilement que l’actuel staff de campagne. Nous verrons si cet espoir est le bon, si effectivement les chroniqueurs, (ceux qui restent !, voir infra) vont appeler ces « nouveaux » membres de l’équipe et les faire parler et sur quoi.
- L’équipe de N. Sarkozy s’en donne évidemment à cœur joie avec des formules comme « du neuf avec du vieux », « C'est toujours dans les moments les plus difficiles que l'on convoque en toute urgence le conseil de famille » et autres amabilité de campagne.
- F. Bayrou présente son projet économique et le chiffre : 21 milliards. Le moins cher des programmes actuellement en rayon. Ce projet d’économie sociale « répond à une exigence, celle de la vérité, et un objectif : retrouver l'équilibre de nos finances publiques. C'est pourquoi (...) je ne ferai aucune promesse qui ne soit pas entièrement financée par une économie correspondante ». Il y a donc 21 milliards d’économies. Mais où ? … ?!
- Les sondages, que personne ne regarde, sont sur la sellette. La méthode de sondage, de correction des réponses et la marge d’erreur sont autant d’éléments qui, selon les médias eux-mêmes, rendent les sondages inutilisables. Certes, il y a sans doute des curiosités difficilement explicables : variations trop rapides, sondages réalisés sur des périodes qui n’ont guère d’intérêt ou dont le choix étonne, etc.
En revanche pour ce qui des dates de publication des sondages, les instituts n’y sont pour rien se sont les organismes qui les commandent qui décident de la date de publication en fonction de leurs intérêts ou de celui du groupe auquel ils appartiennent.
Mais faut constater que les français en raffolent et en redemandent. Les déjeuners du midi sont souvent ponctués de commentaires des sondages et les différents staffs de campagne sont eux-aussi accros. Ils ont tous un service d’études des sondages, lorsqu’ils n’en font pas faire eux-mêmes. Les équipes de campagne corrigent telle ou telle intervention en fonction de l’évolution des sondages. Brefs, inutiles, faux, truqués ou pas les sondages sont essentiels dans le mécanisme de la campagne qu’ils décrivent pour certains, qu’ils « polluent » pour d’autres.
Alors faut-il croire les sondages. Non certainement pas car ils ont une marge d’erreur de 3 % minimum et dans une compétition où les choses risquent de se jouer à moins de 3 %, il serait dangereux de les prendre pour argent comptant. Ensuite, il faut bien se souvenir que les sondages sont fait en un temps « T » et ne valent qu’aux moment où ils sont réalisés. Le lendemain déjà, c’est-à-dire lorsqu’on les publie, ils sont le passé et ne sont donc jamais l’avenir et jamais prévisionnels. Faut-il pour autant ne pas s’en préoccuper. Difficile dans la mesure où, qu’on le veuille ou non, ils font maintenant parti des données de la campagne et qu’ils sont donc observés par les médias (qui titrent bien souvent sur eux) mais aussi par les partis et les électeurs. Pourtant, c’est comme le principe de l’œuf et de la poule. Est-ce parce que les sondages le créditent d’intentions de vote en hausse que l’on voit plus F..B. dans les médias ou est-ce parce qu’on voit plus F.B. dans les médias que les sondages sont en hausse en ce qui le concerne.
Enfin, on rappellera que lorsqu’on dit que les sondages se sont « trompés » en 2002 c’est surtout parce que l’on regarde les résultats par rapport aux sondages fait largement avant (février par exemple). Si l’on prend les sondages fait l’avant-veille du scrutin (18 avril), l’erreur est relativement faible (+- 2 points) donc effectivement dans la marge d’erreur annoncée. Mais surtout ces sondages montraient bien une tendance incontestable : une progression de J.-M. Le Pen et une diminution des L. Jospin et J. Chirac. C’est donc la tendance qu’il faut observer plus que le résultat lui-même et c’est de cette tendance qu’il faut tirer des conséquences. C’est du reste ce que font les candidats. Pas plus qu’une hirondelle ne fait le printemps, un sondage n’a de signification. Une série de sondages concordants sur une période de temps assez longue indique une tendance qui ne peut être négligée par les candidats. On l’a bien vu, la baisse régulière de S.R. dans les dernières semaines a conduit à des changements assez nets dans l’organisation de la campagne, dans sa forme mais aussi dans son rythme. De même la montée progressive de F.B. conduit automatiquement à un accroissement des critiques à son endroit de la part des deux camps. Si F.B. était à 5 % des intentions de vote, il est probable qu’il ne serait pas l’objet de critique de la part de la gauche et encore moins de la droite. A 15 %, c’est différent. De même encore si D. Voynet était vers 8 %, il est probable que l’accord électoral avec les « verts » serait déjà signé par le PS. Dès lors s’il ne faut pas se fier au sondages on ne peut pas non plus les négliger. Ils sont une information, une variable qui doit être intégré dans le modèle de réflexion. C’est sans doute parce qu’il a trop fait confiance aux sondages en 2002 que L.J. n’a pas vu que sa courbe en baisse pouvait croiser celle en hausse de J.M.L.P. Il faut donc un juste milieu : les sondages sont une variable, pas LA variable.
- L. Le Meur, « le blogueur le plus célèbre de France » (Ah, ce n’est pas moi ?) fait les frais de son engagement auprès de N.S. Pourtant la chose n’est pas nouvelle ; il était déjà de tous les débats organisés par J.-P. Raffarin en décembre dernier. « Chroniqueur » sur Canal, il est … viré. Il est amer notre Loïc Mais cette information présente-t-elle un intérêt. J’en doute. C’est parce que je fais un blog que je la mets, sinon … ! Il suffisait d’écouter LLM, comme on dit, pour ce rendre compte que ses interventions n’apportaient pas grand-chose aux débats auxquels il participait : chroniqueur ? comme d’autre se disent « philosophe ».
01:40 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.02.2007
Le nouveau Conseil Constitutionnel
Voilà c’est fait, le Conseil Constitutionnel nouveau est arrivé comme tous les trois ans en février. Il entrera en fonction dans quelques jours et en tous les cas avant le 3 mars prochain date de la fin du mandat de P. Mazeaud. Sans surprise, car depuis quelques jours c’est un secret de polichinelle, J.-L. Debré en deviendra le Président. Pourtant, il y a quelques mois encore, on annonçait pour ce poste R. Denoix de Saint-Marc ancien vice-président du Conseil d’Etat.
Nous nous étions ici et là, ouvertement félicité de cette solution qui, pour la première fois depuis 1958 aurait placé à la tête du Conseil, une personnalité qui n’avait aucun passé politique, un grand commis de l’Etat.
Certes, R. Denoix de Saint-Marc entre bien au Conseil, nommé par le Président du Sénat, mais comme simple membre. Ce n’est donc pas cette fois encore que la nomination du président du Conseil constitutionnel n’apparaîtra pas comme un « coup politique ». On se souvient des critiques qui, en 1995 avaient accompagné la nomination par F. Mitterrand de R. Dumas à la tête du Conseil. Il suffit de les reprendre ici en inversant les facteurs. Ce qui est mauvais quand je suis dans l’opposition est bon lorsque je suis dans la majorité.
Quand au troisième membre, il est nommé par le Président de l’Assemblée nationale c’est-à-dire par J.-L. Debré, son futur Président de Conseil. Il s’agit de Guy Canivet ancien président de la Cour de cassation. On notera avec un certain amusement qu’il ne semblait pas possible de mettre au Conseil Constitutionnel l’ancien Vice-président du Conseil d’Etat sans que la Cour de cassation soit traitée de la même manière. La dualité des ordres de juridictions devait être respectée avec une stricte égalité.
C’est ce nouveau Conseil qui, dans quelque, jours, va établir la liste des candidats à l’élection présidentielle puis quelques semaine, plus tard proclamer les résultats. Alors, si J. Chirac n’est pas reconduit par les électeurs dans ses fonction, de Président de la République, il viendra rejoindre les 10 autres membres du Conseil Constitutionnel et y siégera donc avec V. Giscard d’Estaing … Beau raccourcis historique lors que l’on se souvient des élections de 1981 !
Peut-on continuer dans cette voix ? Peut-on maintenir le mode de nomination et la présence des anciens présidents de la République dans le Conseil Constitutionnel ? Même dans certains cercles de l’UMP, ces nominations choquent. Il faut dire qu’elles ne devraient pas faciliter la tâche d’une majorité sarkozyste pour l’adoption de certaines lois. Mais S. Royal n’aurait pas, pour autant, un allié dans ce Conseil où ne siège plus qu’un seul membre nommé par un socialiste : P. Joxe. Il lui reste trois ans encore à faire.
Alors on entend dire qu’il conviendrait de réviser la constitution pour éviter que la composition du Conseil ne puisse conduire à suspecter les décisions qu’il prend pour faire de lui une véritable juridiction. Pourquoi pas. Mais alors quel système et que nous propose-t-on. Sur ce point, il n’y a pas véritablement de réponse, si ce n’est de clamer que les nominations seront plus transparentes.
Attendons.
19:00 Publié dans Droit Constitutionnel | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Conseil constitutionnel, Debré



