29.01.2007

présidentielle - 83 : résumé du jour

La semaine qui s’achève marque la poursuite de la campagne anti personnelle.
- Nous avions indiqué, la semaine dernière que le silence de N. Sarkozy était assourdissant. Il l’a rompu et entre lui et S. Royal c’est maintenant la période des critiques assassines. Ni l’un ni l’autre ne nomme clairement l’un ou l’autre mais les deux s’invectivent copieusement sur la forme. N.S. fustige la « légèreté » de S.R qui fustige le »système clanique au service d’un candidat ». Mais dans le même temps chacun assure qu’il n’entrera pas dans le petit jeu des critiques personnelles. N.S. indique « si certains veulent tirer la campagne vers le caniveau, je ne les suivrai pas » tandis que S.R. demande « Aidez moi à me soustraire à la médiocrité du débat politique ». Bref on est encore loin du combat programme contre programme, propositions contre propositions. Il faut dire qu’elles ne sont pas encore affirmées ou confirmées pour certaines à tout le moins. Ainsi alors que l’on avait cru comprendre que N.S souhaitait mettre en place un contrat de travail unique sur le modèle du CNE, X. Bertrant, porte parole de N.S. indique que tel ne serait pas le cas. Il faut donc attendre pour connaître exactement le programme de chaque candidat et surtout s’il reprennent ou non et dans quelle mesure le programmes des partis qui les soutiennent.
- Pendant ce temps les autres candidats mènent campagne et en particulier F. Bayrou qui profite de cette cacophonie pour faire entendre sa différence. Depuis qu’il s’en est pris directement à TF1, il apparaît comme le trublion acceptable de cette campagne et permet sans doute à certain de marquer leur rejet de la « politique politicienne » sans les obliger à voter pour les extrêmes. On le voit de plus en plus en « troisième homme » et il faudra sans doute observer si la mayonnaise prend réellement.
Cette montée en puissance de F.B. gène incontestablement N.S. sur sa gauche. Ceci peut peut-être expliquer un discours qui chasse de plus en plus sur le territoire de S.R. Mais peut-il séduire des électeurs du centre gauche sans que ceux-ci passent par la case « B.F. ». Au contraire s’agit-il de ramener vers lui une partie des électeurs du gaullisme populaire qui se seraient égarés dans d’autres votes lors des précédentes consultations ?
- J. Bové voit des « clignotants favorables » à sa candidature. Il ne fait plus guère de doute qu’il se lancera dans la semaine. On verra alors sur quelles terres il chassera. En tous les cas, après avoir invité N. Hulot à ne pas être candidat, D. Voynet n’a de cesse que de refuser d’entrer dans le débat sur l’incidence de la candidature de J.B. sur la sienne. M.-G. Buffet, quant à elle, continue d’appeler au rassemblement des anti libéraux sur son nom sans parvenir à « décoller » pour autant son étiquette PCF. Quant à F. Nihous, on ne sait pas s’il risque de pâtir de la candidature Bové tant il reste bas dans les sondages.
- A. Laguiller qui mène sa troisième campagne présidentielle n’a pas manqué de rappeler que l’extrême gauche avait, en 2002 dépassé les 10 % des voix au premier tour de la présidentielle. Elle compte donc pour cette campagne qui sera la dernière qu’elle mènera rééditer son succès de 5,7 % des suffrages. Dernière campagne donc, la prochaine sera menée par une autre porte-parole de LO, parti qui semble souhaiter en effet présenter encore une femme la prochaine fois. A.L. interrogée sur ce qui la distingue de O. Besancenot n’a pas indiqué les différences exactes qui les séparent mais elle a rappelé que les campagnes unitaires entre LO et la LCR n’avait pas permis de dégager un score plus favorable. Bref, à l’extrême gauche, il vaut mieux être nombreux pour ratisser les voix. Reste que O.B. semble peiner à recueillir les 500 signatures nécessaires et qu’il n’est pas certain que G. Schivardi les obtiennent. A.L. serait-elle alors seule.
Le paysage semble donc se décanter peu à peu. On pourrait bien avoir un vision assez nette des candidatures potentielles dans les prochains jours.

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