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28.11.2006

Clochemerle

La semaine dernière, France 3 nous a infligé une version de "Clochemerle" qui ne pouvait que faire regretter le livre de Chevallier. Rien de drôle dans les dialogues, un curé Ponosse inexistant, une baronne tellement caricaturale qu'elle n'était plus crédible et une vespasienne installée si vite que le "fond de l'intrigue" si l'on ose dire, disparaissait tout de suite. Enfin, le Beaujolais, si présent et véritable héros de l'ouvrage ne faisait plus dans cette adaptation qu'une apparition sous la forme de bouteilles vide sur la table du conseil municipal (campagnes anti alcooliques oblige !).
On ne saurait donc trop conseiller de ce retourner vers l'original et souhaiter que tous les étudiants en Sciences po. aient un jour lu ce chef d'œuvre de la littérature ... tellement vrai que le nom imaginaire de ce village du beaujolais est devenu une référence lorsque l'on veut qualifier une situation cocasse digne de la France profonde que nous aimons tellement. Du reste, ce village imaginaire est devenu réel maintenant puisque Vaux en Beaujolais aime à se faire appeler Clochemerle et que sa cave et son vin porte maintenant cette appellation.

On dira que c'est le passé qu'il n'y a plus de Clochemerle en France et que les villages d'aujourd'hui sont loin de cette caricature d'autrefois. Est-ce si sûr ? il ne manque pas de situation où l'on s'étonne qu'il faille remonter jusqu'au ministre pour trouver une solution locale à un problème aussi épineux que l'implantation d'une vespasienne. Ecoutez parfois les informations avec suffisamment d'attention, vous verrez ! On est parfois ahuri devant les sujets qui ne trouvent de solution que sous les dorures de la capitale. Mais surtout, la vie de nos villages est encore très Clochemerlienne. Je me souviens d’une cérémonie d’inauguration dans une petit village. Le maire, le curée, tout le conseil municipal et plus de la moitié des habitants se pressait. Des discours furent prononcés et un apéritif offert aux villageois après la mise en fonction officielle du … distributeur automatique de billet de banque qui trône désormais sur la place du village et constitue un point de ralliement hebdomadaire, le jour du marché, autour duquel on est presque sûr de rencontrer une connaissance. Il ne manquait ce jour là que le sous-préfet de l’arrondissement mais, me dirait vous, normal car il n’y a rien de commun entre une vespasienne, indispensable à l’hygiène publique et un distributeur de billets de banque. Funeste erreur, car comme le disait l’Empereur Vespasien lui-même : « l’argent n’a pas d’odeur » ; et il institua une taxe sur l’usage des latrines publiques.

Lire ou relire Clochemerle est donc une exercice où plaisir, humour et apprentissage de la vrai vie des campagnes se mèlent pour le meilleur enseignement de ceux qui,un jour, gouverneront notre beau pays.