« Promesse de campagne (4) | Page d'accueil | Nomination(s) (1) »

06.09.2006

Une question aux candidats à la présidentielle

Une question aux candidats à la présidentielle
Le Monde, daté de demain, s’interroge sur les candidats à la présidentielle. Combien y en aura-t-il et surtout qui seront-ils ? Va-t-on retrouver un nombre élevé de candidats comme en 2002, ou au contraire, les leçons du 21 avril de cette année là ayant été tirées, n’aura-t-on que quelques candidats issus des seuls grands partis politiques ?

Dans un cas comme dans l’autre la situation n’est pas heureuse ni même saine pour la démocratie.

Imaginons un instant que seul les partis représentés à l’Assemblée nationale parviennent à obtenir les 500 signatures fatidiques. Quelle sera la réaction des électeurs ? Si vous jetez un petit coup d’œil sur mon site vous verrez que le taux de participation à la présidentielle ne cesse de baisser depuis 1988 pour être, en 2002, inférieur à 70 %. On peut se demander si, déçus de ne pouvoir voter pour leur candidat, les électeurs de Messieurs Le Pen et Besancenot et ceux de Mme Laguiller, n’auraient pas envie de réfugier dans l’abstention. Si l’on additionne les voix de ces trois candidats ils représentent environ 20 % de l’électorat. Ajouté aux abstention et au blancs et nuls, cette attitude conduirait à ce que à peine la moitié des électeurs se prononce au premier tour de la présidentielle. Est-ce satisfaisant ?

Imaginons à l’inverse que l’on retrouve un même nombre de candidat qu’en 2002 au premier tour et que, par le jeu des « dissidences » de gauche et de droite, les deux candidats arrivés en tête fasse un score voisin de celui de messieurs Chirac et Le Pen en 2002 soit au total un peu plus de 25 % des inscrits. Est-ce satisfaisant ? Quel est dans ce cas la représentativité de l’élection.

Un ouvrage de politique fiction va même plus loin, il pronostique (comme je l’avais moi-même fait dès le mois de novembre 2005, sous forme de boutade) que le second tour pourrait renvoyer à un affrontement Le Pen –Besancenot …

Ajoutons qu’ensuite que doivent avoir lieu les élections législatives et que se sont en fait elles qui déterminent qui gouverne en France. On imagine alors les possibilités d’enchainements incontrôlables. Le candidat battu au second tour (que ce soit celui de gauche ou celui de droite en estimant que ces deux tendances sont effectivement représentées) sera peut-être immédiatement tenté de vouloir prendre la tête d’une campagne législative de « revanche ». Difficile, me direz-vous ! Oui si l’écart de voix au second tour est large. A l’inverse, si quelques milliers de voix seulement séparent les deux (disons 50.000 voix), pourquoi ne le ferait-il pas ? Ne peut-on pas penser que le résultat des 577 élections « locales » que sont les législatives donnent un résultat opposé à celui de l’élection présidentielle. Dans ce cas, quelle pourrait être l’attitude du nouveau Président qui, moins de six semaines après avoir été acclamé pour sa victoire par ses partisans se verrait obligé d’appeler son adversaire battu à l’Hôtel Matignon ? Imaginons un instant un certain Nicolas obligé de nommer une certaine Ségolène ou l’inverse ! Est-ce satisfaisant ?

Ne devient-il pas évident que c’est le principe même de l’élection du Président au suffrage universel direct qui, dans notre pays, pose problème. Pourquoi élire un Président qui ne pourra pas gouverner que si les électeurs envoient à l’Assemblée nationale une majorité opposée et provoquent une cohabitation. Mais, me direz-vous, jusqu’à présent le mécanisme a fonctionné. Certes. Mais un élément nouveau est venu perturber le système : le quinquennat doublé de l’inversion du calendrier. Que le Président et l’Assemblée nationale soient élus en même temps à quelques semaines près et pour une même durée, voilà bien qui bouleverse définitivement ce que le référendum de 1962 avait déjà passablement chamboulé.

Bref, les mois qui viennent vont obliger à poser aux candidat les vraies questions.

Que ferez-vous en cas de victoire de votre adversaire à la présidentielle ?

Conduirez-vous la campagne législative ou laisserez vous votre camp orphelin ?

Et si vous remportez les législatives accepterez vous le poste de Premier ministre pour gouverner ?

Ce qui peut se résumer à une question plus drôle mais que j’aimerai poser à tous les candidats avant le second tour de la présidentielle et ensuite après : « Que pensez-vous de la cohabitation ? ».

Commentaires

Le nouveau président n'a qu'à dissoudre l'Assemblée ... !

Ecrit par : Anonyme | 21.09.2006

Oui et que croyez vous qu'il se passera ? les frnaçais vont envoyer une assémblée différente ou renforcer encore la majorité opposée au Président ?

Ecrit par : cklelk12bi1 | 21.09.2006

Les commentaires sont fermés.